‹ Traité de chimie toxicologiqueChapitre 49 sur 185 · ESSENCES · texte numérisé non relu

ESSENCES

formule est ('"'II16. Ses propriétés chimiques sont analogues à celles de l'essence de térébenthine; sa couleur est jaune ou jaune-brun, son odeur forte et désagréable. Elle dévie à gauche le plan de polarisation ; elle se dissout très peu dans l'eau, facilement dans l'alcool absolu. L'iode produit avec l'essence de sabine une réaction très violente (plus énergique qu'avec l'essence de rue). L'acide sulfurique agit sur elle à froid, très énergïquement, à peu près comme sur l'essence de térébenthine.

Eïg.24.— Rutagraveolens.

Beaucoup d'autres essences, telles que celles de genièvre, if, cyprès, cèdre, ont des caractères très voisins de ceux que nous venons d'indiquer pour la sabine : la recherche et la caractérisation exacte de ces essences dans un cas d'empoisonnement seraient, le plus souvent, très difficiles. Si l'intoxication a été produite par une poudre végétale, telle que la sabb u la rue, les quantités d'essence que l'on arrive à isoler par distillation sont nécessairement fort petites, et c'est à peine si l'on réussira à constater par l'odeur que l'on a séparé une matière analogue aux huiles essentielles. La certitude n'est guère possible à atteindre, dans de semblables expertises, que si l'on réussit à découvrir dans le tube digestif des fragments végétaux présentant des caractères micrographiques bien déterminés.

Nous indiquerons plus loin quelques autres caractères chimiques des essences.

Rue. Essence de hue. — La rue possède des propriétés analogues à celles delà sabine. Leruta graveolens, famille des Rutacées, est un arbuste assez répandu dans le midi de la France (fig. 24). Toutes les parties de la plante contiennent le principe actif désigné sous le nom d'essence de rue

La poudre de rue. rarement usitée en médecine, est un emménagogue

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puissant, employé comme la sabine, dans le but de déterminer des avortements. On peut, à propos de cel emploi de la pue, sous forme de poudre on <lc décoction, faire les mêmes réflexions qu'a propos de la sabine : l'ingestion de la poudre de rue amène souvent l'avortement, mais non sans déterminer des phénomènes d'intoxication très graves, el parfois la mort. Comme la sabine, la rue el son huile essentielle sont des substances irritantes, et les symptômes qu'elle produil sont ceux d'une gastro-entérite plus ou moins intense; on observe aussi du ralentissemenl de la circulation, et une sorte d'état d ivresse particulier. Les lésions trouvées à l'autopsie hyperhémie de la muqueuse stomacale) sont peu importantes.

L'essence de rue n'est pas un produil défini : elle contient plusieurs substances, notammenf l'acétone méthylnonylique, CuH220, de petites quantités d'un carbure, ('.'"11"', des traces d'un isomère du bornéol el des traces d'un homologue de l'acétone méthylnonylique. — Le premier de ers corps esl de beaucoup le plus abondant dans l'essence de rue ; il peul en être retiré par distillation; e'esl un liquide d'odeur désagréable, bouillant à 225°-226°, se solidifiant à -+- 11°, 1res peu soluble dans l'eau, soluble dans l'alcool ; il forme une combinaison avec les bisulfites alcalins.

L'essence de rue ordinaire se dissout dans l'acide sulfurique avec une coloration rouge brun: par addition d'alcool, la couleur devient rouge framboise; par addition d'eau, la couleur disparaît el l'essence se sépare. Le chlore est abondamment absorbé par l'essence de rue, avec dégagement de gaz chlorhydrique el production de chaleur. L'iode agit lentement sur elle en donnant une solution visqueuse.

Elle dévie à gauche le plan de polarisation. Ses réactions sont pour la plupart peu précises.

Parmi les essences plus ou moins toxiques, el réputées abortives, citons encore celles de genièvre, de thuya, (Vif. Le juniperus virginiana est analogue à la sabine. Ses propriétés abortives sont réelles, mais non constantes.

Le thuya contient une essence du même genre que l'essence de sabine.

L'if [taxilS baccata) est un arbre robuste, qui peut atteindre III mètres et davantage, dont les propriétés toxiques sont connues de la plus haute antiquité. On croyait que son ombrage pouvait occasionner des accidents graves1. Différentes assertions de ce genre ont été formulées récemment, mais n'ont pas été confirmées par des observations précises. — Quant à l'action des différentes parties de l'arbre, écorce, feuilles vertes, feuilles

1 Dioscoridc : Narbonensis (taxus) vero eam vim habet. ni qui >ul> ejus timbra sedeîinl aul obdoriniverinl Itodantur, soepcnivero otiam moriantur.

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