BROME
mi arrive à déceler ainsi des doses très minimes de bromates. Nous avons «lit que les chlorates présentent le même caractère.
Dosage du brome. — Le brome libre peut être dosé, comme l'iode libre, par une solution titrée d'acide sulfureux : le résultai est moins précis qu'avec l'iode. In dosage volumétrique indirect consiste à mettre la solution bromée en présence d'une solution d'iodure de potassium et à déterminer, par une liqueur titrée d'acide sulfureux ou d'hyposulfite de soude, la quantité d'iode mise en liberté.
Le plus souvent le dosage du brome est fait après transformation en bromure alcalin. S'il n'y a ni chlorures ni iodures, et si le liquide est neutre, on utilise le dosage volumétrique au moyen d'une liqueur titrée d'argent, en se servant du bichromate de potasse comme indicateur de la fin de la réaction. Le mode opératoire est le même que pour ledosage des chlorures.
La précipitation à l'état de bromure d'argent donne des résultats très exacts; on procède exactement comme pour le dosage des chlorures. Une partie de bromure d'argent correspond à 0,4253 de brome.
Le dosage des bromures en présence des chlorures nécessite deux opérations. On précipite d'abord le mélange par le nitrate d'argent ; le précipité est autant que possible séparé du filtre, et placé dans un creuset de porcelaine; on lave le filtre avec un peu d'ammoniaque, et on ajoute cette ammoniaque dans le creuset ; on évapore, on calcine et on pèse le tout, ce qui donne la somme bromure et chlorure d'argent. — Le précipité mixte est ensuite détaché du creuset (en tout ou en partie . On l'introduit dans une ampoule souillée au milieu d'un tube de verre peu fusible, que l'on pèse. On fait ensuite passer à travers le tube un courant de chlore pur et sec. et l'on chauffe pendant ce temps l'ampoule de manière à maintenir le précipité à l'état de fusion. Lorsque le tube ne change plus de poids, on chasse le chlore restant et on pèse. La perte de poids permet de calculer le brome '.
Ces deux dosages, combinés avec le dosage par le chlorure de palladium, permettent de déterminersimultanément les ehlorures, bromures, et iodures dans un même mélange.
Le dosage du brome dans un bromale pourrait se faire, comme il a été
1 Appelons P le poids du chlorure et bromure d'argent précipités ensemble, p le poids du mélange introduit dans l'ampoule, et ~ la perte de poids. Lu différence du poids atomique du chlore et 'lu brome est il, 5. Le poids moléculaire du bromure d'argent est ISS. Le rapport
.limne lu valeur de x, poids du bromure d'argent contenu dan- le mélange ; il esl ensuite aisé d'eu conclure \a quantité de bromure d'argent contenu dans P. On calcule le chlorure par différence.
m I i; \l I i: DE i III MIE TOXICOLOGIQUE
indiqué pour les chlorates, par réduction avec l'acide sulfureux et précipitation ultérieure par le nitrate d'argent.
IODE, ACIDE IODHYDRIQUE, IODURES, IODATES
Iode. — ( In n a pas cité d empoisi ements criminels par l'iode : 1 1 1 ; t i -- il
\ a eu un assez grand aombre de suicides, tentatives de suicide el d'accidents causés par l'emploi de certaines préparations iodées.
On sait que l'iode est un médicament très précieux, emplové sous des formes diverses, en solution ou à l'état de combinaisons salines.
L'iode esl un excitant de la nutrition; il possède des propriétés antiseptiques ; appliqué sur la peau ou sur le> muqueuses, il exerce un effet vésicanl très fréquemment utilisé en médecine. La plus connue des préparations pharmaceutiques à base d'iode esl la teinture d'iode iode, 10 grammes; alcool à 90 . 120 grammes . La teinture de Lugol esl une solution étendue d'iode dans l'iodure de potassium, employée en boisson iode, u.^0 : iodure de potassium, 0,40; eau. 1000 grammes . Il existe d'autres solutions analogues contenant une plus grande quantité d'iode. — La toxicité de l'iode dépend beaucoup du véhicule avec lequel il esl absorbé. S'il s'agil par exemple de teinture d'iode, le métalloïde, rencontrant dans l'estomac des liquides aqueux, sera précipité de sa solution alcoolique etse trouvera sous la forme solide en contact avec la muqueuse stomacale. La même quantité d'iode sérail mieux supportée si le métalloïde restai! dissous, par exemple s'il se trouvait dans l'estomac d'assez grandes quantités de liquides alcooliques.
