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TUMEURS DE LA RÉGION PAROTIDIENNE

tumeur cérébrale, parce que les accidents s'étaient développés lentement. Je pratiquai une ponction de la tumeur par lepharynx, retirai une assez grande quantité de liquide noirâtre, et les accidents de compression disparurent. Le liquide se reproduisit; je répétai la ponction plusieurs fois, et finalement le malade sortit'guéri.

J'ai établi plus haut un rapprochement entre les kystes de la parotide et ceux du corps thyroïde ; non seulement ces kystes ont de l'analogie par la nature de leur contenu, ils se ressemblent encore par la circonstance suivante : la ponction donne issue à du liquide noirâtre, mais, lorsque ce liquide est écoulé, c'est du sang pur qui sort à la suite, et avec la même abondance; la canule retirée, le kyste se remplit immédiatement, devient extrêmement tendu, et quelquefois est agité de battements. Je ne saurais fournir l'explication de ce phénomène qui ne se produit pas dans les kystes séreux, mais seulement dans les kystes sanguins et dans certains cas seulement, car heureusement il ne survient pas sur le malade atteint de kyste profond. Je parlerai plus loin de leur traitement.

Les tumeurs solidesde la région parotidienne sont nombreuses. Les auteurs les divisent en bénignes et en malignes, ce qui ne me satisfait pas beaucoup, car, si l'on peut quelquefois dire à l'avance que telle tumeur sera bénigne, ce n'est souvent que l'avenir qui le démontre. De plus, une tumeur primitivement bénigne peut devenir maligne en subissant certaines transformations.

Je préfère une division basée sur un caractère anatomique que la clmique peut révéler dans la très grande majorité des cas : les tumeurs sont e?icapsulées, mobiles sur les parties sous-jacentes, ou bien elles ne sont pas encapsulées, mais adhérentes et fusionnées avec les tissus ambiants. Remarquez, d'ailleurs, que les premières sont ordinairement de nature bénigne, tandis que les secondes sont le plus souvent de nature maligne.

Les tumeurs encapsulées ou mobiles sont: l'adénome, le sar^ corne, le chondrome, lemyxome, le lymphomc ; ce sont du moins celles que Ton y rencontre le plus ordinairement. Les tumeurs non encapsulées, et par conséquent non mobiles, sont le carci^ nome, le lipome profond et l'angiome.

Je ne décrirai pas en particulier chacune des tumeurs encap^ sulees, car leur texture est la même que celle qu'elles présentent dans tous les autres points du corps. Je les décrirai d'autant moins

isolément que d'après les examens de Ranvier on les rencontre très rarement à l'état de pureté. Virchow n'a-t-il pas décrit le chondro-myxo-sarcome de la parotide ? Si l'usage du microscope est indispensable pour connaître la nature exacte de la tumeur, il ne faut pas demander à la clinique plus qu'elle ne peut donner. En se basant sur la conformation extérieure, sur la marche, le mode de développement de la tumeur, on peut supposer qu'il y a prédominance de tel ou tel tissu, mais aller plus loin est s'exposer à l'erreur, et ce n'est pas d'ailleurs nécessaire pour établir un diagnostic suffisamment exact et instituer une thérapeutique rationnelle.

Les tumeurs non encapsulées, le carcinome, le lipome et l'angiome, ne doivent pas davantage nous occuper isolément.

Étant donnée une tumeur quelconque siégeant dans la région parotidienne, quelle conduite doit tenir le chirurgien? Trois problèmes sont à résoudre :

1° La nature de la tumeur;

2° Ses connexions avec les principaux organes de la région ; 3° Le traitement qu il convient d'employer.

1° Nature de la tumeur. — Le premier soin du chirurgien sera de reconnaître si elle appartient aux tumeurs gazeuses, liquides ou solides. La sonorité, la réductibilité de la tumeur gazeuse avec ou sans gargouillement, la feront diagnostiquer tout de suite. Je répète que cette variété de tumeur est plutôt une curiosité pathologique.

La fluctuation est le seul signe qui autorise à admettre l'existence d'une tumeur liquide.

La poche contient-elle du pus, du sang, un liquide sanguinolent ou blende la sérosité? Ce pourrait être un abcès froid développé dans un des ganglions lymphatiques situés dans la loge, ou bien consécutif à une affection de l'oreille, de l'articulation temporomaxillaire. Mais le malade aura quelquefois éprouvé ou éprouvera encore delà douleur, la marche aura été assez rapide. Cependant le diagnostic peut être si obscur dans ce cas qu'il exige l'emploi de la ponction exploratrice, car un abcès froid peut être absolument indolent.

La poche contient-elle du sang? on n'est autorisé à l'admettre, que s'il existe dos signes d'anévrysme : battements, souffle.

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