‹ Traité de chirurgie clinique v.2 (volume 2)Chapitre 13 sur 105 · MALADIES DE LA MEMBRANE DU TYMPAN · texte numérisé non relu

MALADIES DE LA MEMBRANE DU TYMPAN

brûlure, plusieurs fois j'ai essayé de la combattre à Taide de corps dilatants et n'ai pas réussi jusqu'à présent.

B. Maladies de la membrane du tympan. — Pour se rendre compte de Taspect que présente la membrane du tympan à l'état pathologique, il est nécessaire d'en connaître l'état physiologique : je le rappellerai en quelques mots.

Le tympan est de couleur gris perle uniforme, comme velouté; il est légèrement déprimé au-dessous de son centre, en un point qui porte le nom à' ombilic, la portion sus-ombilicale est traversée de haut en bas, et un peu obliquement d'avant en arrière, par une ligne plus brune, qui est le manche du marteau. L'extrémité libre du manche répond à l'ombilic. En avant de cette extrémité existe un reflet brillant appelé triangle lumineux, mais à tort, car souvent il n'afl'ccte pas cette forme sur les oreilles les plus normales. A la partie supérieure du manche existe une saillie du volume d'une petite tête d'épingle, faisant relief sur la membrane, de couleur blanc mat, formée par l'apophyse externe du marteau. Le tympan est translucide et permet de reconnaître à une vive lumière les organes situés derrière lui dans la caisse : la corde du tympan, la grande branche de l'enclume, le promontoire. On y voit peu de vaisseaux au début de l'examen. Ils apparaissent et se dilatent sous l'influence de la projection d'une lumière vive. Tels sont les principaux caractères physiologiques dont il faut constater la modification pour reconnaître qu'un tympan est malade. Examinons maintenant comment il convient de faire cette constatation.

Mode d'examen de la membrane du tympan, — L'examen du tympan doit être fait à la lumière réfléchie avec un spéculum, et un miroir concave. Cet examen est parfois facile, lorsque le conduit auditif est largo et rectiligne, mais il présente aussi, dans certains cas, de sérieuses difficultés, quand le conduit est étroit et sinueux. 11 est impossible alors de voir le tympan dans son ensemble, on n'en découvre qu'une partie à la fois et il faut pour cela incliner le spéculum dans tous les sens. Orientez-vous tout d'abord : pour cela, je conseille de rechercher un point fixe dont on connaisse exactement le siège, généralement facile à trouver et à distinguer des détails multiples que présente le fond de l'oreille: ce point est l'apophyse externe du marteau. A moins que le tym-

i04 AFFECTIONS CHIRURGICALES DE L'APPAREIL AUDITIF.

pan ne soit complètement masqué par un corps étrangers ou des bourgeons charnus, à moins qu'il ne soit infiltré de pus, on trouve toujours cette apophyse, et, ce point étant déterminé, il est possible de trouver tous les autres, et, en particulier, le manche du marteau, dont Tapophyse n'est qu'une dépendance. Ainsi Ton dit : telle lésion siège en avant ou en arrière du manche du marteau, au-dessus ou au-dessous de l'ombilic. Il ne faut pas croire, toutefois, que l'examen des lésions du tympan soit chose facile, en général, car souvent il ne s'agit que de nuances : ainsi le tympan est plus blanc, plus épais, plus vasculaire, moins translucide, plus concave, etc., lapophyse externe est plus saillante, le manche du marteau plus court, etc. On voit, par ces exemples, combien il faut avoir constamment présent à l'esprit l'aspect physiologique.

Une question que vous aurez bien souvent à résoudre est celleci : Le tympan est-il ou n'est-il pas perforé? Pour en trouver la solution, commencez, avant tout examen otoscopique, par exécuter la manœuvre suivante : introduisez dans l'oreille un peu d'eau ; commandez au malade de faire une forte expiration, la bouche et le nez fermés (expérience dite de Valsalva) ; si l'eau bouillonne dans le conduit auditif, vous n'aurez aucun doute sur l'existence de la perforation. Mais de ce que les bulles d'air ne sont pas sorties à travers le tympan, n'allez pas conclure qu'il n'est pas perforé, car deux conditions peuvent empêcher l'air de sortir : l'obstruction momentanée de l'orifice et celle de la trompe d'Eustache. Faites donc un lavage du conduit et examinez au spéculum. Vous apercevrez souvent sur le tympan malade des battements parfaitement isochrones à ceux du pouls. J'attache, pour mon compte, une certaine importance à ces battements, qui ne se rencontrent guère que lorsqu'il existe une perforation du tympan, les artères battant sur les bords de l'orifice comme sur l'extrémité d'un moignon d'amputé. Ayez alors recours à la douche nasale par la méthode de Politzer (Voy. Obstruction de la trompe (CEitstache). Vous vérifierez de la sorte la perméabilité de la trompe ; si l'air passe dans la caisse, vous pourrez déboucher l'orifice anormal du tympan et produire le bruit caractéristique de sifflement. Etudiez alors les caractères de la perforation : son siège, son étendue, sa forme, et prenez-en le dessin, car rien ne s'oublie plus vite que les détails observés à la surface du tympan.

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