‹ Traité de chirurgie cérébraleChapitre 73 sur 305 · ABCÈS ENTRE L’OS ET I.A DURE-MÈRE · texte numérisé non relu

ABCÈS ENTRE L’OS ET I.A DURE-MÈRE

veau, et l’on est arrivée à poser des indications cliirurgicales assez nettes.

Ces indications sont un peu dilTérentos selon la variété de suppuration intracrânienne en présence de laquelle on se trouve, et il faut distinguer les cas où le pus siège : 1" entre l’os et la dure-mère ; 2" ùla surface du cerveau; 3“ dans la substance cérébrale, à une profondeur variable de la surface.

Quelle que soit la variété, il est de règle qu’il n’y ait de suppuration intracrânienne que s’il y a eu une plaie des parties molles, presque toujours avec fracture compliquée des os du crâne, avec ostéite suppurée. De là des signes extérieurs d’une haute importance pour le chirurgien, qu’il y ait au moment des accidents secondaires une plaie, une fistule, ou une cicatrice. Mais ces signes ne sont pas les seuls dont il faille tenir compte, d’autant mieux que, par exception, il peuvent faire défaut, et c’est à ce point de vue que les indications opératoires diffèrent un peu dans les diverses espèces d’épanchements purulents intracrâniens.

A. — Collections purulentes entre l’os et la dure-mère.

Nous ne signalerons que pour mémoire les collections situées ! entre l’os et la dure-mère, car dans la plupart des cas la thérapeui tique qui leur convient est simplement régie par les lois de la chirurgie générale. Le plus ordinairement, on est appelé à soigner un 1 malade chez lequel, à la suite d’une plaie du cuir chevelu, avec fracture ou avec simple dénudation de l’os, un trajet continue à suppurer, reste fistuleux, et le stylet va butter contre un point plus ou • moins étendu d’ostéite. A cela se joignent, si du pus s’accumule entre l’os et la dure-mère, des accidents fébriles plus ou moins intenses, j' des troubles cérébraux plus ou moins diffus : mais c’est faire de la chirurgie crânienne et non de la chirurgie cérébrale que de débrider largement la plaie, d’enlever au ciseau les parties osseuses malades, de curetter et de désinfecter les clapiers purulents, et de suturer après drainage. Nous croyons inutile d’insister davantage, et môme de relater, sur ce sujet banal, nos observations personnelles. Un cas assez spécial est celui où à cette ostéite crânienne est

BIIOCA ET MAUBllAC.

AHCÈS ENTRE F/OS ET I.A UUIU^MÈHE

associée de Tépilepsie partielle : mais nous estimons que les faits de ce genre trouveront mieux leur place dans l’étude des accidents tertiaires.

Ce qu’il faut retenir, c’est le danger qui menace les méninges ou le cerveau, si on néglige une ostéite suppurée des os du crâne, que cette ostéite soit d’ailleurs traumatique ou spontanée. 11 y a là un danger réel des fractures du crâne avec plaie, et c’est pour cela que, dans certains cas, le trépan immédiat est utile, en dehors de toute indication cérébrale actuelle, pour aseptiser le foyer traumatique, en obtenir la réunion immédiate et éviter des accidents ultérieurs graves, mortels môme : et dans ce sens bien précis nous revenons, jusqu’à un certain point, à la doctrine hippocratique du trépan préventif.

Le mieux est donc, dans la limite du possible, d’empêcher l’ostéite de se constituer. Si on n’y réussit pas complètement, on ne laissera pas s’éterniser la fistule, mais sans tarder on attaquera à la gouge et au maillet l’os infecté, sans attendre la formation d’un abcès extradural.

Les règles thérapeutiques sont donc tout à fait comparables à celles qui permettent de prévenir les complications intracrâniennes des ostéites du temporal consécutives aux suppurations de l’oreille moyenne*.

Nous mentionnerons encore les abcès dus à la suppuration, quelquefois fort lente, de certains épanchements sanguins situés entre l’os et la dure-mère. Ici, il y a des troubles de compression cérébrale, mais il s’agit de raretés, en sorte que nous pouvons nous borner à résumer une observation intéressante due à Luther Holden^ C’est celle d’un homme qui, le 10 juillet 1871, se lit une fracture du crâne dont il était bien guéri, lorsque le 27 juillet 1872 il tomba dans une cave, et après cela eut pendant trois semaines une douzaine d’attaques convulsives. Puis il se rétablit et resta bien portant pendant quatre mois,, jusqu’au 8 décembre, époque à laquelle il fut pris d’accidents cérébraux qui, peu à peu, s’aggravèrent, si bien qu’en mars 1873 il était dans le coma complet. Le

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