La dose toxique n'esl donc pas bii a di terminée. Gardner dit avoir vu mourir en peu d'heures un enfanl qui avait absorbé l-r.'M) de teinture d'iode. D'autre part, Orfila a pris lui-même 10 centigrammes d'iode, qui ont produit des accidents assez nets, mais de peu de durée. Rabuteau cite
un empoisonnement i mortel à la suite de l'ingestion de 6 grammes de
teinture d imle io centigrammes d'iode . el Bourgoin un autre cas où l'ingestion accidentelle d'un verre de teinture d'iode n'a pas amené la morl : il s'agil ici de malades qui onl reçu des soins prompts el efficaces.
L'iode détermine une sensation de chaleur el de constriction à la gorge, des douleurs à l'épigastre, des nausées el des vomissements, de la >alivation, delà diarrhée; faiblesse du pouls, pâleur, refroidissement. Dans les cas non mortels, le rétablissement survient d'ordinaire très vite.
A l'autopsie on trouve les muqueuses atteintes par l'iode colorées en brun et exhalant l'odeur particulière du métalloïde. La coloration el l'odeur ne persistent pas indéfiniment. On peut souvenl observer la coloration brune sur le> lèvres, la bouche el aussi sur les mains. Très fréquemment,
IODE i7S
lorsque l'estomac contenait des matières amylacées pain, farine . l'iode s'esl transformé en iodure d'amidon et la masse alimentaire est colorée en bleu, suit en totalité, -"il seulement parplaces. Ou remarque dans le tube digestif les signes d'une gastro-entérite intense.
L'iode se transforme dans l'économie en induré alcalin : il se forme née — sairement en même temps une certaine quantité d'iodate ; c'est sous ces formes qu'il s'élimine par l'urine Rabuteau dit que l'iodàte est réduit dans l'économie el éliminé sous forme d'iodure ; d'autres observateurs ont constaté le passage des iodates dans l'urine . L'élimination a lieu aussi par la sueur et autre- sécrétions, salive, bile, lait : il n'en passe que fort peu dans les matières fécales. Cette élimination est d'ailleurs lente.
Dans une expertise d'empoisonnement, l'iode devra être cherché un peu partout, dans le foie, les rein-, etc.
V a-l-il de l'iode normalement dans l'économie ? Comme la présence de traces infiniment faibles d'iode dan- divers aliments et même dans l'eau a été signalée Chatin . on peut supposer que le corps humain contient habituellement de l'iode, mai- en quantité si faillie qu'il n'y aurait à craindre aucune confusion entre cet iode normal — s'il existe réellement — et l'iode beaucoup plus abondant que l'on retrouverait dan.- un cas d'empoisonnement. Dan- la discussion des résultat-, en ne devra pas oublier que l'iode peut avoir été introduit dan- le- organes sous forme de médicament, d iodure de potassium par exemple.
Propriétés de I iode. — L'iode pur iode sublimé offre la forme de tables d'un éclat métallique noir : à la température ordinaire il émet des vapeurs sensibles, reconnaissantes à leur odeur forte et bien spéciale. 11 tond à -f- 114° en vase clos et bout à -f- 186°; quand on le chauffe, il produit d'abondantes vapeurs violettes 1res caractéristiques. — L'iode ne se dissout que fort peu dans l'eau I p. dan- Tmiii p. : la solution aqueuse est légèrement brune; il se dissout au contraire fort bien dans divers liquides tels que l'alcool solution brun foncé . l'éther solution brun foncé . 1>- sulfure de carbone solution violette . le chloroforme solution violette . etc.
Par 1 ensemble de ses propriétés chimiques, l'iode se rapproche du chlore et du brome, dont il diffère par l'énergie moindre de ses affinités : ceux-ci déplacent l'iode de ses combinaisons. Parmi ses propriétés chimiques, l'une des plus connues est la coloration bleue qu'il donne avec l'amidon, réaction très sensible.
