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ABCÈS DE LA. MAIN

un foyer superficiel (rendu quelquefois en apparence profond par l'épaississement de l'épiderme) dont le fond est constitué par une surface rouge, enflammée, qui n'est autre que le derme. Le praticien inexpérimenté borne souvent là son intervention, qui suffit, en effet, dans l'abcès sous-épidermique, mais non dans l'abcès sous-cutané : aussi le malade n'est-il pas soulagé. Recherchez donc dans le foyer, et vous trouverez un orifice plus ou moins large par lequel sourd du pus. Introduisez au besoin une sonde «annelée par cet orifice et divisez largement le derme. Il n'y a d'ailleurs rien à redouter en pratiquant cette ouverture, puisque l'arcade palmaire est sous-aponévrotique. L'important est d'avoir préalablement établi le diagnostic, qui sera complété par le paragraphe suivant.

3° Ahcès, sous-aponévrotiqiie . — Les deux abcès précédents sont relativement simples : ils sont circonscrits, guérissent toujours, même abandonnés à la nature, et ne laissent après eux aucune gêne dans les fonctions du membre. Il n'en est pas ainsi •de l'abcès sous-aponévrotique. Ce dernier peut, en effet, compromettre la vie, et dans tous les cas compromet le fonctionnement ultérieur de la main, surtout s'il n'a pas été soigné convenablement.

Il est aisé d'ailleurs de s'en rendre compte en songeant à la disposition de la région (voir la coupe de la main représentée p. S62, Anat. topogr., 7° édition). Le pus occupe en effet une loge limitée : en avant, par l'aponévrose palmaire, souvent très résistante ; en arrière, parle grillage métacarpien. Elle communique largement en haut avec la région du poignet et celle de l'avantbras par le canal radio-carpien, et dans son intérieur se trouvent accumulés : tendons, vaisseaux et nerfs destinés aux doigts.

Les signes cliniques par lesquels se révèle cet abcès se déduisent en quelque sorte du siège qu'il occupe.

Il débute par un gonflement diflus de la paume de la main et s'accompagne d'un cortège de symptômes généraux intenses : douleur extrême, température très élevée.

Le gonflement s'étend jusqu'à la racine des doigts: il ne tarde pas à gagner la face dorsale de la main, arrive jusqu'au-dessus du poignet; mais il est aisé de voir que la peau et les autres couches situées en avant du ligament annulaire sont intactes et que

le gonllement se propage par derrière. La main est informe et ressemble à un battoir.

Les doigts sont absolument immobiles, surtout les trois doigts du milieu. On ne peut leur imprimer le plus léger mouvement sans provoquer une vive douleur.

Gonflement did'us de la face antérieure de la main, gonflement de la face postérieure, propagation au poignet, impossibilité absolue de mouvoir les doigts : tels sont donc les principaux signes qui permettront d'établir le diagnostic différentiel entre l'abcès sous-aponévrotique et l'abcès sous-cutané.

Que devient l'abcès sous-aponévrotique abandonné à luimême? Avant que le pus ait traversé l'aponévrose palmaire et soit arrivé à la peau, il a gagné l'avant-bras, souvent même la face dorsale de la main à travers les espaces interosseux qui n'off"rent qu'une faible résistance, et les fonctions de la main se trouvent dès lors fortement compromises par suite de la destruction des tendons qui plongent au sein de la collection purulente.

11 y a donc un intérêt majeur à donner issue au pus le plus tôt possible, et encore sachez bien que même en arrivant à temps vous n'empêcherez pas la raideur de la main et des doigts, longtemps prolongée après la guérison.

Il faut ouvrir l'abcès par la face palmaire en se rappelant que l'arcade palmaire superficielle occupe le trajet d'une ligne transversale partant de la racine du pouce. On ouvrirait également l'abcès de la face dorsale en établissant de larges drainages. S'il est nécessaire, passez encore un drain faisant communiquer le poignet et la main par le canal radio-carpien. Pendant tout le temps de la cure, donnez de longs bains de bras phéniqués.

4° Abcès des houppes graisseuses de la racine des doigts. — L'aponévrose palmaire se divise en bas en plusieurs languettes qui se portent sur les côtés de la première phalange, et, entre chaque languette, la graisse fait une sorte de hernie qui soulève la peau. Or, à la surface de ces houppes naissent très souvent des durillons chez les travailleurs, et ceux-ci sont fréquemment atteints de ce qu'ils appellent un durillon forcé. En efiTet, sous le durillon se développe une bourse séreuse qui s'enflamme, etl'iriflaramation se propage très souvent à la couche sous-cutanée (je ferai remarquer qu'en ce point il ne saurait exister d'abcès sous-aponévrotique). Cet abcès, qui ne me paraît pas avoir été

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