FRACTURES DE L'AVANT-BRAS
finissant par le cubitus, qui fournit à la scie le meilleur point d'appui.
Lorsque le radius ou le cubitus sont atteints de nécrose et <ju'il est nécessaire d'enlever soit un séquestre, soit une partie de l'os, attaquez l'avant-bras par ses bords. L'opération est alors inoffensive et des plus simples.
Fractures de l'avant-bras. — Ces fractures sont très fréquentes et résultent ordinairement d'une chute ou d'un coup. (Je ne comprends pas sous ce titre la fracture de l'extrémité inférieure du radius.)
Il est en général très facile de les reconnaître, surtout lorsque les deux os sont atteints à la fois, mais le diagnostic est plus obscur si l'un des os est fracturé isolément.
Dans ce dernier cas, en effet, l'os intact forme attelle, l'avantbras est à peine déformé, et les signes de la fracture sont beaucoup moins apparents, surtoutvers le tiers supérieur, où les chairs sont plus épaisses. Les renseignements fournis par le malade attirent d'abord votre attention : il vous dit que depuis l'accident il ne peut tourner le poignet et qu'il éprouve une vive douleur dans un point fixe, soit à la pression, soit en cherchant à exécuter des mouvements. Explorez alors les bords radial et cubital en les saisissant entre le pouce et l'index, et vous arriverez facilement à déterminer d'une façon précise le point douloureux. Placez maintenant une main au-dessus et l'autre main au-dessous de ce foyer de douleur et imprimez à l'os sous-jacent des mouvements alternatifs en sens inverse, suivant l'axe antéro-postérieur de l'avant-bras : vous obtiendrez toujours une légère mobilité anormale, mais surtout une crépitation bruyante qui fixera tout de suite le diagnostic.
Les fragments n'ayant subi que peu ou pas de déplacement, la réduction n'est pas nécessaire. Immobilisez l'avant-bras dans une gouttière plâtrée ou simplement faite avec du carton mouillé, ■et placez-le dans une position intermédiaire à la pronation et à la supination.
La fracture des deux os porte généralement sur la partie moyenne de l'avant-bras. Établissez une grande distinction suivant qu'il s'agit d'un enfant ou d'un adulte.
L'ayant-bras est l'une des parties les plus sujettes aux frac-
AFFECTIONS ClIIHUllGICALES DU MEMIiRE SUPÉRIEUR.
tiires chez l'enfant, et, détail fort important, elle peut être incomplète, ce qui n'a jamais lieu chez l'adulte. Les os se ploient comme un morceau de bois vert qui éclate du côté de la convexité et reste intact du côté de la concavité de la courbure. On conçoit d'ailleurs que cette lésion puisse ne porter que sur l'un des deux os. Les signes sont : la douleur, une certaine difficulté à mouvoir le membre, et surtout une incurvation très appréciable à l'œil. Saisissez l'avant-bras au-dessus et au-dessous du point incurvé et redressez-le. Vous percevez alors, non toujours cependant, un petit bruit sec qui vous annonce que la fracture s'est complétée dans le redressement.
Une autre observation relative à la fracture de l'avant-bras chez l'enfant, c'est qu'elle est presque toujours sous-périostée. ]N 'espérez donc pas percevoir la crépitation. Par contre, vous observerez une incurvation souvent très nette du membre, et vous déterminerez facilement en ce point une flexion anormale.
L'avant-bras étant redressé, maintenez-le pendant une quinzaine de jours avec une gouttière de carton bien rembourrée d'ouate. Surtout pas de compression.
La fracture de l'avant-bras chez l'adulte a donné lieu à un grand nombre de discussions, principalement en ce qui concerne le traitement, car le diagnostic est si facile qu'il s'impose en quelque sorte à première vue : déformation, crépitation, mobilité anormale, etc. ; c'est une fracture classique. Mais on s'est beaucoup préoccupé, et avec raison, du rétablissement et du maintien de l'espace interosseux, sans lequel les mouvements de pronation et de supination sont impossibles. On conçoit en effet que les quatre bouts d'os qui sont en rapport puissent affecter entre eux les rapports les plus variés, se consolident dans une position vicieuse, qu'ils se soudent même tous les quatre ensemble. Comment s'opposer à ces résultats défectueux?
Il ne faut pas songer à exercer une action directe sur les fragments. Nélaton avait bien essayé d'interposer entre eux un petit cylindre qu'il fixait sur la peau, mais je doute que ce moyen soit bien efficace. Je pense qu'il faut chercher la solution de la question dans l'attitude à donner au membre pendant sa consolidation.
Que faut-il éviter tout d'abord? C'est de mettre l'avant-bras dans la pronation : dans ce mouvement, en effet, les deux os se croisent et éprouvent leur maximum de rapprochement au point