Extraction et caraclérisation de l'iode, en cas d'empoisonnement. — Il est quelquefois possible de retrouver dan- le contenu stomacal ou les vomissements l'iode en nature ou à l'état dissous; la recherche en ce cas est des
plus simples; en agitant les matières ou liquides avec <lu chloroforme ou du sulfure de carbone, on obtient, dans ces dissolvants, une solution violette. (L'emploi du chloroforme ou du sulfure de carbone vaui mieux que celui de l'éther, qui ne fournil qu'une teinte brune moins caractéristique. La solution d'iode dans le chloroforme ou le sulfure de carbone est décolorée lorsqu'on l'agite avec une solution de potasse. 11 se tonne un mélange d'iodure et d'iodate. (Voy. les Caractères des: iodares et des io dates, p. 479 et 481.)
La inoindre trace d'iode libre ou en solution dans l'eau, l'alcool, le
chloroforme, l'éther, le sulfure de carbone, donne avec l'eau d'amidon une coloration bleue. Les solutions contenant (le l'iode libre sont décolorées par l'acide sulfureux et par l'hyposulfite de soude. La coloration bleue de l'iodure d'amidon disparaît par la chaleur : si l'on a chauffé modérément ■ — pas au delà de -)- 80°, température suffisante pour amener la (((''coloralion — la couleur bleue réparait parle refroidissement ; il n'en est pas de même si l'on a atteint la température de l'ébullition.
La réaction de l'iodure d'amidon se fait encore très simplement en versant le liquide OÙ l'on cherche l'iode — solution chloroformique OU autre — sur un papier amidonné, tel que le papier à écrire ordinaire.
Parmi les autres réactions de l'iode libre, nous rappellerons la couleur violette de ses vapeurs, tout à fait caractéristique, et encore, la réaction tumultueuse avec vif dégagement de chaleur que produit au contact de l'iode l'essence de térébenthine.
Les taches produites par l'iode sur la peau, les muqueuses, tes vêtements se reconnaissent sans peine ; elles ont une odeur spéciale ; elles disparaissent sous l'action de la potasse; dans la solution obtenue avec la potasse, il est facile de reconnaître l'iodure formé, par exemple par déplacement de l'iode avec une trace d'eau de chlore et addition d'un peu d'amidon ; en présence du chloroforme ou du sulfure de carbone, les taches d'iode fournissent une solution violette.
La présence de l'iode libre dans les viscères est souvent révélée par l'apparition de vapeurs violettes pendant la distillation des matières en présence île l'eau. En pareil cas, on continue la distillation jusqu'à disparition des vapeurs violettes, en condensant avec soin. Dans le liquide distillé on recueille l'iode par épuisement au sulfure de carbone.
Le problème est un peu plus difficile quand il faut retrouver soit de très petites quantités d'iode non isolables par le procédé ci-dessus, soi) l'iode transformé dans l'économie, sous forme d'iodure ou d'iodate. Il faut alors procéder à la destruction de la matière organique; la méthode par le chlorate de potasse n'esl pas ici recommandable ; les procédés à l'acide sulfurique et nitrique offrenl aussi des inconvénients. Il vaut mieux
sécher les matières après Les avoir imprégnées d'une solution de potasse caustique (pour éviter la perte de l'iode libre s'il en existai) des traces , puis calciner. La destruction esi facilitée par l'addition d'azotate de potasse. On se rappellera qu'à une température élevée l'iode de l'iodure de potassium esl déplacé par l'oxygène; en conséquence, il faut chauffer aussi peu que possible; il semble, de toute manière, qu'il y a là une cause de perte difficile à éviter. La masse saline esl dissoute dans l'eau e) on y caractérise l'iodure de potassium en ajoutanl une trace d'eau de chlore ou d'acide azotique; l'iode esl mis en liberté : l'addition d'amidon produit alors une coloration bleue intense. — L'agitation du liquide avec du sulfure de carbone ou du chloroforme donne une solution violette, (".es réactions sent, comme nous l'avons déjà dit, d'une excessive sensibilité. — Toutefois, surtout quand les doses d'iode à retrouver sont très faibles, il conxienl de prendre quelques précautions : l'emploi d'un excès de chlore transforme l'iode mis en liberté en acide iodique, la liqueur reste blanche, l'amidon n'es! pas colon'', le chloroforme ne devienl pas violet, il faut donc ajouter l'eau chlorée avec une grande prudence. L'emploi de l'acide azotique n'est pas, dans ces cas, beaucoup plus commode : l'acide azotique contenant un peu de vapeurs nitreuses est préférable. Certains auteurs recommandent, pour mettre l'iode en liberté, d'ajouter au liquide un très petit fragment de nitrite de potasse ou de soude, puis de verser avec précaution de l'acide chlorhydrique ou sulfurique : le peu de vapeurs nitreuses qui se forment mettent l'iode en liberté. On doit toujours éviter de chauffer. — En somme, la précipitation par 1 eau chlorée suffira, pourvu que le réactil soit employé avec ménagement.
