‹ Traité de chirurgie clinique [electronic resource]Chapitre 41 sur 153 · MALAIJIKS DU FOND DE L"(E1L. I · texte numérisé non relu

MALAIJIKS DU FOND DE L"(E1L. I

■d que peu prolité jusqu'à ce jour ; je me trompe, ces belles découvertes ont mis fin au supplice des malheureux amaurotiquesque je voyais, au début de mes études, condamnés au séton, au moxa et au cautère à perpétuité ; c'est encore un bienfait.

Parmi les affections qui se développent sans aucun trouble apparent des milieux de l'œil, du moins au début, je dois signaler l'ophthalmie sympathique, dont c'est ici le lieu de présenter la description clinique.

a. Ophthalmie sympathique. — Cette affection est caractérisée par la diminution graduelle de la vision dans un œil sain, sous l'influence d'une maladie de l'autre œil. Ainsi, par exemple : un malade a été atteint d'une blessure à l'aîil droit, l'œil s'est enflammé et vidé, et le malade ne souffrant plus du tout a repris son existence habituelle. Plusieurs mois, et môme plusieurs années après l'accident, la vision de l'œ'il gauche diminue peu à peu sans signe extérieur visible et môme sans lésion appréciable à l'ophthalmoscope. Il paraît rationnel de ne pas s'occuper de l'œil droit qui, perdu depuis longtemps, ne cause aucune douleur, et de porter toute son attention sur l'œil gauche : c'est ce qu'on a fait pendant tous les siècles passés, jusqu'à ce que Mackensie nous ait appris que la cause de l'affaiblissement de la vision dans l'œil sain résidait dans l'œil anciennement blessé, que l'ophthalmie, en un mot, éi^ii sijmpathiquc . Cette conception ingénieuse a préservé bien des malades d'une cécité complète.

Ce sont les blessures de la zone ciliaire, et principalement la présence de corps étrangers au niveau de cette zone, qui donnent généralement naissance à l'ophthalmie sympathique; une inflammation spontanée de l'œil peut cependant en être le point de départ. Il est vraisemblable que la transmission à l'œil sain se fait par l'intermédiaire des nerfs ciliaires irrités peu à peu.

Au début de l'affection, il n'existe, ai-je dit, aucune lésion appréciable, mais un simple trouble fonctionnel ; plus tard il survient de l'irido-cyclite, qui peut amener la perte de l'œil: c'est pourquoi il y a urgence à intervenir activement le plus tôt possible, et la meilleure intervention consiste dans l'énucléation du globe de l'œil anciennement affecté. C'est merveille de voir le résultat de cette opération quand elle est pratiquée en temps opportun : j'ai vu plusieurs fois des malades, à peine sortis de l'anesthésie, recouvrer l'intégrité de la vision.

TiLLAUx. — Ctlirurgic clinique. I ^3

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Alin de conserver l'œil, on a pratiqué la névrolomir. opticoci/iaire, c'csl-à-dire la section du nerf optique et des nerfs ciliaires à leur entrée dans le globe ; mais cette opération, d'après ce que nous constatons à la suite de la section des autres nerfs, doit être incertaine dans ses résultats et je préfère l'énucléation.

h' élongation du nerf optique (de Wecker), destinée, ainsi que l'énucléation etlanévrotomie optico-ciliaire, àcombattrel'ophthalmie sympathique, ne me paraît pas non plus devoir être substituée avantageusement à l'énucléation.

Les maladies du fond de l'œil se développent aux dépens de la choroïde, de la rétine et du nerf optique. Ce sont : le glaucome chronique, — l'atrophie de la choroïde, — la choroïdite syphilitique, — les diverses variétés de rétinite : albuminurique, syphilitique, pignientaire, — le décollement de la rétine, — l'embolie de son artère centrale, — la névrite optique, — l'atrophie de la papille, — le daltonisme.

Le diagnostic de ces diverses affections ne peut être établi qu'à l'aide de l'ophthalmoscope. Cependant vous pourrez avoir déjà des présomptions d'après la marche de la maladie. Par exemple, si la vision a été perdue subitement, vous aurez sans doute affaire à une embolie de l'artère centrale de la rétine; si une moitié du champ visuel seulement est abolie, ce sera probablement un décollement de la rétine. Il faut surtout songer à la possibilité d'affections syphilitiques de la choroïde ou de la rétine, contre lesquelles le traitement peut avoir une grande efficacité; elles apparaissent entre les deux périodes secondaire et tertiaire.

Quoi qu'il en soit, signalons les signes à l'aide desquels vous reconnaîtrez ces diverses affections, ainsi que les rares indications thérapeutiques qu'elles présentent.

b. Glaucome chronique, — C'est cette affection que de Graefe appelait jadis amaurose avec excavation du nerf optique. Elle est ainsi caractérisée : dilatation de la pupille, tension et dureté du globe de l'œil, excavation du nerf optique. Cette excavation est centrale, les bords en sont taillés à pic; les vaisseaux qui gagnent le fond de l'excavation s'infléchissent brusquement sur ce bord et paraissent rompus. Les artères présentent des ballements.

La vision s'affaiblit progressivement et finit par s'éteindre.

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