Mac Burney, Brain, 1891, t. IV, p
2. Lkpine, Bull, de l'Acad. de méd., Pari.s, 6 août 1889, t. XXll, p. 115. Jaboulay, Aj'ch. prov. de chir., 1893, p. 173.
3. Duret, Congr. franç. de chir., 5“ session, Paris, 1891, p. 94.
4. Bhe.mer et Garson, The Am. Joiirn. of med. sc., l’hilad., février 1892, n. s., t. GUI, p. 134.
100 KPANCIIEMENTS SANliUINS A L’INTÉIUEUU DE l.A DUllE-MÊHE
l'apliasio. Carson appli(|ua une couronni', ayani pour centre le plérion, et donna issue à un épanchement sanguin assez al)ondant. L’apliasie ne tarda pas à disparaître. Trois mois plus tard, la guérison se maintenait.
Nous rappellerons que dans les observations de Schneider, de Bail, de Biegner, l’aphasie est également notée.
Nous n’avons trouvé qu’une observation d’Armstrong*, où l’indication opératoire ait été tirée d’une hémiplégie ayant débuté par le membre inférieur, en sorte que l’on trépana sur la partie supérieure de la frontale ascendante. Le malade guérit.
Nous ferons remarquer que dans un nombre relativement considérable de ces observations, l’intervalle entre le trauma et les troubles de compression a été fort long, bien plus long que dans la plupart des faits d’hémorrhagie de la méningée moyenne. Il s’agit volontiers, ici, d’hémorrhagies retardées, nous dirions presque d’hémorrhagies secondaires. Outre les faits que nous venons de résumer, nous citerons encore des observations de Mc Ardle% de Silvestrini“ et surtout de Boyd*; dans cette dernière, l’intervalle fut de dix semaines. Gela tient peut-être à ce que les épanchements assez abondants pour causer des symptômes immédiats relèvent de contusions rapidement mortelles.
Dans les observations de Jaboulay, de Bremer et Carson, il est dit que l’épanchement avait une pression notable et que le sang jaillit par l’incision faite à la dure-mère.
1. Armstkong, Journ. of the Am. med. Ass., Chicago, juin 1887, t. I, p. 679. Homme de cinquante-trois ans; trauma le 27 février 1887; début d’hémiplégie progressive le 18 avril; névrite optique. Trépané te 1®*’ mai; marche le 8 mai.
2. Mc Ardle, Dublin .Journ. of med. Sc., juillet 1892, t. XCIV, p. 17. Quoique l’auteur intitule son travail Trephining for meningitis, il s’agit d’épanchements sanguins intraméningés à évolution lente. 1® épancheuient cérébelleux, abstention, mort; 2° épanchement cérébral; trauma le la novembre 1890; début de l’hémiplégie progressive, le l®® décembre; trépanation te 3 décembre, incision de la dure-mère qui bombe et est noirâtre; guérison.
3. SiLVESTRiNi, rapport par Polaillon, Acad, de méd., Paris, 1883, t. XII, p. 459.
4. Boyd, Clin. Soc. of London, 1892, t. XXV, p. 15. Trauma à gauche le 31 mars 1891, guérison en trois semaines; puis sept semaines plus tard, hémiplégie qui se développe en dix jours ; fièvre; trépanation le 28 juin; ouverture d'une poche sanguine non suppurée. Guérison. (Dans la discussion rapportée par le Mercredi médical, 1892, p. 120, Openshaw dit avoir observé une guérison après évacuation d’un épanchement intraméningé. 11 n’en est pas fait mention dans le Bulletin.)
ACCim:NTS TRAUMATIQUES INFECTIEUX 191
Nous relaterons ici une observation que l’un de nous a recueillie et où il croyait ([u’une intervention chirurgicale (Hait indiqu(5e. Cette intervention a été proposée, mais les parents de la lillctte ont refusé de la laisser entreprendre. En l’absence de toute constatation directe, il serait téméraire d’afürmer un diagnostic; mais nous pensons qu’il s’agissait d’un épanchement sanguin, probablement sous la dure-mère en raison des symptômes convulsifs.
