Jaboi-lay, Obs. publiée dans la Ibése de Masson, p
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et nous en concluons nettement à l’indication, déjà formulée dans l’étude des accidents primitifs, de ne pas laisser persister, sur la foi d’une innocuité hypothétique, les compressions cérébrales sans plaie par épanchement sanguin et surtout par enfoncement osseux. L’expectation peut donner de bons résultats immédiats, mais elle compromet l’avenir; tandis que l’intervention immédiate, qui n’offre aucun danger par elle-môme, met presque toujours le blessé à l’abri de ces menaces futures. De môme, c’est avant que la suppuration ne s’y soit installée, qu’il faut désinfecter une fracture du crâne avec plaie, car lorsque l’abcès cérébral est constitué, notre action devient trop souvent médiocre. Et l’on arrive ainsi, au nom des accidents cérébraux secondaires ou tertiaires, à réhabiliter jusqu’à un certain point le trépan préventif des anciens, dans un sens différent, il est vrai, car l’indication nous en est fournie surtout par les enfoncements, avec ou sans plaie, même lorsqu’ils ne s’accompagnent pas de troubles cérébraux immédiats.
CIIAPITHE II
LES COMPLICATIONS INTRACRANIENNES DES OTITES MOYENNES
SUPPURÉES
Avant d’entrer dans la description des faits que nous désirons étudier dans ce chapitre, nous mettrons en relief une donnée tout à fait importante à retenir. Le traitement des complications intracrâniennes des otites, quelle que soit leur modalité, doit avant tout être préventif : les abcès cérébraux, méningites, phlébites sont fréquents ' lorsqu’on laisse évoluer, devenir chronique, une suppuration de la caisse et de l’apophyse, avec ou sans fistule mastoïdienne; ils sont rares, au contraire, si, par les moyens chirurgicaux appropriés, on arrête l’infection dès le début. Ces proportions sont, sans doute, difficiles à fixer par des chiffres, mais sur plus de 100 mastoïdites aiguës ou chroniques que l’un de nous a opérées, il n’a observé qu’une seule méningite post-opératoire, dans un cas où les délabrements osseux étaient extraordinairement graves (obs. XVII) ; d’autre part, un seul des malades a été emporté, plusieurs mois après l’intervention, par une infection méningoencéphalique que la chirurgie a été impuissante à prévenir; par
1. Sur la frûquence relative des morts par otite moyenne, morts dues pour la plupart à des complications intracrâniennes, voyez des relevés d'autopsie faits par BARKEn {lllustr. med. News, London, 1889, t. IV, pp. 10, 35, 63, 82, 108\ par N. PiTT (BriL med. Journ., 1890, t. 1, pp. 643, 771, 827) dans les registres de divers hôpitaux de Londres. Qmant à la fréquence des complications morlelles par rapport au nombre des otites, Barker l’évalue à 2,5 p. 100. D’après lui, les chilfres donnés par Bezoi.d {A?’ch. f. Ohrenh., 1884, t. XXI, p. 221), sont trop faibles. — On consultera les travaux d’ensemble suivants, où l’on trouvera toute la bibliographie ancienne ; A. Robin, Thèse d’agrég. en méd., Paris, 1883. — Otto Kôunku. Die otilischen Erkrankungen des Ilirns, der Hirnhüule icnd der Blulleiler, Frankfurt am Main, 1894.
— W. Macewen, Ptjogenic infeelive diseuses of /lie brain and spinal cord, Glasgow, 1893.
— A. Broca, Bull, de la Soc. anal., Paris, 1894. p. 561 ; Rev. pral. d’obsl. el de pwdiatrie, 1894, pp. 206,225, 289; Gaz. hebd. de méd. el chir., 1893, p. 445.
COMPLICATIONS INTRACRANIENNES DES OTITES
contre, il a vu succomber sept sujets à des complications intracrâniennes antérieures à l’o])éralion.
IS'ous ne voulons pas insister ici sur ces faits, ([iie l’iin de nous a étudiés ailleurs*. jXous désirons simplement affirmer, dès le début de ce chapitre, que les complications mortelles deviendraient tout à fait rares, si l’on opposait aux otites moyennes aiguës, avec ou sans mastoïdite, un traitement précoce et énergique.
Deux points seulement méritent d’être mis en relief, l’un clinique, l’un anatomique.
En clinique, souvent le début de ces complications coïncide avec une suppression plus ou moins brusque de l’otorrhée. Aussi les médecins anciens avaient-ils incriminé une métastase et de là, parmi les profanes, le préjugé, encore vigoureux, que les écoulements d’oreilles doivent être respectés. En réalité, l’écoulement cesse parce qu’il y a un obstacle mécanique, tel que des granulations polypeuses, et c’est la rétention du pus qui favorise la propagation infectieuse vers l’intérieur du crâne.
En anatomie pathologique, il faut savoir que dans les otites ainsi compliquées, il y a volontiers ostéite condensante de l’apophyse mastoïde, avec annihilation presque complète du système cellulaire. Quoi qu’on en ait dit, cette hyperostose, qui empêche la migration du pus vers l’extéi’ieur, la facilite vers l’intérieur. De là une notion importante pour l’opérateur. Toujours, comme nous chercherons à le faire voir, le premier soin du chirurgien devra être d’assurer, par l’évidement pétro-mastoïdien, la désinfection de l’apophyse et de la caisse. Mais on sera averti que dans les apophyses éburnées, la recherche de l’antre est difficile et que parfois on devra être prêt à la pratiquer en partant de la caisse, par l’opération dite de Stacke (voy. obs. XX). Dès le début de cette étude, et malgré des assertions contraires, nous désirons affirmer que, quelle que soit la complication intracrânienne observée, même si on diagnostique une éhurnation de l’apophyse, il faut avant tout ouvrir largement toutes les cavités auriculaires existantes.
1. A. Broca. et F. Lubet-Barbon, Les suppuralions de l'apop/iyse masloide et leuf Irailement, 1 vol. in-S®, Paris, 189S.