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BENZINE, NITROBENZINE, ANILINE

vomissements sont pares. Aux premiers symptômes succèdent la dyspnée, l'accélération puis le ralentissemenl du cœur, des convulsions générales ou des contractions isolées de certains muscles ; ordinairement les pupilles son! dilatées : l'intelligence reste saine. Dans l'urine on trouve l'odeur de l'essence d'amandes amères ; il n'y a pas d'albumine. La présence du sucre a été signalée (Ewald, Centralblatt, 1875) dans des expériences sur les animaux ; mais ce résultai a été contredit par von Mering \Centralblall. 1875). D'après les expériences de Jaffe (Zeitschr. f. phijsiol. Chem. II, 47) sûr Vorthonitrotoluène, dérivé du toluène et analogue à la nitro-

ben/.ino. ce corps passerait dans l'urine SOUS forme d'acide nitrobon/.oïque et aussi sous forme d'un acide uroniù'Otoluénique, qui réduit la liqueur de Fehling et le nitrate d'argent ammoniacal, dévie à gauche le plan de polarisation, etc., en sorte que les réactions attribuées au sucre par Ewald pourraient bien être dues à la présence très habituelle de nitrotoluène dans la nitrobenzine employée.

La mort survient dans le coma, après un temps assez long.

La dose toxique a été rarement indiquée de quelques gouttes î petit

verre à eau-de-vie) et il n'est guère possible d'établir une relation entre la quantité du poison et le plus ou moins de gravité des symptômes ni leur rapidité d'apparition.

Les lésions ne sont pas très caractéristiques : on note des taches ecchymotiques sur les muqueuses de l'estomac, du duodénum, de l'œsophage. 11 y a une congestion veineuse généralisée ; le sang est noirâtre et fluide. L'odeur d'amandes amères est le signe le plus important. Poincaré (Comptes rendus. IST'.t . Olivier et Bergeron [Journal de physiologie, 186Mi ont remarqué dan-- les organes la présence de gouttelettes liquides affectant l'aspect d'une émulsion de nitrobenzine dans un liquide aqueux : ces gouttelettes se rencontrent surtout dans le poumon et le foie, généralement à l'intérieur des vaisseaux.

On a suppose' que la nitrobenzine se transformait, dans l'économie, en aniline (Letheby, Bergeron et Olivier), en acide phénique (Jaffe), soit

ei reçu acide eyanhydrique, hypothèses qui ne sont guère confirmées par

les observations récentes. Filehne croit que la nitrobenzine agit directement sans transformation. Les globules sanguins sont déformés ; l'oxygène dissous dans le sang diminue. D'après Lewin [Arch. f. path.Anat., IST'.l . la nitrobenzine transforme l'hémoglobine dans le sang, en hématine, visible au spectroscope.

Dans l'empoisonnement de forme lente, par les vapeurs de nitrobenzine, on observe à peu près les mêmes phénomènes, à des degrés moindres : céphalalgie, faiblesses, étourdissements, crampes et fourmillements, surtout la teinte cyanosée delafaceet des extrémités, phénomène très constant et

apparaissant promptement. Si les accidents causés parles vapeurs de nitrobenzine dans les usines ne sont pas plus graves, c'est que l'inhalation de ces vapeurs produil une telle gêne respiratoire et de iris picotements dans ['arrière-gorge que l'ouvrier ne peu) \ rester longtemps exposé. Les accidents son! plus sérieux el |>lus fréquents chez les ouvriers qui travaillenl la nitrobenzine pure, donl le point d'ébullition (20b°) est plus bas que celui de la nitrobenzine ordinaire 22o°-240° . Eïa?ussermann et Schraidt, Vierteljahrschrift f. gericht. Mal.. 1877.)

Propriétés. -- La nitrobenzine est un liquide huileux, incolore ou un peu jaunâtre; son odeur rappelle celle de l'essence d'amandes amères; mais elle est cependant beaucoup moins agréable. Sa densité est 1,209. Elle bouta 205° et peut cristalliser à -f- 3°. Elle est insoluble dans l'eau, soluble en toutes proportions dans l'alcool et dansléther.

Recherche et réactions. — Pour isoler la nitrobenzine dans les viscèreSj — ce qui d'ordinaire ne présente pas de difficulté, l'existence de ce poison étant connue d'avance par son odeur, — on soumet les matières a la distillation avec une quantité d'eau suffisante : on peut chauffer au bain de chlorure

de Calcium, OU mieux, faire passer dans le ballon un COUrant rapide de

vapeur d'eau. La nitrobenzine se condense en même temps que la vapeur d'eau ; il est facile ensuite delà séparer; si la quantité était 1res petite, il serait commode d'agiter le liquide distillé avec un peu d'éther qui s'emparerait de la nitrobenzine et que l'on chasserait ensuite par évaporation.

Outre les caractères physiques qui la font aisément reconnaître, la nitrobenzine a diverses réactions, parmi lesquelles on peut utiliser surtout la transformation en aniline : on dissout la nitrobenzine dans l'alcool, on réduit par un peu de zinc en pendre et d'acide chlorhydrique étendu; on neutralise l'excès d'acide, et on épuise par l'éther pour enlever l'aniline : l'évaporation de l'éther doit être faite à basse température. L'aniline ellemême est caractérisée comme il est dit page --\~.

Distinction de la nitrobenzine et de l'essence d'amandes amères. ■ — Si l'on avait à distinguer la nitrobenzine de l'essence d'amandes amères, on procéderait à la transformation en aniline qui ne se produil pas avec l'aldéhyde benzoïque. — Dragendorffa recommandé le procédé suivant, applicable lorsqu'on dispose de quantités un peu fortes de produil : on dissout dans quelques gouttes d'alcool, on ajoute un 1res petit fragment de sodium ; avec la nitrobenzine, il se l'ail une coloration brun foncé; avec l'essence

d'amandes amères, le métal se couvre d'un enduit ll> mieux blanc", et le

liquide ne brunit pas.

B E N 7. 1 N E . *N [TROB E N 7. 1 N E , ANILINE 23a

Comme tous les aldéhydes, L'essence"" d'amandes amères se combine au bisulfite de soude : elle se dissoul dans une solution aqueuse de ce sel. La nitrobenzine y est au contraire insoluble.

La recherche de la nitrobenzine dans des matières alimentaires n'offre pas de difficultés. S'il s'agit, par exemple, d'un liquide alcoolique, on distille l'alcool à basse température, pour éviter l'entraînement de la nitrobenzine^ le résidu aqueux est épuisé par l'éther. On peut aussi épuiser directement par l'éther, si l'on a soin d'ajouter beaucoup d'eau pour faciliter la séparation.

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