OiiSEKVAïiors' X. — Epancheiiient sanguin inlracrânien‘! (A. Broca.)
Kuli... Jeanne, deux ans, fillette vigoureuse et bien portante, a fait le 30 octobre 1894 une chute de 2 mètres de haut environ, en tombant entre les barreaux d'une rampe d’escalier. Elle ne perdit pas connaissance, ne saigna ni par le nez ni par les oreilles, pleura quand on la releva et put marcher pendant la journée. Le jour de l’accident on nota seulement des vomissements abondants. Mais le lendemain la marche était impossible, et les parents remarquèrent que le bras et la jambe gauches étaient paralysés. Les vomissements devinrent moins fréquents, puis cessèrent au bout de trois jours.
C’est au quatrième jour seidement que l’enfant est apportée à l’h(5pital Trousseau. Depuis l’accident, elle est restée grognon, pleure et crie sans cesse, ne dort pas. Les membres du côté gauche ne sont pas complètement paralysés, mais seulement parésies; dans les mouvements tentés, pour porter, par exemple, un objet à la bouche, le bras est atteint de tremblement. Enfin, depuis la veille, un symptôme nouveau s’est produit : le membre supérieur présente des troubles convulsifs, caractérisés par une flexion spasmodique, jnodérément intense, des doigts et du poignet, survenant à intervalles rapprochés, mais assez irréguliers.
Le choc a porté sur la région occipitale, un peu à droite de l’inion : en ce point on voit une légère eccliymose. Mais on ne trouve aucun enfoncement, aucun signe de fracture. Rien au niveau du pariétal.
J’avais l’intention de trépaner cette enfant sur le centre du membre supérieur, et la mère y consentit d’abord, en sorte qu’elle la laissa à l’hôpital, mais le lendemain, elle changea d’avis et vint la reprendre.
§ II. — Accidents secondaires ou infectieux.
De tout temps on a évacué, après trépanation, les collections purulentes formées entre la dure-mère et l’os ù la suite des fractures compliquées du crâne ayant suppuré, et après la période de discrédit extrême où, au début de notre siècle, le trépan était
ACCIDENTS TMAIJMATIQÜES INFECTIEUX
tombé', un l'ait lieni-oiix do co genre, publié par P. Hroca", fut le point de départ d’une discussion importante à la Société de chirurgie, en 1806 : il en résulta une sorte de réhabilitation de ce trépan secondaire, tandis que la proscription continuait à peser sur le trépan primitif.
Mais comme à l’époque ancienne, et malgré les conseils de Quesnay, de David''*, plus tard malgré les exemples restés isolés de Dupuytren % de Detmold nos prédécesseurs n’avaient pas pénétré jusque dans le cerveau, et la crainte de la méningo-encéphalite arrêtait presque toujours le bistouri quand on se trouvait en face de la dure-mère; crainte d’autant plus justifiée qu’elle n’était point compensée par la certitude de trouver un abcès sousjacent, dont rien n’indiquait le siège précis.
Un premier progrès fut réalisé en 1871, le jour où P. Broca®, dans l’observation célèbre qui fut l’origine de la chirurgie guidée par les localisations cérébrales, trépana sur le pied de la troisième frontale pour évacuer un abcès extradure-mérien, qui par compression causait de l’apbasie. Le malade succomba, sans doute, à la méningo-encéphalite dilfuse, qui ne se fût peut-être pas déclarée si le pus eût été évacué plus rapidement. Mais l’observation prouvait que le chirurgien avait le droit de s’appuyer sur la doctrine des localisations, qu’il aurait eu le droit, s’il n’avait rien trouvé à la surface de la dure-mère, de fendre cette membrane pour aller chercher le pus dans le cerveau.
Cette hardiesse devint pleinement justifiée après la vulgarisation de l’antisepsie. Aussi a-t-on étudié avec persévérance, depuis quelques années, la symptomatologie et le diagnostic des abcès du cer-
1. Il faut lire dans Bichat, Œuvres de Desault, Paris, 1801, t. II, p. 81, les pages consacrées à démontrer qu’il ne faut pas trépaner secondairement, même quand on sait qu’il y a du pus dans les méninges.