‹ Traité de chirurgie cérébraleChapitre 106 sur 305 · INCERTITUDE DES RÉSULTATS DÉFINITIFS · texte numérisé non relu

INCERTITUDE DES RÉSULTATS DÉFINITIFS

Chez ce malade — comme chez notre premier opéré et chez ceux de la plupart des chirurgiens — on attribuera peut-être une bonne part du succès au traitement hromuré suivi avec régularité. Nous sommes loin de contester son iniluence, et il serait déraisonnable soit d’opérer un sujet chez lequel on n’aurait pas essayé le traitement médical, soit de ne pas soumettre un opéré à ce traitement pendant des mois et des années après l’opération. Mais dans bien des cas la trépanation a réussi, alors que le bromure avait échoué, ou bien, comme chez nos malades, elle a permis au bromure, inefficace jusque-là, de modérer une épilepsie grave*.

1. Nous citerons encore, à titre de documents, les quelques observations suivantes ; Guérison. Leydkn, Berl. kl. Woch., 1894, p. 839. Début vingt-six. ans après le Irauina; trépan (par Bardeleben) sur un enfoncement; cessation de l’hémiplégie et des crises. — Wood et Cottkhel, Bi'il. med. Journ., S janvier 1893, t. I, p. lO.'î. Fille de trois ans et trois mois ; trauma à un an ; kyste entre la dure-mère et le cerveau. — Reeve, New-York med. Joui'n., 29 mars 1890, 1. 1, p, 348. Début deux ans après le trauma; trépan sept ans plus tard. — Djémil-Bey, Congr. franç. de chir., 1894, t. VllI, p. 346. Opération au quinzième jour de l’accident, puis incision d'un abcès cérébral. Guérison qui se maintient depuis trois ans. — Peyrot, Bull, et mém, de la Soc. de chir., Paris, 1892, t. XVII, p. 633. — n’AmoNA, Policlinico, Borna, Sèz. chir., 1894, n® .3. Huit trépanations pour épilepsie traumatique ; 3 guérisons suivies pendant un à deux ans. — J. -T. Ciiap.mann, New-York med. Journ., 9 décembre 1893, t. II, p. 707. Début de l’épilepsie trois semaines après une fracture du pariétal; trépanation quelques années après, sur la fracture ; continuation des accès pendant 1 deux mois puis amélioration et guérison, qui se maintient au bout de quatre ans et I demi. — Mc Dokai.d, of ne?'V. a?id ynent. dis., N evf -York, 1886, n. s, t. XI, p. 488

I (2 observalions). — Amélioration. A. Kôuler, Réiin. libre des chir. de Berlin, I 12 oct. 1891, d’après Mercredi médical, p. 343. — Casei.i.i, Riforma med., Napoli, ' 2 nov. 1891, t. IV, p. 289. Quatre observations dont deux sans accès depuis quatre et : six mois. — G. Fois, La clinica chir., Milano, 31 oct. 1894, t. Il, n® 10, p. 367 (trépanation par Biondi). — Boucher, Cong. de méd. mentale, Rouen, 1890, p. 308 (trépanation par Hue). — D.Moluèhe, Congr. franç. de chir., t. I, p. 299. — V. Marchb- 3AXO, La Sicilia medica, Palerme, 1891, t. III, fasc. 5 et 6. Homme de quarante-trois ' ans, ayant depuis l’àge de quatorze ans des crises, à la suite d’une fracture du frontal droit par coup de pied de mule, troubles mentaux. Trépané le 13 juin 1890. sur l’enfoncement; incision de la dure-mère, cerveau sain. Cessation de la céphalalgie et ■ du délire; amélioration des crises (observation pendant six mois). — Eskridoe, Med. News, Philad., 13 oct. 1894, t. H, p. 393. Obs. I, femme de trente-trois ans; épilepsie depuis dix-huit ans, à la suite d'un trauma à l’âge de cinq ans ; excision du centre du pouce et de l’index droits ; os, méninges et cerveau normaux. Amélioration considéj rahle. Obs. H, homme de vingt-neuf ans, début trois mois après une fracture du pariée I tal ; trépanation sur un enfoncement sans ouvrir la dure-mère. Grande amélioration.

I —Résultat nul. Maunoury et Ca.musbt, Arch. de neurol., Paris, 1892, t. XXIV, n® 70,

I p. 33. Opéré neuf ans après le trauma ; dure-mère non incisée. — Renseignements I' insuffisants. Roberts, Med. News, Philad., 16 décembre 1893, t. II, p. 684. — On I trouvera des documents nombreux dans : Wai.siiam, On trephining lhe skull in

BROCA ET MAUBRAC.

TllÉPANATION POUR ÉPIUEI’SIE TRAUMATIQUE

La conclusion n’cst donc point que nous devions nous décourager. C’est quelque chose que d’améliorer soit les crises, soit les paralysies, soit les troubles mentaux, soit la céphalalgie, soit plusieurs de ces symptômes à la fois dans les cas complexes ; que de transformer des attaques de grand mal en attaques de petit mal. Entre les résultats parfaits et les résultats nuis existe toute la série graduée des améliorations, dont nous ne sommes pas en droit de faire fi, pour une maladie par elle-même incurable. On peut, sans doute, objecter que, si elle est incurable, elle est cependant susceptible de rémissions spontanées quelquefois complètes et fort prolongées : mais, ce serait déjà quelque chose, si le trépan n’avait pour effet que de provoquer une de ces rémissions. L’argument est de nulle valeur pour l’opposer à l’intervention, mais A. Poucet (de Lyon), a eu parfaitement raison de déclarer qu’il fallait en tenir compte avant de parler de guérison.

Quelquefois, enfin, lorsque les accidents ont récidivé, le chirurgien a opéré de nouveau : Kôhler, Navratil, Salzer, Braun, Poncet, Ollier' ont obtenu ainsi des améliorations successives.

Nous remarquerons, en terminant, que les résultats nuis sont d’ordinaire l’apanage des cas anciens, où l'on a laissé aux lésions dégénératives le temps de prendre une importance trop grande. . L’échec étaitprévu chez les malades de Girard% de Duchamp^ ; la paralysie avec contracture révélait une dégénération secondaire probablement incurable. Nous croyons cependant qu’on a bien i fait d’intervenir, car, dans des cas cliniquement analogues, on a i parfois obtenu des résultats au moins partielsL

traumatic epilepsy. S‘ Barlh. hosp. Rep., London, 1883, t. XIX, p. 127 (tableau de ’ 130 cas). — J. Tellier, Des suites éloignées des traumatismes du crâne et de leur r traitement par la trépanation. Th. de docL, Lyon, 1890-1891, n“ 360.

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