Enfin le résidu salin obtenu par la càlcination avec la potasse peu! être distillé avec du manganèse el de l'acide sulfurique, ce qui mel l'iode en liberté. Le mélange, additionné de bioxyde de manganèse, esl introduit dans un petit appareil ô distillation ; par une ampoule à robinet, on y verse peu à peu de l'acide sulfurique; on chauffe doucemenl en recueillant les vapeurs condensées, soit dans l'eau (pour (''puiser ensuite par le chloroforme ou le sulfure de carbone . soit mieux dans une liqueur alcaline : la solution obtenue pourra servir au dosage. Voy. les Caractères des iodures.
Acide iodhydrique. — L'acide iodhvdrique, soit gazeux, soit dissous, n'est guère qu'un produit de laboratoire et nous ne croyons pas qu'on ail signalé d'empoisonnements parcelle substance. Ses propriétés corrosives doivent ('■Ire analogues à celles de l'acide chlorhydrique, mais plus faibles. Toutefois l'acide iodhydrique étant plus instable que les deux autres hydracides, il y aurait peut-être à tenir compte de l'action possible de l'iode mis on liberté dans l'économie.
I i; \ I I È DE CHIMIE TOXIl OLOGIQUE
La recherche de l'acide iodhvdrique dans un cas d'empoisonnement pourrai) se faire par le procédé qui a été indiqué pour I acide bromhydrique. — En distillant le résidu final d'iodure de potassium avec de l'acide sulfurique «'I du bioxyde de manganèse, on mettrail en liberté de I iode sous forme de vapeurs violettes condensables en petits cristaux brun-noir.
Propriétés. — Vers - 10°, l'eau dissout environ 100 fois son volume d'acide iodhvdrique gazeux. En distillant cette solution, on obtient un hydrate HI.aHHD, qui passe à 127°. Le gaz 'iodhvdrique commence à se dissocier vers - 200 . La solution aqueuse s'altère spontanément à la lumière el se colore en lu-un par suite de la mise en liberté d'iode qui reste dissous.
L'eau de chlore, Veau de brome, Y acide nitrique, décomposent l'acide iodhvdrique ou les iodures avec mise en liberté d'iode, qu'on mel en évidence par les divers procédés indiqués plus haut.
Iodures. — Les effets des iodures métalliques sonl très variables, selon la nature du métal combiné. Les uns iodures alcalins sonl peu actifs; les autres iodure de plomb, iodure de mercure sont des poisons énergiques, mais à cause du métal et non à cause de l'iode qu'ils renferment. Nous dirons ici quelques mots des iodures alcalins.
L'iodure de potassium esl très peu toxique. 11 y a à ce sujel <li^ • •\\nriences contradictoires d'I Irfila el de Rabuteau, le premier indiquant que des doses de 1 à 8 gr les d'iodure de potassium, introduites dans l'estomac, tuent facilement des chiens vomissements, affaiblissement graduel, collapsus . tandis que le second a fait prendre à des chiens lu el I -i grammes d'iodure de potassium sans observer d'autres troubles qu'un peu de diarrhée. De même Orfila dit que 20 centigrammes d'iodure en injection intra-veineuse tuenl un chien; tandis que des doses plus élevées dans des expériences de Rabuteau n'ont pas amené la mort. 11 esl possible que l'iodure employé par Orfila ; » » t contenu de l'iodate, sel dont l'action esl beaucoup plus marquée.
