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BROME

BROME. ACIDE BROMHTDR I QUE . BROMURES. BRONATES

Le brome a peu d'importance en toxicologie. Outre les accidents fréquents niais peu graves en général, constatés dans les laboratoires ou les usines à la suite de l'inhalation des vapeurs de brome, on a signalé un cas d'empoisonnement mortel chez l'homme, causé par l'ingestion d'une cinquantaine de grammes de brome. Quelques expériences faites sur les animaux ont montré la réelle toxicité de ce métalloïde.

Son action est analogue à celle de l'iode. Appliqué sur la peau, le brome liquide produit une tache jaune et une destruction de l'épiderme. L'action caustique est naturellement plus vive sur les muqueuses. Le brome en vapeur détermine aussi sur la peau et les muqueuses une certaine sensation de chaleur et des effets «le congestion plus ou moins marqués. — L'inhalation des vapeurs de brome amène delà dyspnée et de la suffocation : il suffit d'une quantité très minime de vapeurs de brome pour produire ces effets, qui sont extrêmement pénibles; les accidents un peu graves son! rares, justement parce <pi'il n'est pas possible d'inhaler, par inadvertance ou manque de précautions, des quantités notables de ces vapeurs.

Dans l'estomac, les effets du brome varient selon qu'il est ingéréàl'état de brome liquide, ou en solution suffisamment étendue ; sous celle dernière forme, son action est peu marquée. Le brome libre, en contact avec la muqueuse stomacale, détermine une irritation très vive, sensation de chaleur, nausées, etc. Les accidents consécutifs sont la dilatation de la pupille, une extrême petitesse du pouls, parfois des crampes et des convulsions ; puis un collapsus profond.

Le- doses toxiques -.ont mal connues: Barthez a déterminé la mort d'un chien avec in à t;n gouttes, introduites dans l'estomac. Dans d'autres expériences, un chien est mort en un jour à la suite de l'ingestion de 2'\ centigrammes de brome dans (in grammes d'eau. Ces chiffres n'apprennent rien de précis: la dose mortelle, pour un poison corrosif tel que celui-ci, e.st essentiellement variable avec la nature et surtout la quantité du dissolvant.

A l'autopsie on trouve les muqueuses du tube digestif plus ou moins colorées en jaune rougeâtre. Snell a signalé dans l'estomac une coloration noirâtre particulière ; le foie est hyperémié, les muqueuses respiratoires vivement enflammées. Barthez a trouvé aussi dans l'estomac de petites ulcérations couvertes parfois d'une couche noirâtre. L'odeur du brome dans l'estomac ou dans les matière- vomies est en général facilement reconnaissante.

;:n TRAITE DE CHIMIE TOXICOLOGJQUE

Le brome esl éliminé sous forme de bromure alcalin par l'urine el par dn erses autres sécrétions.

Propriétés. — Le brome esl un liquide rouge-brun foncé, très lourd 1) = 2,98 : il se solidifie à — 7°, 3' ; sa tension de vapeur esl considérable même à la température ordinaire : il boul à -)-630. Son odeur rappelle celle du chlore, i » > ; • i - esl cependanl différente. Il esl peu soluble dans l'eau 100 p. d'eauà -+- 15° dissolvenl 3,226 de brunir : il esl facilement soluble dans l'alcool, très soluble dans l'éther, le chloroforme, le sulfure de carbone; il communique à ces dissolvants une coloration rouge assez foncée. L'amidon esl coloré en jaune par le brome.

Par l'ensemble de ses propriétés chimiques il est intermédiaire entre le chlore el l'iode.

Recherche du brome. — Le brome libre esl facile à reconnaître par son odeur; on l'isolera par distillation. Pour séparer le brome combiné, on aura recours à la distillation avec l'acide sulfurique el le bioxyde de manganèse; ce dernier peut être remplacé par le bichromate de potasse. S'il - it de chercher «h- faillies quantités de brome dans un liquide qui n'ni contient que très peu, par exemple dans l'urine2, il vaul mieux ajouter d'abord un excès de potasse, et concentrer par évaporation au bain-marie. ■ — Dans les \ iscères on cherchera le brome selon des procédés qui conviennent aussi pour l'iode: les matières sont alcalinisées parla potasse, desséchées, puis calcinées à une température pas trop élevée : dans le résidu on isole le brome par distillation avec l'acide sulfurique el le bioxyde de manganèse. Le brome recueilli, -'il esl peu ab huit . est isolé delà solution aqueuse par agitation avec l'éther, le chloroforme, ou le sulfure de carbone. D'ordinaire, on reconnaît ainsi le brome du premier coup par l'odeur, la couleur des solution- éthérées ou chloroformiques, caractère- auxquels on peut ajouter la décoloration de l'indigo. .Mais on peut encore transformer le brome contenu dans le liquide distillé, en bromure et bromate de potassium, en neutralisant par un peu de potasse ; le liquide esl ensuite évaporé et calciné, il ne reste plus alors qu'un résidu de bromure, qu'on dissout dans l'eau el dont on constate les caractères v. p. iTi' .

1 Ce chiffre varie, selon les observateurs, de — 7° à — -i°.

* Il ne faut pas chercher le brome directement dans l'urine, par exemple en ajoutant un peu d'eau de chlore et agitant avec de l'éther nu du chloroforme. Le brume mis en liberté -m les matières organiques de l'urine et l'on n'obtient na~, un l'on n'obtient qu'incomplètement la réaction attendue.

BROME i:i

A C IDR 1! R 0 M H Y D R 10 U E

Nous ne connaissons pas d'exemples d'empoisonnement par l'acide bromhydrique gazeux ou dissous. Les propriétés corrosives de ce gaz ou dé sa solution aqueuse seraienl sans doute les mêmes que celles de l'acide chlorhydrique, niais plus atténuées.

La recherche de l'aride bromhydrique libre ou combiné n'est pas difficile. Les matières bien divisées sonl mises à macérer dans de l'eau distillée; la solution filtrée est neutralisée par la potasse ; on évapore à siccité, et on carbonise légèrement le résidu ; on épuise par l'eau pour dissoudre le bromure de potassium, que l'on caractérise directement dans la solution, et que l'on y dose, s'il est nécessaire. En chauffant le résidu sec de la solution de bromure, en présence d'un peu d'acide sulfurique et de bioxyde de manganèse, on peut encore isoler le brome à l'état de liberté sous forme de \apeur ou liquide rouge.

Propriétés. — L'acide bromhydrique gazeux se dissout abondamment dans l'eau, avec laquelle il forme des hydrates. La solution saturée à + lb° contient 50 p. 100 d'acide bromhydrique, et répand à l'air d'épaisses fumées. A la longue, les solutions se colorent faiblement par suite de la mise en liberté d'un peu de brome.

L'addition d'eau de chlore, ou d'acide azotique, à des solutions d'acide bromhydrique ou de bromure met en liberté du brome, et les liquides se colorent en rouge-brun. Si la quantité de brome est faible, on peut la mettre en évidence en agitant avec de l'éther qui dissout le brome, ou mieux avec le chloroforme ou le sulfure de carbone. La teinte de ces solutions est très différente de celle que fournit l'iode (coloration violette . La potasse décolore les solutions contenant du bromelibre, par transformalion en bromate et bromure. Uamidon est coloré en jaune par le brome libre : c'est encore un caractère qui le différencie de l'iode, lequel colore l'amidon en bleu.

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