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Y A-T-IL DES INDICATIONS OPÉRATOIRES

a (Icmonli'c le peu de certitude de cette théorie. Il resterait encore, avant de trépaner, à établir clini([uemcnt quelles épilepsies relèvent de cette cause et dès lors sont justiciables de cette thérapeutique ; l’ineffîcacité fréquente, nous allions par avance dire habituelle, de l’intervention chirurgicale nous prouve, en effet, que cette pathogénie, si elle est quelquefois exacte, ne l’est certainement pas toujours.

Poussons plus loin, et admettons que cette pathogénie soit quel- •quefois exacte : à quoi reconnaîtrons-nous les cas qui lui appartiennent? Il y a longtemps déjà que Tissot a décrit une variété d’épilepsie par compression, à laquelle convient la trépanation, et il a écrit ; « Je suis convaincu que beaucoup d’attaques épileptiformes n’ont d’autre cause que la compression du cerveau par le crâne, et que toutes les fois qu’il y a lieu de soupçonner celte cause (et on doit la soupçonner quand les accès sont constamment produits par tout ce qui porte le sang à la tête), on ferait sagement d’essayer le trépan, lorsque la maladie élude l’effort des autres remèdes, et est assez grave et que le malade est assez courageux pour s’y soumettre. »

Peu de pathologistes et de cliniciens seront convaincus par les signes différentiels attribués par Tissot à cette épilepsie par compression, et peu, d’après ces symptômes, conseilleront la trépanation. Or il faut reconnaître que, pour l'épilepsie dite essentielle, nous ne sommes guère plus avancés que Tissot. Nous sommes actuellement hors d’état de poser des indications générales de quelque valeur et nous pouvons seulement tirer des conclusions partielles, d’après l’analyse de chaque cas en particulier.

Par exemple, ce qui a souvent arrêté le chirurgien, c’est l’ignorance du point où le trépan pouvait être appliqué : il semblait, en effet, qu’il n’y avait nulle raison pour appliquer le trépan en un point plutôt qu’en un autre ; et bien des opérateurs ne se soucient pas de pratiquer au hasard une trépanation à résultat hypothétique.

Or Dumas a justement fait remarquer qu’on pourra très souvent, sans qu’on puisse à vrai dire parler d’aura motrice et d’épilepsie jacksonienne, trouver un guide dans une contracture particu-

ÉPILEPSIE ESSENTIELLE GÉNÉMALISÉE

lière de certains muscles au moment de l’atta(|ue, dans une aura, qui, lorsqu’elle existe, est bien connue du malade, dans l’aphasie plus ou moins nette consécutive à l’attaque, dans la parésie faciale. La chance de localisation est bien faible, mais on ne court pas grand risque à la tenter.

Si l’on passe à l’examen physique, la palpation pourra révéler quelques particularités du côté du crâne, de l’asymétrie, une atrophie assez marquée ou des saillies anormales. Ces déformations crâniennes n’ont malheureusement rien de caractéristique et peuvent se rencontrer chez d’autres malades. Mais, à condition qu’on ne se fasse pas trop d’illusions sur la valeur de ces signes, on peut être en droit d’en profiter.

Un autre cas, enfin, est celui où on trouve, par pression sur le crâne, un point douloureux, où, en appuyant, on provoque l’accès. Dans des cas de ce genre on a obtenu des succès par la trépanation'; on peut se demander, il est vrai, s'il ne s’agit pas alors d’épilepsies réflexes — analogues à celles dont nous avons parlé précédemment, pour l’épilepsie traumatique en particulier^ — , de ces épilepsies où on a réussi à obtenir la cure par la simple incision sur le point douloureux ou par l’application de pointes de feu profondes Et précisément c’est la question que se pose Féré à propos d’un malade qu’il a fait opérer, avec succès d’ailleurs, par Reclus. Une des observations de Gliampionnière rentre dans cette catégoriel

Ces points douloureux locaux sont encore importants à considérer, en ce qu’ils peuvent être l’indice d’une lésion osseuse sousjacente, de nature quelconque, syphilitique par exemple, et une fois de plus nous arrivons à cette conclusion que la trépanation exploratrice est indispensable pour révéler la nature symptoma-

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