L'iodure de potassium, [ > i-i — en solution tro| ncentrée, peul exercer
sur le tube digestif une certaine action irritante : mais c'esl en somme une substance peu active. On ~;iit qu'on l'administre en médecine à des 'I - très élevées jusqu'à 20 grammes par joui- . Des doses de •"> grammes par jour sonl fréquemment ordonnées aux syphilitiques pendant d'assez longues périodes. — L'iodure de sodium est moins toxique encore. L'iodure d'ammonium est toxique à haute dose, mais plutôt en qualité desel ammoniacal.
Les iodures employés en médeci :ausent parfois t\r- accidents dus
surtout à des impuretés, et notamment à l'iodate de potasse dont la |>ivsence résulte d'une calcination imparfaite du mélange d'iodate el d'iodure formé par l'action de la | >• .t , i — ~. ■ sur l'iode.
[ODE, [ODURES ;:•)
La recherche des iodures se fera par les procédés que qous avons indiqués à propos de l'iode lui-même. Les principaux caractères analytiques des iodures sont les suivant- :
V azotate (Forgent donne dans les solutions d'iodures ou d'acide iodhydrique un précipité jaune clair, insoluble clan- l'acide azotique, très pou soluble dans l'ammoniaque, el noircissant à la lumière.
L'azolate de palladium donne un précipité brun-noir, très peu soluble dans les acides chlorhydrique et nitrique. Le chlorure de palladium produit aussi un précipité.
Le chlorure de baryum ne <1 1e pas de précipité.
L'acétate de plomb, un précipité jaui e d'iodure de plomb, peu soluble à froid, assez soluble à chaud, el cristallisant en belles paillettes jaune d'or par le refroidissement des solutions chaudes.
Le sulfate de cuivre donne un précipité blanc d'iodure cuivreux, et met en liberté de l'iode qui colore en la-un la liqueur.
Le perchlorure de fer précipite de l'iode libre.
L'azotate de protoxyde de thallium fournit un précipité jaune.
Le bichlorttre de mercure donne un précipité rouge vermillon de biiodure de mercure. Le biiodure de mercure est soluble dans un excès d iodure de potassium.
Avec le nitrate mercureux on obtient un précipité vert jaunâtre de protoiodure de mercure.
Recherche de l'iode ou des iodures en présence des chlorures ou bromures. — La recherche de petites quantités d'iode ou d'iodures en présence de grandes quantités de chlorures présente quelques difficultés : le résidu de la caleination avec la potasse est dissous dans l'eau, puis précipité par le nitrate d'argent. L'iodure d'argenl se précipite avant le chlorure et le bromure : il est difficilement soluble dans l'ammoniaque, tandis que le chlorure l'est beaucoup. Ces propriétés peuvent être utilisées pour séparer à peu près l'iodure d'argent. — L'iodure d'argent chauffé tintement avec du carbonate de soude, fournit de l'argent et de l'iodure de potassium facile à caractériser dans le résidu. — Le chlorure ou l'azolate de palladium sont aussi employés à la séparation d'un iodure mélangé à une grande quantité de chlorure : ce dernier, de même que le bromure, n'est pas précipité, du moins en solution '•tendue. Le précipité d'iodure de palladium donne, quand on le chauffe, du palladium métallique et des vapeurs violettes d'iode.
Dosage de l'iode. — Le dosage de l'iode libre — rarement appliqué en toxicologie — se fait par des procédés volumétriques très simples. — On a soin d'amener tout l'iode à l'état dissous, par exemple en ajoutant à la liqueur de l'iodure de potassium. Dans la solution obtenue, on verse jus-
qu'à décoloration une solution titrée d'hyposulfite de soude une solution normale décime contient 24,8 d'hyposulfite cristallisé, Na'S'O9. SH*0, el correspond à la solution décime d'iode \'2.1 = 1 litre : il es) d'ailleurs préférable de titrer l'hyposulfite avec une solution titrée d'iode qui se prépare avec exactitude par la pesée de cristaux d'iode pur el sec. La décoloration, lorsqu'on ajoute la dernière goutte d'hyposulfite, se voit avec la plus grande facilité : c'est un dosage d'une extrême précision.
