HERNIE DU CERVEAU. STATISTIQUES CÉNÉRALES
mandarine. Peut être Sailli a-t-il raison de penser que, si on faisait une très large trépanation, la décompression cérébrale serait suffisante pour que ces hernies ne fussent plus à craindre, mais les faits prouvent que l’opinion de Ilorsley est trop exclusive.
Une fois la hernie produite, elle peut aggraver notablement le pronostic ; immédiatement, parce qu’elle s’accompagne, par troubles circulatoires, de lésions interstitielles dont Sahli, Jaboulay ont fait voir l’importance ; plus tard, parce qu’elle nécessite souvent des pansements répétés, au cours desquels une faute d’antisepsie est assez facile à commettre, d’où des accidents d’encéphalite mortelle. Dans ce dernier cas, il est vrai, on peut toujours se demander si la hernie n’était pas primitivement de cause septique.
La hernie cérébrale ordinaire, celle qui se produit peu à peu sous l’influence d’une encéphalite localisée, a été observée bon nombre de fois, et la plupart du temps les malades ont succombé. C’est donc une complication grave : nous n’y insisterons pas, cependant, pas plus que sur la méningite, elle aussi malheureusement fréquente. Pour éviter ces accidents, on n’a qu’à obéir à la loi fondamentale de la chirurgie moderne : opérer aseptiquement.
Statistiques générales. — Les statistiques qu’on a établies pour déterminer le résultat de l’intervention chirurgicale dans les tumeurs, ont presque toujours réuni des faits très différents les uns des autres, et les chiffres qu’elles nous fournissent ne peuvent être que d’un faible enseignement.
Comment en effet aligner et comparer la ponction d’un kyste de la région rolandique et l’ablation d’une tumeur maligne, infiltrée, volumineuse, sous-corticale? Ou bien, quel élément de comparaison entre ce malade, opéré dans le coma, pour une tumeur volumineuse, et cet autre malade, atteint d’une simple monoplégie spasmodique causée par une tumeur superficielle, facilement énucléable? Une saine appréciation ii’esL possible que par l’analyse des oas comparables. Aussi avons-nous résisté au plaisir facile de dresser une statistique personnelle et nous nous contenterons de citer celles qui existent déjà. Et tout d'abord celle de Dergmann :
TRAITEMENT DES TUMEURS INTRACRANIENNES
Observations de tumeurs cérébrales pro-
prement dites 7 opérations.
Tubercules . 4 —
Trépan explorateur 3 —
Tumeurs ayant existé avec d’autres syrn ■
ptomes (tumeurs de l’orbite, du cou). . 3 —
Syphilomes 1 —
Total 18 opérations.
Ces 18 opérations ont donné 8 guérisons. Mais plusieurs malades ont guéri <i\ec persistance de quelques accidents tels que :
Parésie, aphasie partielle, épilepsie, Seguin, Weir, etc.
Parésie et épilepsie Keen.
Paralysie Horsley.
Epilepsie Horsley.
Furent entièrement guéris les 2 malades de. . . Macewen.
— — — celui de Durante.
8 malades sont morts des suites opératoires :
2 par infection (Godlee, Bergmann).
1 par hémorrhagie (Birdsall).
5 de choc.
Enfin 2 malades ont succombé par la continuation des symptômes pour lesquels on était intervenu.
Les tumeurs opérées exclusivement d’après les symptômes cérébraux sont au nombre de 7. Elles sont dues à Bennett et Godlee, Hirschfelder, Horsley (2), Keen, Weir et Seguin, Birdsall.
3 malades sont morts: 2 de choc (Birdsall, Hirschfelder),! d’infection plus tardive (Bennett et Godlee).
4 malades ont guéri : chez F un d’eux, on nota une récidive de la tumeur peu après l’opération. Bergmann remarque pour les autres que bien peu de temps s’est écoulé depuis la publication de ces opérations et qu’il lui est difficile de se prononcer sur les résultats éloignés.
Knapp a publié, en 1891, un tableau comprenant 72 interventions pour tumeurs.
Dans 27 cas sur 73 (dans ces tableaux de Knapp, le fait de Fischer opéré 2 fois n’est compté que pour un seul) soit dans 1 /3 des cas, on n'a pu extirper la tumeur IG fois, en raison d’une erreur de diagnostic;