TUMEUR BLANCHE DU COUDE
angle droit et surtout à angle aigu il rend encore de grands services. Si le bras est allongé au moment de votre intervention, et que vous ne puissiez le fléchir sans provoquer de vives douleurs, endormez le malade.
S'il s'agit d'une arthrite infectieuse d'origine rhumatismale ou hlennorrhagique, comportez-vous ainsi que je l'ai dit à propos de l'épaule : proposez l'arthrotomie afin d'évacuer le liquide, et de désinfecter la jointure en touchant les surfaces articulaires avec la solution phéniquée forte. Vous pourrez, dans ce but, faire une incision des parties molles en dedans et en dehors de l'olécrâne. Si l'expérience démontrait que ces incisions sont insuffisantes pour toucher toutes les parties de la synoviale (cette opération n'ayant pas encore été pratiquée très fréquemment), on y réussirait en sciant l'olécrâne à sa base, quitte à suturer ensuite les fragments.
1a arthrite tuberculeuse ou tumeur blanche du coude ne présente pas de caractères cliniques spéciaux sur lesquels je doive m'arrôter. Si, au début, il est permis de se faire illusion et de croire à une arthrite simple, la marche de la maladie ne tarde pas à fixer le diagnostic, et vous observerez les signes ordinaires des tumeurs blanches.
Le praticien est souvent embarrassé sur la conduite à tenir daus ce cas. Voici comment, à mon avis, il faut procéder :
Je suppose l'affection au début : il existe un certain empâtement du coude, si la synoviale est le siège primitif de la maladie, •ou bien un point douloureux au niveau d'une des saillies articulaires, si le tubercule s'est d'abord développé dans le tissu osseux. Faites une apphcation de pointes de feu et immobilisez le bras •sans plus tarder avec un appareil ouaté. Maintenez votre appareil une quinzaine de jours environ; nouvelles pointes de feu et nouvel appareil. Continuez ce traitement pendant un temps variable, suivant la marche de l'affection, en mettant un intervalle plus ou moins grand entre la levée de chaque appareil. Opposez-vous, pendant tout ce temps, à l'usage du bras. Mais le coude va s'ankyloser, vous objectera-t-on à chaque instant. Bienheureux lorsqu'une arthrite tuberculeuse est guérie au prix d'une ankylose dans une bonne position!
Inutile de dire que pendant tout ce temps vous prescrivez les
reconstituanls sous toutes les formes et le séjour au bord de la mer, si cela est possible.
Mais, malgré un traitement rationnel, la maladie a fait des progrès incessants : il est survenu des abcès autour du coude, des trajets fistuleux se sont établis, le stylet pénètre sur des surfaces osseuses cariées. Bien qu'à cette période la guérison puisse encore s'obtenir, surtout lorsque le malade n'a pas été traité convenablement jusqu'alors, je pense toutefois que le plus sage est de recourir à la résection du coude, car il y a beaucoup plus de chances pour que la maladie augmente encore, et cette opération, peu grave par elle-même, donne de si bons résultats fonctionnels qu'il me paraît préférable d'y recourir plutôt que de tenter les chances douteuses d'une guérison spontanée, ne fût-ce que pour soustraire le malade aux dangers de l'épuisement et de la généralisation.
Enfin, plus tard encore, le coude est tout entier désorganisé: les ligaments latéraux sont détruits, on obtient des mouvements anormaux et il se produit de nombreux craquements dans la jointure. La résection s'impose alors, à moins même qu'il ne soit trop tard et qu'une amputation du bras ne soit devenue la seule ressource.
Quel que soit l'âge du sujet, la résection du coude, quand elle est possible, doit toujours être préférée à l'amputation; et ce précepte est en règle absolue applicable aux enfants.
C'est également surtout chez les enfants que M. Lannelongue a obtenu des résultats importants avec les injections de chlorure de zinc pratiquées au pourtour de l'articulation.
. Yoici le procédé qu'il convient de suivre pour pratiquer la résection du coude :
Pour que cette belle opération donne tous ses fruits, deux conditions opératoires sont nécessaires : la première est de conserver le tendon du triceps, afin que le malade puisse jouir plus tard des mouvements actifs d'extension, résultat, jusqu'à M. Ollier, considéré comme impossible ; la seconde est de conserver le nerf cubital.
Je résumerai brièvement les divers temps opératoires qui doivent se succéder.
Le malade est endormi, la bande d'Esmarch appliquée. Le bras repose par sa face interne sur un plan résistant, à bauleur convenable pour que l'opérateur soit assis.