SES RÉSULTATS ÉLOIGNÉS
Lorsqu’il persiste quelques symptômes, et, en particulier, quelques crises d'épilepsie jacksonienne, faut-il croire tout de suite à une récidive, ou bien admettre que la cicatrice reste irritante, comme nous l’avons vu pour l’épilepsie traumatique? La question a une importance pratique, puisque, dans la seconde hypothèse, on doit s’en tenir à la médication hromurée, tandis que, dans la première, on peut être conduit à opérer de nouveau. Ces ablations de récidives, nous le savons, valent ce qu’elles valent pour tous les cancers, mais comme elles ont donné parfois des résultats appréciables, nous croyons, si les symptômes restent *' assez localisés, qu’on est en droit de les tenter. Nous avons déjà
I cité un cas de ce genre, où Czerny obtint trois ans et demi de
ÿ. survie par trois opérations successives; Cleghorn, Fischer n’ont I pas eu de bien brillants résultats, mais un malade de Wood est
i' bien portant depuis sept mois qu’il a subi la seconde intervention, et au bout de huit mois, chez un autre, Braun s’est cru autorisé à i obturer la brèche par un lambeau ostéoplastique *.
IAu total, il faut confesser que les succès complets, sinon définitifs,, au moins prolongés, sont rares, exceptionnels môme. A I vrai dire, la seule malade morte sans récidive au bout de quatre
I ans est celle de Maeewen; et, fait paradoxal, elle avait été opérée
I pour une tumeur métastatique. Mais, dans de nombreuses obser-
I 1. Czerny, voy. p. 424. — Cleghorn, Trans. of lhe inlercol. Congress of Auslra-
^ lasia, Melbourne, 1892, p. 368. Femme, vingt-six ans. Le H janvier 1892, ablation
I d’un sarcome globocellulaire de la partie supérieure de R. Résultat nul; hernie céré-
j braie. Deux mois et demi plus tard, ablation de la hernie, amélioration légère,
ï Quatre mois et demi plus lard, nouvelle excision; amélioration de la motilité. —
I Fischer, Berl. kl. Woch., 1889, p. 328; Verhandl. der deul. Ges. f. Chir., 1889,
♦ t. XVllI, p. 82. Homme, trente-sept ans. Le 2 juin 1888, trépanation sur F», sans rien
} trouver. Amélioration, puis reprise. Réincision de la cicatrice,, et cette fois, ablation t d'un sarcome globocellulaire. Amélioration qui dure deux mois, puis récidive et
; mort. — M’oon, Themed. and snrg. Rep., Philad., 12 janvier 1893, t. t, p. 48; New-
lork med. Journ., 23 mars 1893, t. l,p. 379. Homme vingt-huit ans. Epilepsie jacksonicnne, puis paralysie (bras droit); céphalalgie, névrite optique. Ablation d’un gliome sur le centre du bras. Hémiplégie complète, mais passagère. Puis on constate que la tumeur repullule sous la cicatrice. Nouvelle ablation. Cette fois, cessation de la céphalalgie et de la névrite optique, mais persistance de la paralysie du bras. Le résultat date de sept mois. — R.-W. Stewart, The med. and surg. Rep., Philad., 3 octobre 1893, t. H, p. 410. Homme. Trois opérations faites les 17 juin, 23 juillet, 10 août 1893. Après la dernière, cessation des crises épileptiques et il se forme une hernie cérébrale.
TUMEUIIS ENCÉPHALIQUES DIVERSES
valions, on a constaté des améliorations, deâ résultats palliatifs, des guérisons temporaires suffisants pour démontrer que l’opération doit être conseillée.
Ce qui rond l’indication formelle, pour les cas où le diagnostic de localisation est net, c’est qu’à supposer établi le diagnostic de néoplasme, après élimination de la syphilis et de la tuberculose, il est impossible de savoir au début si cette tumeur est bénigne ou maligne; or, nous voici arrivés à l’élude des tumeurs bénignes, pour lesquelles la chirurgie est capable d’aboutir à une guérison radicale, à condition, précisément, que l’opération soit précoce, que l’on n’attende pas plusieurs mois pour savoir si, de par son évolution, la tumeur est bénigne ou maligne.
4® Timieurs solides diverses. — Les diverses tumeui’s bénignes qu’on peut traiter par l’extirpation, et qui appartiennent soit aux méninges, soit à l’écorce cérébrale, sont trop rares pour se prêter actuellement à une étude d’ensemble. Aussi, nous bornerons-nous à mentionner les angiomes, les fibromes et à résumer les quelques observations que nous avons pu réunir*. Parmi les fibromes, une observation de Péan a été analysée précédemment ; nous ferons
fl
1. 1» Fibromes. — Keen, Am. Journ. of nied. sc., Philaci., -1888, t. XCVI, p. 330, obs. I. Homme, vingt-six ans; à trois ans, trauma crdnien. Début de céphalalgie névralgique en 1884; début d’épilepsie sans localisation bien nette (pouce ?). Trépané le 13 décembre 1887 sur une ancienne cicatrice. Ablation d'un fibrome pesant 3 onces, 49 grains et adhérent à la dure-mère. Guérison malgré des accidents septiques locaux accompagnés d’une hernie cérébrale. En 1894 (Am. Journ. of med. sc., 1894, t. GVII, p. 51), malade vivant; vue améliorée; attaques épileptiques très rares (une année sans attaques) et légères. — Jaboulay, loc. cit., obs. XV. Homme, trente-deux ans; céphalalgie depuis deux ans; épilepsie jacksonienne (face) depuis un an. Ablation d’un fibrome pie-mérien ; réapplication de la travée volante ; quinze jours après, ablation d'un morceau de tumeur non enlevé. Un peu d’aphasie transitoire consécutive. Amélioration graduelle, suivie pendant six mois. — Pel, Berl. kl. TVocA., 1894, n» 5, p. 105. Femme, quarante-six ans. Parésie progressive (doigts à droite) puis épilepsie jacksonienne, hémiparésie, aphasie. Le 24 octobre 1895, ablation (Rorteweg) d’un fibrome pie-mérien non adhérent au cerveau, assez volumineux. Mort en quelques heures. — 2“ Angiomes. — Breiieh et Gahson, Am. Journ. of med. sc., Philad,, 1890, t. G, n“ 3, p. 219. Homme, vingt-trois ans; début depuis trois ans, par des contractions spasmodiques du bras gauche et du cou. Peu à peu, hémiparésie; pas de signes d’hypertension. Le 26 mars 1890, ablation d’un angiome cortical et sous-cortical. Guérison, après hémiplégie passagère. — Poiiueh, Congr. franç. de dur., Paris, 1892, t. VI, p. 664. Homme, trente-quatre ans, épilepsie jacksonienne, accès tous les quinze jours. Ablation d’un angiome cortical. Kyste. Guérison après hémiplégie trans-