Hertzoo, Disscrl. inaiig,, Halle, 1892, obs
MÉNlNGITIiS CURABLES IJ’ORKRNE AURICULAIRE
celte époque, renl'anl a élé très malade, et c’est après son rétablissement, en avril 1892, qu’on l’a amenée à la clinique du D" Lubel, où on l'a soignée par les moyens ordinaires, L’olorrhée a néanmoins persisté, et le 22 féorier l’enfant a été envoyée à l’hôpital Trousseau, pour un abcès mastoïdien qui venait de se former, avec lièvre, douleur, insomnie.
Le 24 février, incision, trépanation au lieu d’élection, curettage de la caisse, qui est remplie de fongosités.
Après les pansements habituels, l’enfant sort guérie le 13 avril, ayant • il est vrai, toujours de l’otorrhée.
Elle nous est ramenée le 7 aoûl, pour une fistulette, qui vient de se rouvrir derrière l’oreille. Suppuration peu abondante par le conduit et par la fistule.
Pendant les quelques semaines que l’enfant est restée à l’hôpital avant d’être de nouveau opérée, elle a présenté plusieurs accès fébriles, dont on se rendra compte par l’examen de la courbe de températures.
Du 12 au 25 septembre, la tempéi’ature fut normale, l’état général fut bon, mais le 25 commença une légère hyperthermie qui s’accentua le lendemain, avec céphalalgie, assoupissement.
Le 27, la fistule fut donc curettée, et elle conduisit jusque dans la caisse par un trajet fongueux, sans os malade.
Après cette intervention, l’étal resta grave, avec menaces de méningite, pendant dix jours; puis il s’améliora. Il y eut encore (juelques poussées, mais moins intenses, et finalement, depuis le 21 octobre.
MÉNINGITES CURABIÆS D'ORIGINE AURICULAIRE
date A laquelle sont arrêtés les tracés thermométriques, la température fut normale et l’e'tat général excellent.
Les pansements ont été laits comme de coutume.
Le lo dpcembre, la plaie postérieure est cicatrisée, mais il j)ersiste une suppuration odorante par le conduit, la caisse bourgeonne et saigne facilement.
Le 3 février 1893, examen par M. le D'" Boulay. L’oreille droite présente une très large perforation. On monte avec le stylet jusque dans l’attique, où on ne sent pas d’os dénudé. A gauche, membrane disparue, Le stylet ramène des masses caséeuses.
Dans le courant de février, s’est rouverte une fistulctte qui, d’ailleurs, suppure à peine. Cette listule s’est cicatrisée en quelques jours.
Observation XIX. — Mastoidiie avec symplômes de méningile. Trépanation
de l'apophyse et de la caisse. Guérison (A. Broca, Bull, de la Soc.
anat., 1894, p. 582).
Fran... (Émile), âgé de sept ans, est entré le 10 jvin 1893 à l’hôpital Trousseau, salle Denonvilliers.
On note les antécédents suivants : â cinq ans, il a eu une grande fièvre ; à six ans, la rougeole. H y a cinq ou six mois, il a fait une chute sur la tête : à ce moment, il n’a pas eu d'otorrhagie. Quinze jours après, sans avoir aucun écoulement, il s’est plaint de l’oreille droite, mais ces douleurs n’ont pas tardé à disparaître, et l’enfant s’est très bien porté jusqu’au 3 juin. Il est à signaler toutefois que, depuis quelque temps, il était atteint d’un coryza rebelle, avec voix nasonnée et ronflement la nuit.
Le 3 yia'n, après s’étre promené toute la journée, il se plaignit de souffrir beaucoup de l’oreille droite; en même temps il avait une forte fièvre. Le 3 juin, après une légère accalmie, les douleurs reprirent, plus violentes encore, et dans la journée l’oreille donna issue à un écoulement de pus jaune. Dans la nuit du 9 au 10, nouvel écoulement; cette fois constitué surtout par du sang. Le 10 au matin, la mère remarqua un gonflement derrière l’oreille et se décida â amener l'enfant à l’hôpital. Pendant toute la semaine, l’état fébrile s’était progressivement aggravé.
A l'entrée, la température marquait -40 degrés; l’enfant n’avail pas conscience de ce qui se passait autour de lui, état typhique très accusé, délire, pupilles égales, pouls régulier, lèvres et langue fnligineuses. On voit dans le conduit des croûtes sanglantes. Derrière 1 oreille existe un œdème peu prononcé, mais l’apophyse est douloureuse à la pression, comme l’enfant en témoigne par un geste.
La trépanation fut pratiquée le jour même, à 4 heures du soir
MÉNINGITES CURABLES D’ORIGINE AURICULAIRE
11 n’y avait pas de pus sous le périoste. Les cellules, ouvertes au lieu d’élection, ne contenaient que quelques fongosités, mais en les curettant je trouvai que l’os était friable en arrière et en l’évidant je rnis à
nu le sinus latéral, autour duquel il y avait une petite quantité de pus fluide et sanguinolent. Cela fait, pour éviter à coup sdr toute rétention de pus, je trépanai et curettai le canal de l’an- Ire et la caisse: il y avait des fongosités, mais les osselets étaient sains. Tamponnement à la gaze iodoformée, comme de coutume.
Dans la soirée, la température était tombée à 38“,9 et le lendemain matin elle était à 37°, 2; à partir de ce moment, elle ne bougea plus de 37 degrés à 37", 3. Le premier pansement fut fait le 1.3 juin, il n’y avait pas de pus. L’enfant sortit et revint se faire pan.ser deux fois par semaine. A partir du 18 /t/in, la cavité commença à suppurer.
19 juillet, le fond de la cavité bourgeonne bien et se comble. En bas, on voit l’apophyse blanche, nécrosée.
16 septembre. Le séquestre est mobile et est extrait.
A partir du mois d’octobre, l’enfant fut ramené au pansement avec beaucoup moins de régularité.
20 décembre, 11 est revu avec un pertuis cicatrisé derrière l’oreille. 11 y a un peu d’otorrhée.
L'examen bactériologique du pus, pratiqué par M. Pérou, a révélé la présence du streptocoque.
La complexité clinique est même quelquefois plus grande, encore, et un abcès mastoïdien peut à lui seul causer des troubles mentaux remarquables.
Ainsi Robin cite un malade auprès duquel Brown-Séquard fut appelé par le D'’ Elmyra, de New-York, et que l’on croyait atteint de paralysie générale. En percutant le crâne, Brown-Séquard détermina une vive douleur au niveau de l’apophyse mastoïde; en examinant la région, on y reconnut la présence d’une collection purulente dont l’évacuation amena la disparition de cette pseudo-paralysie générale.
C’est cette forme de méningite subaiguë et curable qui, en clinique, est la plus intéressante.
Tandis que dans sa forme aiguë la méningite emporte brusquement le malade, avec des lésions dont la gravité est surtout due à