DIAGNOSTIC DU SIÈGE D’UNE TUMEUR ENCÉPHALIQUE
quefois la netteté des symptômes estsulTisante pour que l’on puisse reconnaître cette multiplicité, souvent on sera induit en erreur, car on aura tendance, naturellement, à croire à une tumeur unique avec symptômes discordants et indirects.
Dans ces tumeurs multiples, qui sont le plus souvent des tubercules, la symétrie est loin d’être rare. On a observé la même disposition pour des sarcomes' .
L’importance, l’existence, la nature de tous les symptômes de localisation ne dépend pas seulement du siège de la tumeur, mais encore de son mode anatomique d’évolution, suivant qu’elle irrite le tissu nerveux plus qu’elle ne le détruit, ou inversement; suivant qu'elle s’accroît plus ou moins vite ; suivant aussi qu’en s’accroissant elle est encapsulée, cas auquel elle agit surtout par irri tation ou compression des parties voisines, ou diffuse, cas auquel elle détruit les parties auxquelles elle se propage. 11 y a là des notions qui peuvent servir, jusqu’à un certain point, pour reconnaître la nature de la tumeur. Ainsi, les tumeurs encapsulées telles que les fibromes, les kystes, ont bien moins de tendance que les tubercules, les sarcomes à produire des phénomènes d’irritation (Byrom- Bramwell).
Si l’on pèse avec soin toutes ces données, dans l’examen de chaque malade en particulier, et après avoir bien assuré le diagnostic de l’existence de la tumeur, après avoir déterminé, dans la limite du possible, la nature de cette tumeur, on arrivera très souvent à faire le départ à peu près exact entre les symptômes directs et les symptômes indirects : la preuve en est fournie par le nombre déjà considérable des cas où le chirurgien est arrivé à souhait sur le néoplasme diagnostiqué. Mais quoi qu’on fasse, on restera sur la réserve, on se gardera des affirmations téméraires, car les symptômes de pseudo-localisation, comme les appelle Byrom-Bramwell, ont induit les plus habiles en erreur.
Pour résumer tout ce qui précède, nous pourrions, prenant la question en sens inverse, reprendre région par région les divers groupements symptomatiques propres aux tumeurs des diverses
1. Faits publiés par Ormeuod et U. White, à la Path. Soc. of London, d’après Lancet, 1889, t. 1, p. 274.