PROCÉDÉS GÉNÉRAUX D'EXTRACTION DES ALCALOÏDES ET GLDCOSIDES
11 m \ a | » ; » — - très longtemps que furenl imaginés les premiers procédés systématiques d'extraction des alcaloïdes dans les viscères d'individus intoxiqués par les poisons végétaux. C'est en 1850, à propos d'un empoi-
-"i menl par la nicotine (affaire Boearmé . que le célèbre chimiste belge
Sl;i-- imagina la méthode qui porte son nom, et qui, avec des modifications diverses, est encore celle que l'on emploiele plus souvent.
Méthode de Stas. — Ce procédé esl fondé : 1 sur la solubilité dans l'eau
et dans l'ait 1 des sels que formenl les alcaloïdes avec certains acides
organiques, tels que l'acide tartrique ou l'acide oxalique : 2° sur la décomposai le ces sels par les alcalis ou les bicarbonates alcalins : 3 sur la
solubilité dans l'éther des alcaloïdes mis en liberté par l'acti les alcalis
«m bicarl ates alcalins.
Voici sommairemenl le mode opératoire recommandé par Stas; nous décrirons ensuite avec quelque détail les modifications diverses qui paraissent les plus avantageuses.
Les matières divisées en menus fragments sont mélangées avec deux fuis leur poids d'alcool ;'i 95°. Du acidulé la masse par de l'acide tartrique; on maintient le tout pendant quelque temps au batn-marie, vers
fi0°-7a . Le liquide ali lique, séparé par filt ration, est évaporé à une
température basse; un active l'évaporation en Faisant passer un couranl d'air, ou au moyen du vide. La majeure partie de l'alcool étant disparue, nu filtre pour séparer des corps gras el diverses matières insolubles, et mi continue à évaporer presque à siccité sur l'acide sulfurique, ou dans le
vide. Le résidu esl repris pur l'alcool absolu : la nouvelle solution ait -
lique est évaporée comme précédemment. Le résidu aride esl dissous dans un peu d'eau et neutralisé par un excès de bicarbonate de j >. .t;i^-. - eu de soude. On agite le liquide avec quatre ou cinq fois son volume d'éther. On décante l'éther, on en évapore une petite partie, et <>u observe si le résidu esl solide ou liquide.
I Si le résidu est liquide, on ajouté à la soluti fthérée un peu de
soluti le potasse ou de soude, et l'on agite; on sépare l'éther, el on
répète tmi> <>u quatre fois les épuisements par l'éther. Los solutions éthérées sont réunies el traitées par une petite quantité '1 à i centimètres cubes d'acide sulfurique dilué au 1 a, qui s'empare de l'alcaloïde transformé en sulfate; <>n lave ei ■<• la solution acide par un peu d'éther qui
entraîne certaines impuretés. La solution acide esl enfin alcalinisée par la potasse "ii la soude, et l'alcaloïde libre esl repris par un épuisement à l'éther.
'1 Si le résidu esl solide, on ajoute une solution de potasse mi de soude, et <>n épuise par l'éther qui dissoul l'alcaloïde libre : il reste en général, après évaporation de l'éther, une liqueur laiteuse, d'odeur désagréable, à réaction alcaline. On essaie de purifier le résidu eu le mettant en contact avec un peu d'air, ml. qui parfois, en s'évaporant, le fait cristalliser. On peu! encore transformer le résidu en sulfate, avec quelques gouttes d'eau faiblement additionnée d'acide sulfurique, filtrer la solution de sulfate, rr qui sépare des corps gras non dissous, concentrer par évaporation dan-, le vide, remettre l'alcaloïde en liberté par le carbonate de potasse, el le redissoudre enfin par l'alcool absolu.
La méthode de Sta- esl passible de quelques critiques, la plupart de peu d'importance. — Tous les -'-1- d'alcaloïdes ne son! pas solubles dans l'alcool : citons par exemple l'oxalate de brucine. La mise en liberté des alcaloïdes par les bicarbonates alcalins n'est pas toujours possible : certains exigent l'emploi des carbonates ou des alcalis caustiques par exemple la nicotine, la pelletiérine . C'est par suite de la dissociation habituelle des bicarbonates, qui renferment des carbonates neutres, que l'inconvénient signalé est négligeable '.
