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MALADIES DE LA TROMPE D'EUSTACIIE. H

l'exploration du tympan. Qu'il contienne en môme temps une certaine quantité de cérumen, et le diagnostic sera plus obscur encore.

L'examen de la membrane du tympan fournit des renseignements précieux. La caisse ne contenant plus d'air, le tympan a perdu sa translucidité ; au lieu d'être gris perle, il est brunâtre. La pression atmosphérique qu'il supporte par sa face externe seule en augmente la concavité, et l'ombilic est pins déprimé vers la caisse. Ce signe ne peut guère être apprécié que par la position que prend le manche du marteau. Enclavé qu'il est dans l'épaisseur de la membrane, cet osselet en suit tous les mouvements, c'est-à-dire que l'extrémité du manche qui répond à l'ombilic est également plus rapprochée du promontoire ; il en résulte que le manche tout entier paraît plus court qu'à l'état normal, parce qu'il est vu en raccourci.

Si l'extrémité inférieure du marteau bascule en dedans, son extrémité supérieure bascule nécessairement en dehors, d'où la saillie plus grande de l'apophyse externe dans le conduit auditif.

On dit aussi que le triangle lumineux change de forme : d'équilatéralil devient isocèle : cela est vrai, mais ce signe n'a cependant aucune valeur diagnostique : le reflet lumineux, en effet, est loin d'avoir la même forme chez tous les sujets; pour tirer parti de sa déformation, il faudrait donc avoir examiné l'oreille du malade alors qu'elle était saine et bien remarqué la forme du triangle, ce qui évidemment n'a jamais lieu. Du côté de la caisse, il existe une pression exagérée de l'étrier sur la fenêtre ovale, mais cette disposition ne peut se révéler que par des signes subjectifs tels que le bourdonnement, dont l'existence est commune dans l'obstruction de la trompe.

Explorez ensuite la trompe elle-même. Je décrirai avec quelques détails les divers modes d'exploration, car ils servent en même temps de moyens de traitement, et je n'aurai pas à y revenir plus loin. Ces moyens comprennent les procédés de Valsalva, de Toynbee, de Politzer, et en dernier lieu le cathétérisme.

Si, fermant hermétiquement les narines et la bouche, vous faites une expiration forte et brusque, l'air chassé des poumons arrive dans le pharynx et, rencontrant l'ouverture des trompes, il y pénètre ainsi que dans la caisse et repousse en dehors lîi niem-

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brane du tympan. Il en résulte une sensation spéciale, une sorte de petit choc qu'éprouve le malade, et dont il se rend en général très bien compte. C'est là le procédé de Valsalva. Lorsqu'il réussit, c'est une preuve évidente que la trompe est libre. Constatez vousmême le phénomène : mettez le spéculum en place, regardez le tympan et ordonnez au malade d'exécuter la manoeuvre ; vous pourrez voir la projection du tympan vers le conduit et la modification subite du reflet lumineux.

Cette modification du reflet présente une grande importance diagnostique dans le cas particulier, car c'est souvent la seule manière dont se traduit à vos yeux le changement de courbure du tympan résultant de la poussée d'air. J'ai déjà dit plus haut que pendant cette expérience il sera bon d'ausculter l'oreille et de percevoir vous-même le choc que ressent le malade.

Donc, si le malade n'éprouve rien dans l'oreille, si vous ne constatez aucune modification à la surface du tympan, si l'auscultation ne vous révèle l'existence d'aucun bruit, c'est que la trompe ne fonctionne pas.

Le procédé de Valsalva est très précieux pour établir le diagnostic, mais il est bien moins applicable comme moyen de traiment, ainsi que je le dirai plus loin.

A chaque mouvement de déglutition le pavillon de la trompe est entr'ouvert par l'action du muscle péristaphylin externe. Or. si pendant ce mouvement vous fermez hermétiquement la bouche et les narines, il se produit un vide dans la caisse et la membrane du tympan est attirée vivement vers le promontoire, ce qui se traduit par une sensation spéciale qu'éprouve le malade : c'est le procédé de Toynbee.

Ce procédé est donc la contre-partie de celui de Valsalva ; il est moins souvent employé que les autres, quoiqu'il fournisse de bonnes indications sur la perméabilité delà trompe.

Le procédé de Politzer est beaucoup plus important que les deux précédents, car il sert de moyen de diagnostic et surtout de moyen de traitement. Il est basé sur ces deux phénomènes physiologiques, à savoir, que la trompe s'ouvre pendant la déglutition, et que pendant ce temps aussi le voile du palais, devenu horizontal, se tend de façon à intercepter la communicalion entre la portion nasale et la portion buccale du pharynx.

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