‹ Traité de chirurgie clinique [electronic resource]Chapitre 109 sur 153 · PLAIES DU COUDE · texte numérisé non relu

PLAIES DU COUDE

gnée du bras devenait nécessaire, et que la médiane basilique fût la seule veine apparente du pli du coude, le praticien devrait, à mon sens, suivre la pratique suivante. Après avoir rendu la veine aussi saillante que possible par une compression circulaire exercée sur le bras (assez légère cependant pour ne pas interrompre la circulation artérielle), au lieu de piquer la veine à travers la peau avec une lancette d'une façon en quelque sorte aveugle, il serait préférable de pratiquer d'abord à la peau, parallèlement à la veine et à sa surface, une petite incision de un demicentimètre, de découvrir la veine et de l'inciser à ciel ouvert sans aucun danger de la traverser de part en part.

Dans le cas où l'artère humérale n'est que piquée, il suffit d'appliquer en ce point un bandage compressif, de fléchir l'avantbras sur le bras et de placer le membre sur un plan incliné, la main plus élevée que le coude.

Si l'artère était largement ouverte ou complètement divisée, il faudrait la découvrir et mettre une ligature au-dessus et au-dessous de la blessure. (Pour la ligature de l'humérale, voir Ajiatomie topogr. , T édit. , p. 508.)

A la suite des blessures de l'artère humérale, il est fréquent de voir apparaître un anévrysme; tantôt c'est un anévrysme diffus primitif, tantôt un anévrysme faux consécutif. La région est également bien disposée pour le développement de l'anévrysme artério-veineux. Ces anévrysmes avec leurs variétés, étant ordinairement la conséquence de saignées malheureuses, sont devenus beaucoup moins fréquents. La compression digitale leur est très applicable. On peut encore lier l'artère au-dessus et audessous du sac, ou de la communication veineuse, s'il s'agit d'un anévrysme variqueux. L'extirpation du sac, comme s'il s'agissait d'une tumeur, serait également possible, à condition d'être assez bien limité.

Dans le cas où l'un des trois gros nerfs qui passent dans cette région serait sectionné, on pratiquerait la réunion immédiate des deux bouts. La piqûre des nerfs superficiels cutané interne et musculo-cutané est susceptible de donner naissance à des névralgies ultérieures très rebelles. J'ai dû pratiquer en 1886, à l'Hôtel-Dieu, une résection du musculo-cutané pour un cas de ce genre.

Un autre point important dans une plaie du coude est de savoir si la plaie pénètre ou ne pénètre pas dans la jointure. La solution

AFFECTIONS GlIIIlUnGICALES DU MEMBRE SUPÉRIEUR.

est parfois difficile, s'il s'agit d'une plaie étroite, à moins qu'il ne s'écoule de la synovie. Dans tous les cas, il ne faut pas chercher à s'en assurer avec un stylet. Dans le doute, comportez-vous comme si la plaie était pénétrante : faites l'occlusion et immobilisez le coude sous une couche d'ouate; vous pourrez ainsi prévenir l'arthrite traumatique.

Comme toutes les parties du corps, le coude est exposé aux plaies confuses, mais il est bon de signaler ici celles qui occupent la face postérieure, et spécialement la région olécrânienne. D'abord l'olécrâne est si rapproché de la peau que cet os et le périoste qui le recouvrent sont souvent en môme temps contusionnés et consécutivement atteints d'ostéo-périostite. De plus, entre l'olécrâne et la peau existe une bourse séreuse constante qui, se trouvant quelquefois ouverte, s'enflamme et donne naissance à un phlegmon du coude.

Pour ces diverses raisons, réservez donc le pronostic lorsque vous observez une de ces plaies, et apportez au traitement une attention particulière.

Dans les cas de plaie du coude par armes à feu avec fracas de l'articulation, n'hésitez pas à ouvrir largement, à nettoyer et à réséquer ce qui sera nécessaire pour obtenir des surfaces nettes.

Les inflammations de la région du coude sont loin d'être rares ; c'est môme l'un des sièges de prédilection de la tuberculose articulaire.

Tantôt c'est une arthrite franchement inllammatoire. Supposons qu'elle soit traumatique, vous n'aurez pas de peine à la reconnaître : gonflement et empâtement de la région, douleurs spontanées vives, mais surtout exagérées par le moindre mouvement de l'articulation. La présence du liquide se révèle en ce que les deux dépressions qui siègent de chaque côté de l'olécrâne sont remplacées par deux saillies.

Le meilleur traitement à faire est d'immobiliser la jointure ; les douleurs sont en général calmées presque tout de suite.

Un point capital dans l'application de l'appareil, et dont nous constatons assez souvent l'omission, c'est la position à donner au membre. 11 est de règle, en efl"et, d'observer, après guérison, une raideur du coude qui peut aller jusqu'à l'ankylose, et il en faut prévenir vos malades. Or un coude ankylosé dans la position rectiligne rend le bras presque inutile, tandis qu'ankylosé à

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