‹ Traité de chimie toxicologiqueChapitre 97 sur 185 · METHODES D ' E MIS A C T 1 0 N SO · texte numérisé non relu

METHODES D ' E MIS A C T 1 0 N SO

cédés : évaporation dans le vide sec, à froid, ou distillation. Le premier moyen esl assurément le meilleur; mais il est d'une application pénible : dans une recherche ordinaire, sur un échantillon moyen de viscères, les volumes de liquide alcoolique à évaporer sont toujours assez considérables, un liliv et demi, par exemple, l'évaporation à sec de semblables volumes esl fort longue. On place le liquide dans plusieurs capsules ou cristallisoirs peu profonds, qu'on installe dans des cloches à vide, au-tdessus de l'acide sulfurique. On fait le vide à la trompe, aussi complètement que possible. L'acide sulfurique doit être fréquemment renouvelé *. Lorsque la majeure partie de l'alcool a disparu, on peut filtrer pour séparer quelques matières grasses ou autres, qui se son! précipitées. On continue ensuite l'évaporation dans le vide, jusqu'à ce qu'on obtienne pour résidu une masse pâteuse2; il n'est pas avantageux de pousser l'évaporation jusqu'à siccité complète. Le résidu est repris par l'alcool absolu, à froid; ce nouvel épuisement doit être t'ait avec beaucoup de soin : souvent les matières s'agglutinent et forment des amas résineux qu'il est difficile de bien mettre en contact avec l'alcool; il est commode, en ce cas. de broyer

'J'ai adopté pour ces évaporations dans le vide les dispositions suivantes qui me semblent assez pratiques :

Les cloches a vide ont, à leur base, un bord rodé large d'environ 3 centimètres; cette large surface de contact entre la platine et la cloche permet d'employer, pour le graissage, de la vaseline (vaseline brune ordinaire), au lieu < I n suif dont on se sert habituellement : ce qui offre quelques avantages : la vaseline s'étale facilement, avec un couteau il- lidi>. sur le rebord des cloches : le nettoyage des cloches et des platines est très aisé : l'occlusion est aussi parfaite qu'avec le suif. — niais seulement à la condition d'employer des cloches à large rebord ; — les fuites, ?'il y en a, s'aperçoivent aisément par les fissures qui se produisent clans la couche transparente comprise entre le bord de la cloche et le plan de verre. — On tour de main très simple permet de séparer sans peine la cloche de la platine : opération qui esl quelquefois difficile avec le suif. — Par les grandes chaleurs, la vaseline devient un peu trop fluide pour cet usage; en ce cas, il esl bon d'y dissoudre à chaud un peu de paraffine. — Les cloches mit vu-- le bas nue tubulure latérale où se li\'' un robinet de verre -ut une monture rodée : cette disposition esl la meilleure; elle n'offre pas les inconvénients des robinets placés au sommet des cloches (chutes, dan- les liquides a évaporer, de petits corps étrangers entraînés avec le courant d'air, quand on ouvre le robinet), ni 1er- difficultés de construction de- robinets portés par la platine. — L"s liquides a évaporer -mil étale- sur une grande surface, dans de- capsules plates i>u dans de tié- larges verres de montre superposés. — l'our avoir aussi une viande surface desséchante d'acide sulfurique, nous superposons dans un cristallisoir cinq mi .-In: plateaux de plomb, formant des sortes de cuvettes très basses, de 3 à 4 millimètres de profondeur; l'ensemble des plateaux contient environ un litre d'acide; un les remplit jusqu'à les faire déborder. A mesure que l'hydratation de l'acide s'effectue, la couche fortement aqueuse qui se forme à la surface déborde des plateaux et tombe dans le cristallisoir ; on conserve ainsi à la surface de chaque cuvette une couche d'acide relativement concentré, dont l'action desséchante dure assez longtemps. — Dans ces conditions, l'acide étant renouvelé une fois par vingt-quatre heures, on arrive à évaporer complètement, dan- une seule cloche, un litre de liquide en trois nu quatre jours. (Doc. du Lab. de Toxicologie. P. Brouardel et J. Ogier. Baillière, 1891.)

- Il y a souvent dan- la masse deyenue pâteuse des formations de huile- de vapeur donnant naissance à de brusques soubresauts e1 a des projections de matières sur les parois de la cloche. C'est un inconvénient a--ez grave, el qu'on ne peut guère éviter.

l,i masse dans un mortier en présence de l'alcool el en ajoutant une certaine quantité de sable. — Le liquide alcoolique est évaporé dans le vide. ( Mi dissout le nouveau résidu dans l'eau, et on opère comme il esi <lil plus loin.

