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ÉPILEPSIE ESSENTIELLE GÉNÉRALISÉE

De tout temps, donc, et indépendamment de toutes les idées médicales et religieuses que l’on pouvait se faire sur l’épilepsie, les traumas accidentels et les trépanations empiriques ont démontré que certains épileptiques étaient ainsi guéris. De nos jours, le fait a été démontré pour certaines épilepsies jacksoniennes qu’à tort on avait crues symptomatiques et que néanmoins on a guéries ou amendées. Aussi est-on en droit de se demander si, dans l’épilepsie dite essentielle, alors que manquent les phénomènes prémonitoires, lorsque l’aura est absente ou consiste en des phénomènes non justiciables, dans l’état actuel de la science, d’un diagnostic de localisation corticale, lorsqu’il n’y aucun antécédent traumatique, aucune trace de localisation dans la convulsion, lorsqu’on a vu échouer les médicaments, si dans ces conditions il faut abandonner le malade, s’incliner devant le mal sacré, ou s’il ne vaut pas mieux tenter une opération?

La question est de celles auxquelles on ne peut répondre avec une netteté parfaite, car dans les cas favorables nous ignorons absolument pourquoi nous avons réussi; et dès lors il nous est impossible de déterminer en clinique, ni même en théorie, quels sont les cas qui offrent quelques chances de succès. Admettons pour un instant que les effets heureux de la trépanation dans l’épilepsie dite essentielle soient dus, comme le prétendent par exemple Lucas- Championnière, Lépine, à la décompression cérébrale par écoulement abondant du liquide céphalo-rachidien*; oublions que Mosso

1890, la tristesse se change en lypémanie avec tendance au suicide; le i2 nov. 1890, coup de revolver à la tempe droite. Etat semi-comateux; paralysie de la face et du bras gauche ; attaques, convulsions nombreuses et généralisées. Trépanation permettant d’enlever le projectile et plusieurs esquilles. Réunion immédiate. Dès le lendemain la malade, dont le coma avait cessé, présentait une modification profonde du caractère ; la tristesse, les idées de suicide avalent cessé. A partir de ce moment, cessation des grandes crises, persistance de quelques vertiges; il y a eu une fois une absence, un peu d’automatisme ambulatoire ; règles devenues régulières. Un an plus tard, en avril 1892, Girard complétait l’observation {Ibid., t. VI, p. 329). Vertiges, absences, manie propulsive, tout a disparu et la malade nourrit par son travail de gantière son mari malade et son enfant. — R.\bot {L;/on méd., 1893, t. LXXIX, P, 52) a vu un épileptique dont les crises cessèrent après une fracture du frontal par coup de pied de cheval.

1. On a noté que dans ces trépanations le cerveau est turgescent, tend à faire hernie et qu’il y a écoulement particulièrement abondant de liquide céphalorachidien.

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