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ABCÈS DE LA. MAIN

Le diagnostic est ordinaii'ement très facile, et, si les praticiens la méconnaissent assez souvent, surtout lorsqu'elle est incomplète, c'est qu'ils n'y songent pas. On constate, en effet, une saillie plus ou moins considérable faite par la tête du métacarpien, soit sur la face dorsale, soit sur le bord externe de la main, mais on pourrait prendre cette saillie pour un gonflement de l'os ou des parties molles. Le signe pathognomonique est le suivant : pressez avec le pouce sur la tête du métacarpien, la saillie disparaît aussitôt, mais à peine avez-vous retiré le doigt qu'elle se reproduit. En exécutant cette manœuvre, vous sentez la tête se mouvoir comme une touche de piano, et je ne saurais mieux comparer cette luxation qu'à celle de l'extrémité interne de la clavicule. On perçoit en même temps la crépitation cartilagineuse.

Si la luxation est incomplète et que le sujet porte le pouce dans une forte abduction, la saillie disparaît à peu près entièrement pour reparaître lorsque le pouce revient en place, et ce mouvement produit une crépitation assez bruyante.

La réduction de cette luxation est très facile, mais il est, par contre, difficile de la maintenir réduite. Nous verrons le contraire pour la luxation du pouce, et il est curieux de constater que le premier métacarpien présente à ses extrémités deux types de luxation les plus opposés.

Pour maintenir, immobilisez le pouce dans l'abduction et exercez au besoin sur la tête du métacarpien une pression continue avec une bandelette de sparadrap. La main devra également être immobilisée pendant une quinzaine de jours environ.

Inflammations de la main. — Les inflammations de la main consistent essentiellement dans les abcès décrits sous le nom à' abcès de la ijaume de la main.

Abcès de la paume de la mam. — Ces abcès constituent une affection des plus fréquentes, quelquefois des plus graves, et méritent toute l'attention du praticien.

La première distinction à établir est celle-ci : abcès de l'éminence thénar, de l'éminence hypothénar, du creux de la main.

Je rappelle que les éminences thénar et hypothénar sont anatomiquement séparées du creux de la main par une cloison cellulo-fibr cuse qui se fixe sur le métacarpe. Bien que ces cloisons soient très minces, elles suffisent cependant en général pour

limiter rinllammalion et rabccs qui en est la conséquence. 11 'Cn résulte que ces abcès sont simples et ne présentent pas à beaucoup près la gravité de ceux du creux de la main, où se Irouvent groupés tous les organes importants de la région.

L'abcès de l'éminence thénar est notablement plus fréquent que •celui de l'éminence hypotbcnar ; ni l'un ni l'autre, d'ailleurs, ne iprésentent rien de spécial à noter, et leur ouverture ne demande pas de, précaution particulière. Rappelez- vous seulement que les .muscles de l'éminence thénar fournissent une sensation très nette 'de fluctuation.

Les abcès du creux de la main présentent qua tre espèces : l'abcès -sous-qpidermique ; l'abcès sous-cutané ; l'abcès sous-aponévro- 'tique ; l'abcès des houppes graisseuses situées à la racine des doigts.

'i° Abcès sous-épidermique . — L'abcès sous-épidermique est toujours consécutif à la présence d'un durillon. Entre le durillon •et la surface du derme se développe une bourse séreuse susceptible de s'enflammer et de donner naissance à un abcès. Il me -suffit de le mentionner.

2° Abcès soiis-ciitané . — L'abcès sous- cutané, quoique moins llimité que le précédent, forme cependant une saillie assez accusée :à la face palmaire. Il se distingue de l'abcès sous-aponévrotique ^en ce qu'il ne s'étend pas à toute la région — il est circonscrit, — en ce que la face dorsale de la main est normale, que les mouvements des doigts sont possibles et non douloureux. Le malade éprouve sans doute de la difficulté à les mouvoir, surtout dans une grande étendue, en raison du gonflement des parties molles, rmais ordonnez de légers mouvements, ils se produiront facileiment, ce qui suffit à établir le diagnostic.

Dans l'abcès sous-cutané, le pus a tendance à se porter vers la ipeau et non vers les parties profondes : aussi finit-il par perforer 11e derme, et, l'épiderme étant en général très épais, il se fait une •collection sous-épidermique, comme dans la variété précédente. ,En raison de ces deux collections sus et sous-dermiques reliées ,par un orifice plus ou moins étroit, on a encore donné à cette wariété le nom à'abcès en bouton de chemise.

Lorsqu'on fournit une issue au pus, on ouvre donc tout d'abord

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