‹ Traité de chirurgie clinique v.2 (volume 3)Chapitre 15 sur 107 · PERFORATIONS DU TYMPAN · texte numérisé non relu

PERFORATIONS DU TYMPAN

Étudions les maladies du tympan en commençant par les perforations.

!• Perforations du tympan. — Les perforations du tympan sont traumatiques, spontanées et chirurgicales.

Les perforations traumatiques surviennent suivant plusieurs mécanismes : tantôt c*est une déchirure indirecte résultant d^une chute sur la tête, ces cas sont les plus rares ; d'autres fois la lésion est produite directement : par le malade lui-môme en se nettoyant à fond les oreilles ; pendant Textraction maladroite d'un corps étranger ; par ce corps étranger lui-môme. La perforation traumatique résulte encore de la pression exagérée de Tair atmosphérique à la surface du tympan : la pression peut s'exercer sur sa face interne dans une douche d'air par la trompe, mécanisme que je crois très rare ; beaucoup plus souvent la pression a lieu sur la face externe de la membrane, par exemple, à la suite d'un soufflet appliqué sur l'oreille, môme sans une grande violence ; à la suite d'une forte détonation, accident assez commun chez les artilleurs. La pression du liquide peut aussi la produire, lorsqu'on pique une tôle dans l'eau, par exemple.

Les perforations spontanées se produisent de dehors en dedans à la suite d'une otite externe et d'une myringite, beaucoup plus souvent de dedans en dehors à la suite d'une otite moyenne.

J*appelle perforation chirurgicale celle que nous pratiquons dans un but thérapeutique sous le nom de paracentèse du tympan et que j'étudierai plus loin.

J'ai déjà dit que, facile en général, le diagnostic d'une perforation était parfois obscur et qu'il fallait attendre souvent quelque temps avant de se prononcer.

Pour beaucoup de personnes, tympan crevé est synonyme de surdité complète, au môme titre qu'œil crevé est synonyme de cécité, préjugé très fâcheux, partagé môme par un certain nombre de médecins. Cette idée fausse peut avoir le grave inconvénient de faire négliger ou même abandonner le traitement, sous prétexte que l'oreille est perdue, quoi qu'on fasse. Or, c'est là une grave erreur. La membrane du tympan est un organe de perfectionnement, très utile sans doute à l'audition, un admirable artifice employé pour transmettre les moindres. vibrations à la chaîne des osselets, mais elle est loin d'ôtre indispensable. Un de mes internes ne s'était jamais aperçu jusqu'alors d'une large perfo-

ration d'un de ses tympans, et ces cas sont communs. La membrane peut (^Ire détruite dans presque toute son étendue, le manche du marteau pendre isolé dans la caisse comme une stalactite, et Taudition se faire très convenablement. En un mot, ce n'est pas la perforation elle-même qui est dangereuse, c'est la maladie dont elle est la conséquence, ainsi que les désordres qui raccompapagnent. Donc ne traitez pas la perforation en elle-même, car vous n*y pouvez rien, mais traitez activement Totorrhée jusqu'à ce qu'elle ait complètement disparu; d'ailleurs, lorsqu'une perforation, même spontanée, est petite, elle peut se cicatricer. Quant à celles de grandes dimensions, elles persistent indéfiniment.

Les perforations traumatiques, au contraire, se cicatrisent très rapidement, trop rapidement même, quand ellesont été faitesdans un but thérapeutique, et elles ne déterminent en général aucun accident durable, surtout lorsqu'elles siègent dans la portion sous-ombilicale du tympan au-dessous de la fenêtre ronde. La vive douleur qu'elles provoquent disparaît rapidement. Après avoir lavé l'oreille, il suffit de maintenirla plaie à l'abri ducontact de l'air avec une boulette de coton. Recommandez au malade d'éviter pendant quelques jours les expirations brusques.

Les plaies du tympan donnent toujours lieu à un écoulement sanguin, mais réduit ù de très minimes proportions. Cependant la rupture- de Tune ou des deux artères qui flanquent le manche du marteau pourrait être suivie d'une otorrhagic abondante, si, par exemple, le sujet était hémophile.

Je signalerai seulement pour mémoire la fracture du manche du marteau, dont je n'ai vu qu'un exemple. Il existait un léger déplacement suivant l'épaisseur.

2° Inflammations du ii/mpan. — Los inflammations du tympan portent le nom de myringitpf^.

Si Ton considère que le tympan est une mince cloison interposé«» entre le conduit auditif externe et la caisse, et que cette cloison est anatomiquement formée par l'adossement des membranes qui tapissent ces deux cavités, on comprendra aisément que leur inflammation détermine presque fatalement une myringite. Par conséquent la myringitcî est très souvent, presque toujours même, secondaire ; cependant il existe certainement une myringite primitirp, la seule dont je doive m'occuper dans ce rhapitre.

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