Le dosage de l'iode, transformé en iodure alcalin, en l'absence de chlorure se fait au moven de l'azotate d'argent ; le précipité d'iodure d'argent se rassemble facilement : on le recueille sur un filtre et on le lave jusqu'à ,.,. ,|n(. iVnu de lavage ne précipite plus par l'acide chlorhydrique. On sèche ft mi sépare autant que possible le précipité du filtre, qui esl brûlé ;-, par| : le précipité esl ensuite ajouté aux cendres dans le creuset de porcelaine et l'on chauffe jusqu'à ci encement de fusion. Une partie d'iodure d'argent correspond à 0,5403 d'iode.
Ce procédé ne sera que rarement appliqué en toxicologie à cause de la présence ordinaire des chlorures qui seraient également précipités par le nitrate d'argent. Le chlore et l'iode, à l'état de sels alcalins nu d'hydracides peuvent être séparés au moyen du chlorure de palladium ; la dissolution esl acidulée par l'acide chlorhydrique. On y verse du protochlorure de palladium tanl qu'il se forme un précipité : on laisse reposer un jour ou deux; le précipité esl réuni sur un filtre taré, lavé à I eau chaude; on le gèche vers 4- 90e jusqu'à ce qu'il ne change plus de poids. Une partie d'iodure de palladium contient 0,7042 d'iode. — Si l'on veut faire en même temps le dosage des chlorures sur une partie de la liqueur primitive, on précipite à la fois l'iode et le chlore par le nitrate d'argenl : d'après le dosage précédent, on connaît le poidsd iodure d argent contenu dans le précipité mixte; celui du chlorure d'argenl esl donc facile à calculer par différence.
[odate. — ■ Melsens, Rabuteau ' et plusieurs autres ont l'ait des études sur la toxicologie des iodates, agents plus actifs que les iodures. On a reconnu que les iodates sont réduits dans l'économie et transformés en iodures. La transformation esl plus on moins complète, selon la nature du sel : ainsi 2gr,o d'iodate de sonde sont réduits complètemenl en iodure ; avec uni' dose semblable de sel de potassium, une partie esl éliminée directement sous forme d'iodate. Les accidents résultant de l'ingestion des iodates nausées, vomissements paraissent être consécutifs à la mise en liberté d'iode, el ils se produisent surtoul à la suite de l'ingestion d'un
' Traité dt e, p. 75i.
[ODATES 481
mélange d'iodure et d'iodate ; en effet, tandis que les iodures et lesiodates séparés résistent assez bien à l'action des acides oxygénés en solution ('•tendue, le mélange d'un iodure et d'un iodate se comporte différemment. I He solution d'acide iodique ajoutée à une solution d'iodure donne un précipité
die m le : une sol ut ii m d'il » la le et une d'iodure sont sansactionl une sur l'autre, mais si l'on ajoute une goutte d'acide chlorhydrique, il y a mise en liberté d'iode. Celle réaction explique ce qui peut se passer dans l'estomac à la suite de l'ingestion d'un iodure de potassium impur: dans le fait, si l'un ajoute du sue gastrique à de l'iodure de potassium d'une pari, à de l'iodate de potasse d'autre pari, il n'y a point de réduction : mais si l'on mélange les deux solulions, il y a mise en liberté immédiate d'iode. L'expérience peut être l'aile sans difficulté sur ranimai vivant lîaliuteau . L'ingestion d'un iodate est nuisible s'il y a réduction partielle dans l'estomac, c'est-à-dire formation du mélange d'iodate e( d'iodure. puis formation d'iode libre.
Propriétés et réactions des iodates. — Les iodates sont en général Faiblement solubles dans l'eau 100 parties d'eau froide dissolvent 8 parties d'iodate de potasse . Leur caractère chimique essentiel est la facilité avec laquelle ils subissent l'action des divers agents réducteurs, avec mise en liberté d'iode. Ils se décomposent par la calcination en iodure et oxygène.
L'acide sulfurique cl l'acide azotique n'agissenl pas sur les solutions d'iodates alcalins. L'acide chlorhvdrique à chaud produit un dégagem ni de chlore.
Avec le chlorure de baryum, précipité blanc, soluble dans l'acide nitrique.
