ABCÈS CÉRÉBRAUX DE CAUSE INCONNUE
Ces faits deviennent de plus en plus rares : nous l’avons déjà montré en faisant voir que nous avons appris à rapporter bien des abcès autrefois dits idiopathiques à des lésions traumatiques anciennes et surtout à des suppurations osseuses, auriculaires principalement. En outre, un foyer traumatique ancien et éloigné peut être la cause originelle: et malgré de longues années écoulées depuis les coups de feu reçus à l’épaule et à la poitrine par deux des malades d’Eskridge, ces abcès chroniques semblent bien être métastatiques.
Une porte d’entrée est d’ailleurs indispensable aux microbes pyogènes: elles abcès dits idiopathiques sont seulement ceux où elle reste ignorée.
Pour ces abcès, nous ne pouvons souvent pas déterminer la nature de la lésion, et la trépanation sera ici ce qu’elle est, en principe, pour les tumeurs cérébrales. La lièvre est à peu près seule à permettre de diagnostiquer le pus ; mais elle manque dans certains abcès chroniques, comme dans des observations d’Eskridge, de Specker‘; et d’autre part un cas, où Chipault et Demoulin^ ont cherché à tort un abcès dans la capsule interne, prouve qu’elle peut accompagner certains ramollissements emboliques avec état général infectieux.
Goldstein * est le seul auteur qui ait publié une intervention dans un abcès de ce genre, chez un homme de trente-trois ans, atteint de céphalalgie fixe, puis d’accidents d’hypertension intracrânienne. Après trépanation sur le point douloureux à la pression, la dure-mère, qui ne battait pas, fut incisée, et le pus fut trouvé. Il y eut amélioration temporaire, mais au bout de quatre mois le malade mourait de méningite.
La conclusion générale est que ces divers abcès sont quelquefois opérables, mais que la guérison sera exceptionnelle. L’intervention est incontestablement justifiée, puisque sans elle les malades sont condamnés sans appel et que le succès à couronné les efforts de Zeller, de von Eiselsberg.
1. A. Speckeh, Rev. méd. de l'Est, Nancy, 15 oct. 1893, t. XXV, p. 625.
2. Chipault et Demoulin, Rev. neuvoL, Paris, 30 mars 1895, p. 162.
3. Goldstein, Cenlr. /. Nervenh., 1888, n»» 21 et 22, pp. 624 et 657 (opéré par Riedel).