Si l'on préfère éliminer l'alcool par distillation, il corn ienl d'opérer à une

température peu élevée, | r éviter la destruction de certains alcaloïdes.

Le Liquide est introduit dans une cornue tubulée, que 1 on maintient dans un bain-marie chauffé vers — 35°. L'évaporation serait fort longue à cette température; on l'active en faisant passer dans le liquide un fort courant d'air, ou mieux d'acide carbonique.

Distillation dans le vide. — Le meilleur système consiste à distiller

Fiyj. 30. — Distillati lans le vide.

dans le vide : les opérations sont par là considérablement abrégées, et on peut récupérer la plus grande partie de l'alcool employé; ce <|ui n'es! pas indifférent, car dans le mode opératoire que je décris ci-après les volumes d'alcool nécessaire finissent par être assez importants.

La distillation s'opérera dans un appareil du genre de celui que représente la figure 36.

Le liquide alcoolique est contenu dans un ballon A de deux à trois litres

environ1, chauffé au bain-marie; on règle la température de telle .-sorte que le thermomètre C plongé dans le liquide se maintienne vers -\- 35° à -\- 40°. Par le tube 13, muni d'un robinet, on laisse rentrer constamment de très petites huiles (raii- pour faciliter l'ébullition ; ce tube serl aussi à l'introduction de nouvelles quantités de liquide, sans qu'il soil besoin de démonter l'appareil. 1) est un serpentin entouré d'un courant d'eau froide; F est un flacon de deux à trois litres destiné à recueillir l'alcool condensé ' ; l'une des tubulures ( '■ communique avec la trompe à eau, à l'aide de laquelle on maintient dans l'appareil un vide de ion 5 centimètres ; la pression est indiquée par le manomètre M. — Quelquefois, il se produit un peu de mousse au début ; on la fait tomber en laissant rentrer un peu d'air par le robinet D : après quelque temps, l'ébullition devient régulière ; on pousse la distillation jusqu'à ee que le résidu ait une consistance sirupeuse, niais il faut se garder d'aller jusqu'à siccité. A ce résidu on ajoute une forte proportion d'alcool à (.t.">°, qui détermine une abondante précipitation de matières extractives : ces matières, de couleur brun jaune clair, sont en flocons qui se réunissent par l'agitation sous forme de masses visqueuses3. On les sépare par filtration. Sur le liquide filtré on vérifie que l'addition d'une nouvelle quantité d'alcool ne détermine plus aucune précipitation. Sinon on en ajoute une nouvelle proportion, et on continue à filtrer. — La deuxième solution alcoolique est alors concentrée par distillation dans le vide de la même manière que la première : celle seconde distillation peut être conduite très rapidement ; la mousse n'est plus à redouter. Sur le résidu sirupeux obtenu, on recommence la précipitation par l'alcool, en employant cette fois de l'alcool absolu ; on filtre et on distille dans le vide. En général ces trois traitements successifs par l'alcool sont suffisants : on le constate en ajoutant au troisième résidu un peu d'alcool absolu, qui ne doit plus pro-

1 II n'est guère prudent do dépasser ce volume, les ballons trop grands risquanl de - i briser sous la pression atmosphérique. En tout ras. il est indispensable d'essayer d'avance, en faisant un vide complet, si le ballon est d'épaisseur suffisante pour résister.

1 L'alcool recueilli, provenant du traitement de viscères putréfiés, offre une odeur très désagréable; il contient beaucoup d'eau, de l'ammoniaque, des méthylamincs, ri'1. Pour le régénérer, on peut neutraliser par un excès d'acide sulfurique, puis ajouter un petit excès de potasse, et enfin un petit excès d'acide tartrique : on filtre pour séparer les sels précipités, on distille rapidement dans un alambic en cuivre, jusqu'il ce que le thermomètre atteigne loi)'. On rectifie ensuite dan- nu appareil a colonnes, tel que celui de Glaudon et Morin, qui fournit sans difficulté do l'alcool à. 93». Le produit ainsi piu'ifié,

bien que gardant une mauvais leur, peut très bien servir a de nouvelles extractions,

et il est même préférable a beaucoup d'alcools commerciaux réputés purs.