Avec Yazotate d'argent, précipité blanc cristallin, soluble dansl'ammoniaque, peu soluble dans l'acide nitrique.
Il hydrogène sulfuré, en liqueur acidulée par l'acide sulfurique, met en liberté de l'iode, avec dépôt de soufre ; un excès d'hydrogène sulfuré décolore la liqueur et produit de l'acide iodhydrique.
L'aride sulfureux met l'iode eu liberté ; un excès d'acide sulfureux décolore la liqueur en agissant sur 1 iode libre, qui se transforme en acide iodhydrique. La réaction de l'acide sulfureux est extrêmement sensible : c esl celle que l'on appliquera par exemple pour rechercher l'acide iodique dans l'urine. Si la quantité est minime, on rend la réaction plus visible surtout dans le-- liquides un peu coloré'.-, . en ajoutant de l'eau d'amidon qui bleuit au contact de l'iode libre. L'iode peut être mis ainsi en évidence dans des solutions d'iodate au 1 5000. 11 faut seulement avoir soin de n'ajouter l'acide sulfureux qu'avec beaucoup de précaution, sans quoi la teinte bleue disparaîtrait immédiatement.
l'n autre procédé consiste à agiter la solution d'iodate additionnée
,sj I R \ [TÉ DE CB IMIE TOX KHI. ni, [QUE
d'acide sulfureux avec du chloroforn u du sulfure de carbone, qui se
colorent en violet.
Ail DE KMO KM Y lihl QD K
Parmi les acides corrosifs les plus énergiques, il faut citer I acide fluorhydrique, qui a des applications assez importantes, el qui a causé quelques accidents. — On attribuée l'action des vapeurs d'acide fluorhydrique la mort du chimiste belge Louyet, au cours de recherches sur l'isolemenl du
fluor. Kines rapporte un cas de morl à la suite de 1 ingesti le
15 grammes d'acide fluorhydrique liquide : la morl survint en trente-cinq minutes. On trouva à l'autopsie l'estomac parsemé de taches noirâtres, les muqueuses de la bouche, de l'œsophage, dépouillées de leur épit hélium, les poumons et les méninges congestionnés : le sang présentait une réaction acide Lancel, IK73 . — Le contact prolongé des doigts avec les. vapeurs d'acide fluorhydrique détermine des douleurs vives el persistantes. L'inhalation de ces vapeurs produit dans les poui - mie irritation très intense. L'acide fluorhydrique ordinaire, même étendu d'eau, est extrêmement corrosif; déposé sur la peau, il cause une douleur très forte, qui peut persister plusieurs jours el amener de la Sèvre ; il se fait ensuite ;"i la place touchée par l'acide une ulcération profonde dont la eruérison esl forl Longue.
L'acide pur esl un liquide bouillant à -j- 20' : l'acide ordinaire du i -
merce renferme de l'eau : il a sensiblement pour formule HF1.£H20, el distillée -f- 120°. S;i densité est 1,5. L'acide gazeux ou liquide, même tendu, attaque le verre ; on se sert pour conserver l'acide fluorhydrique de vases de plomb, de gutta cm de platine.
Dan-' le cas où 1 <>n aurait à rechercher l'acide fluorhydrique dans un empoisonnement, on pourrait faire digérer les matières avec de l'eau, filtrer, précipiter la solution par lf chlorure de calcium. Le précipité de fluorure de calcium est facile à caractériser; chauffé avec l'acide sulfurique dans un vase de plomb ou de platine, il dégage de l'acide fluorhydrique en vapeurs attaquant le verre; chauffé avec de l'acide sulfurique el du sable, il fournil un gaz, le fluorure de silicium, que l'eau décompose avec production de silice précipitée et d'acide hydrofluosiheique.
Dans le procédé ci-dessus, le fluorure de calcium obtenu ne sérail évidemmenl pas pur.mais mélangé de doses variables de sulfate, phosphate et carbonate de chaux. On le purifierait en le traitant par l'eau bouillante pour enlever le sulfate de chaux, el par l'acide chlorhydrique étendu, <|ui ne dissoul pas sensiblement le fluorure et enlève le phosphate et le carbonate.
Le chlorure de baryum précipite l'acide fluorhydrique el les fluorures