OPACITÉS DU TYMPAN
;ans passer par la chaîne des osselets. L'ouïe sera moins fine sans doute, mais elle existera.
Bien que les résultats de cette opération aient été loin de répondre à l'attente qu'en avaient conçue certains praticiens, Bonnafont, par exemple, comme, en définitive, elle n'est pas langereuse et ne saurait en aucun cas aggraver l'état du malade, je suis d'avis que, dans le doute, il y faut recourir.
Comment convient-il de pratiquer la paracentèse du tympan? Faisons tout d'abord remarquer un fait assez étrange et spécial Si cet organe ; il est très difficile d'obtenir une ouverture artificielle permanente de la membrane du tympan, et d'autre part il pst exceptionnel d'observer l'oblitération des ouvertures spontanées. L'anatomie nous en fournit d'ailleurs l'explication. Il suffit de rappeler que le tympan est une membrane qui ressemble tout à fait à de la baudruche. Elle lui ressemble par sa minceur, sa ténacité et son défaut d*élasticité. La membrane du tympan ne renferme en effet ni fibres musculaires ni fibres élastiques, de telle sorte que les deux lèvres d'une incision restant au contact se soudent rapidement par réunion immédiate. D*autre part le tympan est encadré dans un cercle osseux, de façon que, lorsqu'une perte de substance y a été faite, les bords ne peuvent pas plus se rapprocher que ceux d'un trou pratiqué dans une peau de tambour.
Il n'est donc pas surprenant qu'on ait imaginé un grand nombre de procédés et d'instruments pour établir une ouverture artificielle dans le tympan. J'ai fait construire à cet effet un emporte-pièce (fig. 7) qui enlève très bien une rondelle de papier, mais beaucoup moins bien une rondelle de tympan. Bonnafont 1 proposé un petit œillet métallique qu'il laisse à demeure comme in double bouton de chemise. D'autres ont tenté de tailler un ambeau triangulaire dont ils ont fixé le sommet aux parois du conduit, opération qui me semble d'une exécution bien difficile.
On peut se contenter d'abord de fendre le tympan avec un ins- ;rument qui puisse dilacérer les bords et les écarter au moins nomentanément. On acquiert aussitôt la certitude que la perfo- 'ation est obtenue en ordonnant au malade de faire une expiraion brusque, la bouche et le nez étant fermés. Ou bien le naïade n'entend pas mieux, ou bien il entend beaucoup mieux : >'il n'entend pas mieux, comme il n'y a aucune raison pour
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que la situation s'améliore avec le temps, laissez les choses en Tétat; s'il entend mieux, faites ensuite des douches d'air fréquentes, écartez les bords de la perforation les jours suivants et au besoin touchez-les au galvano-cautère.
L'emploi de la cocaïne rend celte opération beaucoup plus facile.
Quant au procédé opératoire, il est des plus simples : armez-vous d'un miroir frontal, introduisez le spéculum le plus large possible. Porlei l'instrument à travers le spéculum sur un point du tympan que vous aurez déterminé d'avance, et choisissez comme lieu d'élection la portion sousombilicale du tympan. L'instrument H l'aide duquel je fais la paracentèse (fig. 8) est construit de façon que son extrémité ne puisse aller buter contre la paroi opposée, paroi osseuse sur laquelle la pointe d'un bistouri pourrait se briser.
4° De la flaccidité du tympaii. — Fixée solidement par sa circonférence dans l'anneau tympanique comme une toile dans son cadre, fixée à son centre par la chaîne des osselets qui la relie à la paroi labyrinthique, la membrane du tympan est fortement tendue et ne jouit à l'état normal que de très peu de mouvements. Sous l'influence d'une forte expiration, la bouche et le nez fermés, elle se redresse légèrement ; dans un mouvement de déglutition, la bouche et le nez étant fermés (expérience de Toynbee), elle tond à se porter vers la caisse et sa concavité s'accentue, mais c'est tout; elle peut d'ailleurs exécuter des mouvements asset prononcés dans les doux sens, ainsi que j'en ai vu souveiit des