VI PRÉFACE
Un autre livre était à faire; depuis longtemps j'en avais conçu le projet et préparé l'exécution.
Quelle est, en effet, la conduite du praticien, du chirurgien dliôpital par exemple, lorsqu'il se trouve en présence d'un malade?
Mettant à profit les notions qu'il a acquises dans les diverses branches de la médecine, il établit le diagnostic, formule les indications thérapeutiques et procède ensuite au traitement : il fait, en un mot, de la clinique.
Or, il n'existe pas d'ouvrage conçu dans cet esprit, et c'est cette lacune que je me propose de combler en publiant un Traité de chirurgie clinique.
En outre, il m'a semblé utile qu'un homme arrivé déjà ù une période assez avancée de la vie, ayant passé de nombreuses années dans les grands hôpitaux, donnât son opinion sur le meilleur mode d'examen des malades, et sur le traitement le mieux approprié à chaque circonstance. Il m'a semblé que c'était presque un devoir.
C'est dire que cette œuvre est exclusivement personnelle.
En exposant au lecteur la manière dont je l'ai composée, il en comprendra mieux le but.
Pour écrire chacun des chapitres, je me suis toujours supposé en présence d'un malade et me suis demandé : Étant donné ce cas, par quelle voie le praticien arrivera-t-il le plus sûrement au diagnostic ? Quel traitement convient-il d'instituer?
Il était donc nécessaire de rester constamment sur le terrain de la pratique, et s'il m'est arrivé parfois de faire intervenir les causes, la pathogénie ou l'anatomie pathologique, c'est que les renseignements qu'elles fournissent étaient
PRÉFACE. Vil
immédiatement utiles pour atteindre le but : le diagnostic et le traitement.
Je n'ai pas cru devoir indiquer les nombreuses variétés de traitement souvent proposées pour une même affection; c'eût été faire double emploi ; on en trouvera la description dans les traités spéciaux de médecine opératoire. Je me suis contenté de décrire la méthode de choix, celle que j'emploie dans ma pratique.
Certaines affections sont très rares, d'autres se rencontrent fréquemment ; si j'ai signalé les premières, afin d'être complet, ce sont les secondes qui m'ont principalement occupé, tout en m 'imposant l'obligation d'apporter le plus de concision possible dans mes descriptions.
J'ai pensé qu'il serait bon, avant d'entrer en matière, de passer sommairement en revue quelques points de chirurgie clinique générale, tels que : l'examen des malades, le traitement des plaies, des hémorrhagies, etc., ce que j'ai résumé sous forme d'm/rorfwc/io/î.
Les figures forment le complément indispensable d'un ouvrage scientifique, surtout les figures schématiques. J'ai mis à profit ce genre de démonstration, lorsqu'il ajoutait à la clarté du texte. Il était superflu de reproduire celles qui se trouvent dans d'autres ouvrages : tous mes dessins sont donc originaux et ont été exécutés d'après mes indications.
M. C. Perier, chirurgien de l'hôpital Lariboisière, a pris la peine de revoir les épreuves de ce livre, et j'ai plusieurs fois profité des réflexions de cet esprit si judicieux. Qu'il reçoive mes remerciements pour ce nouveau témoignage de notre vieille amitié.
Vlll PRÉFACE.
Je ne me suis pas dissimulé la difficulté de mener à bien cette entreprise, et n'ai pas la prétention de livrer au public une œuvre irréprochable. J'espère cependant que mon temps et ma peine ne seront pas entièrement perdus ; j'espère avoir, dans lamcsurede mes forces, rendu service à la science, à mes confrères et à mon pays; c'est ma seule ambition.
ÏILLAUX.
Paris, juillet 1886.
La deuxième édition delà Chirurgie clinique contient quelques modifications nécessitées par la marche incessante de la science, sans changements notables dans Tensemble de l'ouvrage.
Je dois faire remarquer toutefois qu'un certain nombre de figures qui m'avaient paru insuffisantes ont été remplacées par des ligures nouvelles.
TILLAUX.
Paris, le 28 octobre 1890.