Un autre inconvénient de la méthode de Stas est l'insolubilité relative de certains alcaloïdes libres dans l'éther, notamment de la morphine, lorsqu'elle a pris g l'état cristallin.
Modifications de la méthode de Stas. — Un a proposé remploi de dissolvants autres que l'éther, notamment celui de l'éther acétique; ce dissolvant pourra convenir dans le cas particulier de la recherche de la morphine; d'autres recommandent le chloroforme, ou même un mélange à volumes égaux d'éther et de chloroforme; Erdmann et Uslar emploient l'alcool amylique. L'usage de ce dernier liquide ne nous parait guère avan-
1 Tanret a même utilisé ces propriétés pour effectuer des séparations d'alcaloïdes. Dans
li- mélange des -'1- d'alcaloïdes de l'écorce de grenadier, le bicarl atc sépare la pseudo
pelletiérine el la méthylpelletiérine ; la potasse met ensuite en liberté la pelletiérine et l'isopelletiérine.
tageux : les vapeurs d'alcool amylique son! désagréables el toxiques; la température d'ébullition de ce corps est trop élevée, ce qui rend les évaporations longues et pénibles, si l'on chauffe au bain-marie; tandis qu'on s'expose, si l'on chauffe au delà de 100°, à perdre, au moins en partie, certains alcaloïdes, détruits ou entraînés avec les vapeurs; l'alcool amylique dissout trop facilement les ptomaïnes et diverses autres substances étrangères, et laisse des résidus moins pursque ceux que fournissent l'éther el d'autres dissolvants.
Modification d'Otto. — Une modification très heureuse de la méthode de Stas a été imaginée par Otto d'où le nom souvent employé de méthode de Stas-Otto . Elle consiste à épuiser par l'éther les liquides aqueux, privés de toute trace d'alcool et encore acides. Cette opération précède dune la mise en liberté des alcaloïdes parle bicarbonate; dans ces conditions l'éther peut enlever des corps de la classe des glucosides notamment la digitaline . un peu de eolchicine el quelques autres substances acides organiques) : il y aura donc heu défaire des essais spéciaux sur les résidus que laisse cette r-« •! i il i< >n éthérée; mais cel épuisemenl préliminaire a le très grand avantage de purifier la solution acide de beaucoup de c<ir|>s étrangers, en sorte que les résidus, obtenus ultérieurement dans l'épuisement par l'éther en solution alcaline, se présentent sous un état de pureté beaucoup plus grand que dans la méthode de Stas ordinaire. Cette i lification
est donc tout à fait recommandable.
Le procédé que j'ai l'habitude d'appliquer pour l'extraction des alcaloïdes dans les viscères ne diffère pas, au fond, de la méthode de Stas-Otto. J'indiquerai maintenant avec quelques détails le mode opératoire el les manipulations qui me paraissent les plus convenables pour ce genre de recherches.
Les matières sonl soigneusement broyées dans un hachoir; la pulpe obtenue esl introduite dans un grand ballon : on ajoute à la masse environ une fois el demie son volume d'alcool à 9a . el assez d'acide tartrique pour que le mélange soil franchement acide au tournesol. On laisse ensuite digérer pendant douze heures environ, à une température de 50 à 60°. Après refroidissement, on jette le tout sur un ou plusieurs filtres en papier. Pour terminer l'extraction du liquide alcoolique qui imbibe le résidu pâteux resté sur le filtre, on le comprime fortement dans une toile, à la presse, el on filtre le liquide qui s'écoule. A défaul de presse, il conviendrait de délayer le résidu dans une nouvelle quantité d'alcool, el de filtrer de nou\ eau.
Il faut maintenant éliminer l'alcool, ce qu'on peul faire par deux pro-