3 II osl commode délaisser rentrer l'alcool par le tube B, pendant quele résidu sirupeux est encore un peu chaud ; le mélange se l'ait plus facilement; mi démonte alors le ballon ol on le place sous un courant d'eau froide en agitant fortement; les matières extractives -.■ précipitent peu a peu. — Si la distillation a été poussée trop loin, le résidu solide est plus difficile a. épuiser par l'alcool. Pour faciliter le contact dos matières gommeuses et do l'alcool, il est bon, dans ce cas, d'agiter très longuement après avoir introduit dans le ballon des corps inertes, tris que dos morceaux de papier à filtrer.

I i; \l 1 i: DE CHIMIE TOXICOLOGIQUE Dans le cas contraire, on continue à ajouter de l'alcool,

duire de précipité ;'i distiller, etc.

11 convient maintenant de chasser rigoureusemenl toute trace d'alcool : on y arrive en ajoutant au résidu un peu d'eau, 100 ou 150 centimètres cubes par exemple, et en distillanl jusqu'à ce qu'il ne passe plus d'alcool. Le résidu est une solution aqueuse el acide qui contient les alcaloïdes el les glucosides, el «gui est généralement trouble; comme il peul y exister des alcaloïdes insolubles dans l'eau, il ne faut pas filtrer celle solution. On l'épuisé immédiatement par l'éther, selon la modification d'Otto. L'éther employé il<>it être bien exempt d'alcool : je préfère, pour cel usage, le> éthers régénérés des résidus de précédentes opérations à l'éther commercial, qui trop souvent renferme de l'al-

< I en quantité notable; si l'on se serl d'éther neuf, il

faut avoir soin de le laver à l'eau à deux ou trois reprises. — L'épuisement doit être fait avec soin ; on introduit le liquide dans un flacon, avec son volume d'éther, et on agite fortement pendant deux ou trois minutes : l'éther est séparé par décantation au moyen d'une boule à robinet de la tonne ci-contre fig. 'M . Si l'on a bien suivi le mode opératoire indiqué, et si l'on a bien complètement précipité par l'alcool les matières extractives, l'agitation avec l'éther ne produit pas d'émulsion. 11 arrive souvent au contraire, quand les purifications préliminaires ont été incomplètes, que les liquides forment une émulsion qui est fort longue à se dédoubler. En pareil cas. ]e mieux esl de jeter sur un Fi„. 37, filtre l'émulsion éthérée, et de l'abandonner jusqu'au

lendemain en recouvrant d'une grande cloche 1 entonnoir cl le flacon ijui le supporte : peu à peu l'émulsion se dissocie et les deux couche-, peuvent être aisément décantées'.

L'épuisement par l'éther est renouvelé une seconde el une troisième fois sur le liquide aqueux décanté. Les solutions éthérées, que nous désignerons pour abréger sous le nom d'éther acide c'est-à-dire provenant de l'épuisement en solution acide . sont réunies, évaporées, et les résidus sont soumis aux expériences convenables pour mettre en évidence les composés toxiques, peu nombreux d'ailleurs, qu'ils peux eut contenir glucosides,

' On recommande parfois, pour faciliter la séparation des liquides émulsionnés, d'ajouter

p: jques gouttes d'alcool; ce tour de main, outre qu'il est souvent inefficace, ne doit pas

être employé ici, puisque l'addition d'alcool pourrait amener la dissolution partielle des

l' alcaloïdes, dissolution qui doit être rigoureusem nt évitée dans cette première partie

de l'opéraUon.

parmi lesquels la digitaline, traces de quelques alcaloïdes peu importants, acide salicylique, etc. .

La solution aqueuse esl maintenant alcalinisée par du bicarbonate de soude ou ilf potasse. Lorsqu'il ne se produil plus de dégagement d'acide carbonique et que la liqueur présente une réaction alcaline, on filtre rapidemenl le liquide sur du coton de verre, pour séparer l'excès de sels alcalins, el on épuise, à deux ou trois reprises, leliquide aqueux par Féther. Ce dissolvant dissout alors les alcaloïdes; il esl à noter cependanl que la morphine, qui se dissout assez bien dans l'éther lorsqu'elle est à l'état amorphe ou qu'elle vient d'être précipitée, y esl très difficilement soluble si elle a |ni~ l'étal cristallin.

Ces secondes solutions éthérées que in»u- désignerons sous le nom tféther alcalin) sonl réunies, filtrées sur papier pour éliminer les goutte-

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