‹ Traité de chirurgie cérébraleChapitre 185 sur 305 · INTERVENTIONS POUR TUMEURS DU CERVELET · texte numérisé non relu

INTERVENTIONS POUR TUMEURS DU CERVELET

prise que contre les symptômes de l’excès de pression et non point dans l’intention d’enlever la tumeur. Dans quelques cas, les signes n’indiquaient pas exactement le siège de la tumeur; d’autres fois les signes locaux étaient bien marqués, mais la tumeur était trop profonde ou trop infdtrée dans le cerveau pour que l’ablation en fût possible.

Inlerventiom sur le cervelet. — Les statistiques dressées par Haie White, Starr, Bernliardt, contiennent un nombre proportionnellement élevé de tumeurs du cervelet, qui auraient pu être abordées avec succès par le chirurgien.

Haie White, sur 100 cas, trouve 7 tumeurs opérables du cervelet; Allen Starr, 96 tumeurs du cervelet, sur 300 tumeurs observées chez l’enfant, et un tiers environ soit 10 p. 100 du total, eût pu être opéré avec succès.

Mills et Lloyd, sur 100 tumeurs, en trouvent 9 du cervelet, dont 4 auraient pu être localisées et 3 extirpées.

Bernliardt, sur 485 cas, compte 90 tumeurs du cervelet, dont 41 auraient pu être localisées et 19 extirpées.

Quant aux résultats opératoires, voici les chiffres fournis par Knapp.

D’après le tableau numérique de Knapp, sur 5 cas de tumeurs du cervelet qui ont été extirpées, on compte 2 guérisons et 3 morts. Mais si on contrôle ce tableau par le sommaire des observations, on voit que ces chiffres doivent être rectifiés ainsi : extirpations de tumeurs du cervelet, 4 cas avec 1 guérison et 3 morts.

La statistique de Starr, plus récente, est aussi plus étendue. Cinq fois, le chirurgien a enlevé une tumeur du cervelet, 2 fois avec succès, 3 fois avec mort consécutive. Mais à côté des faits d’extirpation, il y a les faits dans lesquels le chirurgien n^’a pas trouvé la tumeur (9 cas) et ceux dans lesquels la tumeur, bien que trouvée, ne put être enlevée.

Le nombre total des interventions se trouve élevé dans notre statistique à 22, qui se décomposent ainsi :

7 ablations, 3 guérisons (Maunsell, Starr et Mc Burney, IHacewen), 4 morts (Suckling, May, Horsley, Parry) ; 15 cas dans lesquels la tumeur n’a pas été enlevée et qui ont donné 7 guérisons opératoires et 8 décès

EXTIUPATION DES TUMEURS ENCÉPHALIQUES

Les guérisons opératoires, sans extirpation, sont dues à ;

Amidon et Weir (le patient succomba dix semaines plus tard; sarcome) ; Knapp et Hradford (le patient mourut tardivement d’une hernie cérébrale compliquée d’encéphalite) ;

Macewen : deux cas, pour tuberculose ;

Maudsley : tumeur adhérente à l’occipital, qui ne fut point enlevée ;

Ivocher : enfant auquel après trépanation décompressive a été réséquée une hernie cérébelleuse ;

Postempski ; le malade a été deux fois trépané, avec succès, mais l’existence d’une tumeur est parfaitement douteuse.

De cette classe d’opérés, un seul est donc à retenir, comme guérison prolongée, celui de Maudsley, et encore la tumeur dépendait-elle peut-être plutôt de l’occipital que du cervelet.

Que signifient toutes ces études d’ensemble, où sont réunies des interventions curatives et palliatives, où se coudoient les localisations exactes, erronées et impossibles, où gisent pêle-mêle tuberculose, syphilis et cancer? Rien à nos yeux. La seule méthode scientifique consiste à étudier séparément, et sans trop de souci des chiffres, ce qu’ont donné les divers procédés thérapeutiques, radicaux ou palliatifs, selon la séméiologie et la nature de la tumeur traitée. C’est ainsi que nous allons envisager la question.

§ Ilf. — Traitement curatif.

Quel que soit le traitement qu’on se propose d’appliquer, il va sans dire qu’il faut d’abord avoir reconnu l’existence d’une tumeur intracrânienne ; cela fait, le traitement curatif ne sera réalisable que si les symptômes ont permis de localiser le siège de cette tumeur et si, d’autre part, la nature du néoplasme, la disposition des lésions sont favorables à l’exérèse ou tout au moins au drainage. C’est seulement quand on aura la réponse, positive ou négative, à ces diverses questions, qu’on entreprendra l’opération, et toujours on saura que l’on est exposé, même lorsque le plan opératoire paraissait bien réglé d’avance, à s'en tenir à une

IIHOCA ET MAimUAC.

iü2 EXTIllPATIOiN DES TUMEUMS ENCÉPIIAUQUES

intervculion oxploraLrice, heureux encore qu’elle puisse devenir palliative.

Voyons donc, dans le détail, les données cliniques et anatomopathologiques qui doivent régir nos décisions chirurgicales.

A. — Données cliniques.

Comme le dit tort justement Byrom-Bramwell, en étudiant au point de vue chirurgical la symptomatologie des tumeurs intracrâniennes, on doit établir les quatre catégories suivantes :

a). La tumeur est latente ;

^). Il y a des signes d’affection cérébrale dont on ne peut déterminer la nature ;

c) . Il y a des accidents de compression cérébrale dont on ne peut déterminer le siège ;

d) . Il y a des phénomènes de localisation.

Cette classification va nous être fort utile, mais nous ne dirons pas, avec son auteur, que seule la quatrième catégorie ressortit au chirurgien.

Les tumeurs latentes ne sont pas rares ; souvent le cerveau et le cervelet s’habituent mieux qu’on ne l’eût pensé à des compressions progressives; la chose n’est plus à démontrer C Des faits fort intéressants pour le chirurgien sont ceux où une tumeur reste latente jusqu’au moment où le crâne subit un trauma ; de là des problèmes cliniques parfois difficiles à résoudre ; de là aussi des discussions sur le rôle du trauma dans la genèse des néoplasmes. Nous ne reviendrions pas ici sur ces faits, que nous avons signalés’, si dans des cas de ce genre plusieurs chirurgiens n’avaient pratiqué une trépanation exploratrice, parfois palliative \

Sans être d’une fréquence extrême, les tumeurs cérébrales

1. Boüveuet {Lyon méd., 1893, t. LXXX, p. 269) a insisté récemment sur les tumeurs cérébrales absolument latentes jusqu'au moment d’un ictus apoplectique ou paralytique.

2. Voy. pp. 218, 232 (obs. de Ilulke). — Voy. également une observation de Car- RARA, Oiot'ii. d. R. Accad. di Torino, juin 1896, t. LVIII, n® 6, p. 270.

3. P. Vassal, Bull, de la Soc. anat., Paris, 1891, p. 30. Homme de trente ans, qui fit une chute de 2"’, 60 de haut et à partir de ce moment eut de l’hémiparésie gauche et du strabisme de l’œil droit. Deux mois après, attaque de coma. Après essai infruc-

Page 1