TRAITEMENT DES TUMEUUS DU CRÂNE
l'extérieur en usant la paroi osseuse. Cette incertitude ne porte pas d'ailleurs grand préjudice au malade, car, si l'intensité des douleurs obligeait à intervenir, le même traitement, c'est-à-dire la trépanation, serait applicable aux deux cas.
Une tianeur liquide irréductible de la voûte crânienne est généralement un kyste séreux ou un kyste sébacé ramolli. Songez toujours à la possibilité d'une méningocèle irréductible lorsque le kyste occupe la ligne médiane ou le voisinage d'une suture, et ne négligez pas de demander au malade ou bien aux parents si la tumeur est congénitale.
i. Tumeur gazeuse ou pneiimatocèle du crâne. — Denonvilliers, percutant un jour dans son service de la Charité une tumeur de la voûte du crâne, fut très surpris de la trouver sonore ; elle contenait de l'air atmosphérique. Son interne Louis Thomas (de Tours) étudia ce fait curieux et en fit l'objet de sa thèse inaugurale en 1865. J'ai établi ailleurs [Anat. top., p. 14, T édition) le mode de production de cette tumeur, qui constitue une curiosité clinique sur laquelle il est inutile d'insister plus longuement ici.
C. Traitement des tumeurs du crâine. — Il faut se garder de toucher au céphalématome et surtout à la méningo-encéphalocèle.
Le traitement des fongas de la dure-mère est palliatif ou curatif. Lorsqu'un champignon fongueux fournit une quantité considérable de sanie purulente et saigne abondamment, je crois le chirurgien autorisé à le sectionner au ras du crâne. Faut-il aller plus loin, agrandir l'ouverture du crâne par l'application successive de plusieurs couronnes de trépan et enlever la totalité du sarcome avec la dure-mère qui en est le point de départ? Cette pratique est évidemment plus rationnelle, mais aussi infiniment plus dangereuse. L'expérience des chirurgiens en général, et la mienne en particulier, sont nulles à cet égard, car cette affection est heureusement très rare. Il doit être surtout difficile d'apprécier à l'avance l'étendue qu'il faudra donner à la perte de substance. Toutefois cette opération est praticable, et je suis loin de la repousser d'emblée.
''^ AFFECTIONS ORGANIQUES DU CRÂNE
lei laltention. Respectez soigneusement Jes tumeurs veineuses ommunuiuant avec la circulation intra-c.-ànienne et proléget à i aide d une douce compression. ^
Les angiomes, au contraire, nécessitent un traitement chirur- ^ caL Lorsqu on vous présentera un enfant atteint d'angiome simple d une de ces petites taches rouges appelées nœvi, n'hésitez pas
tir r î T i^'-i^ement, si petite que soit^a
tache. Ces taches peuvent, il est vrai, rester stationnaires, mais elles sont aussi fréquemment le point de départ d'angiomes caverneux de véritables tumeurs érectiles dont vous pourrez ain i arrêter le développement. Si l'enfant n'est pas vacciné, on recommande de vacciner sur cette tache, mais ce procédé n'est pas certain. Celui que j'emploie d'habitude est si sûr, si simple et SI moffensif, que je le préfère à la vaccination. Il consiste à piquer la tache jusqu'à sa face profonde avec une pointe de thermo-cautère très fine chauffée au rouge sombre; on fait un nombi^ de piqûres en rapport avec la largeur de la tache de façon a détrmre tout le tissu. On se servirait au besoin d'une aiguille a tricoter chauffée à la lampe à alcool
La thérapeutique de l'angiome caverneux, ou tumeur érectile est parfois entourée de sérieuses difficultés. On a proposé un grand nombre de traitements : c'est encore la cautérisation ignée interstitielle que je conseille, et à laquelle j'ai le plus souvent recours il faut cerner, en une ou plusieurs séances, la tumeur avec de. pomtes de feu introduites jusqu'au centre, tout autour de la base aun centimètre environd'intervalle l'une del'autre. Onenappliquê ensuite quelques-unes au centre, perpendiculairement à la surface Ayez grand soin que le cautère ne soit porté qu'au rou-e sombre, afin d'éviter tout écoulement de sang. On détruit ainsi une partie du tissu érectile, et la cicatrice qui résulte des brûlures étouffe le reste. Ce traitement m'aréussi dans la grande majorité des cas; il peut échouer cependant, si la tumeur offre un volume considérable, celui du poing, ou môme d'une tôle de tœtus. Voici ce que j'ai fait dans un cas semblable. Après avoir passé un certain nombre de broches de fer au-dessous de la tumeur en long et en large, je glissai par dessous une chaîne d écraseur etpédiculisai la masse en serrant fortement la chaîne Je coupai ensuite ce pédicule avec une anse de platine chauffée au galvano-cautère. Le malade ne perdit pas une goutte de sang.