LEURS VARIETES
Cela dit, entrons dans l’étiide spéciale des infections intracrâniennes consécutives aux otites moyennes suppurées.
Ces complications sont de trois espèces :
1® Les méningites ;
2" La phlébite des sinus;
3” Les abcès, situés entre l’os et la dure-mère, ou dans l’épais- I seur môme de la substance nerveuse, cérébrale ou cérébelleuse'.
L’existence, la nature de ces lésions, sont connues depuis longtemps, et nos devanciers s’elTorçaient d’en établir, avec autant d’exactitude que possible, le diagnostic et le pronostic. Mais malgréleurs études une certaine confusion persista jusqu’à ces dernières années. Naguère encore, en elfet, le traitement chirurgical était i nul. Il n’en est plus de même aujourd’hui et, grâce à l’antisepsie, nous pouvons intervenir avec chances de succès ; aussi avons-nous I besoin de posséder sur ces questions des notions anatomo-patho- ! logiques, étiologiques et cliniques auparavant inutiles.
Une fois que, par des autopsies judicieusement exécutées, on i eut acquis les premières données, c’est par les interventions chirurgicales elles-mêmes, véritables autopsies sur le vivant, que nos connaissances se sont perfectionnées, que nous avons pu étudier les lésions au début, et tenter ensuite d’établir un diagnostic précoce et précis.
On comprend la grosse importance de ce diagnostic, car les chances de succès sont anatomiquement bien différentes dans les trois catégories de lésions que nous venons d’énumérer. Il n’est pas indifférent d’allei’ à la recherche d’un abcès imaginaire du cerveau alors qu’il n’existe que de la pyémie; d’ouvrir un abcès dans le cervelet et d’en méconnaître un second développé dans le cerveau ; et de négliger une phlébite du sinus latéral parce qu’on aura ouvert et drainé un abcès du cerveau.
La question, par malheur, est parfois assez complexe en clinique, car ces trois ordres de lésions ne sont pas toujours isolés, comme
1. Korneu, loc. cil., p. 3, a relevé M’i cas de complications intracrâniennes mortelles et il trouve coinnie proportions : phlébite des sinus, 41 cas; abcès, 43; méningite, 31. Les chiflres de N. Pitt sont : phlébite, 22; abcès, 18; méningite, 25 (mais dont 10 compliquées de phlébite on d’abcès).
MENlNf.rTES D’ORIGINE AURICULAIRE
on le croirail, si ou prenait au pied de la lettre les descriptions didactiques, forcément un peu schématiques. De là des obscurités cliniques réelles, dont on aurait tort, toutefois, de trop s’elTrayer, car les lésions deviennent surtout complexes lorsqu’on les laisse évoluer sans intervenir. Si l’on opère dès le début des accidents, on trouve souvent une des lésions à l’état de pureté, ou tout au moins assez prédominante pour que l'action chirurgicale soit efficace.
Aussi, tout en reconnaissant que souvent la description didactique exige des démarcations que ne respecte pas la nature, sommes-nous en droit, sans sortir trop do la réalité clinique, d’étudier successivement les méningites, les phlébites, les abcès. Mais dès le début nous avons cru utile de montrer la complexité fréquente des lésions, la difficulté habituelle de leur diagnostic exact, car c’est précisément à cause de cela que nous conseillerons de les attaquer par un procédé opératoire capable de convenir à toutes et que nous préconiserons la voie mastoïdienne.