CATARACTE
Temier. Choisissez de préférence une saison de moyenne température, l'automne en particulier.
Lorsque l'opération est décidée, préparez votre malade. Faites m sorte qu'il ne tousse pas ; disposez une chambre noire où il iéjournera après l'opération. Donnez la veille un purgatif salin. ia moment de l'opération, lavez soigneusement tout le champ >pératoire : paupières, culs-de-sac conjonctivaux, avec une solution d'acide borique & 40 pour 1000, ou bien avec du sublimé au S/1000; insensibilisez l'œil avec la cocaïne, à moins que le malade n'exige du chloroforme ; recouvrez l'autre œil d'un bandeau.
L'opération faite, lavez de nouveau l'œil avec l'acide borique ; (M. Panas conseille même les lavages intra-oculaires) ; exercez à 8a surface une douce compression avec un tampon d'ouate hydrophile et une bande de flanelle. Le pansement sera renouvelé les jours suivants.
Quant aux cataractes congénitales, la règle est de les opérer le plus tôt possible, à condition qu'elles soient complètes ; sinon, il faut attendre. En raison de leur consistance molle et môme liquide, c'est à la discision de la capsule que vous devrez avoir recours en général, comme méthode opératoire.
La cataracte traumatique s'accompagne fréquemment d'adhérences capsulaires, ce qui rend l'opération plus difficile et en compromet le résultat, et, comme d'ailleurs un seul œil est atteint, je repousse l'opération dans ce cas. Ce ne serait que s'il survenait des accidents glaucomateux, ou pour des considérations toutes spéciales d'esthétique, qu^on serait aurorisé à tenter l'extraction.
Opération de la cataracte. — 11 existe deux grandes méthodes d'opération de la cataracte par extraction (de nos jours, il n'est même plus question d'abaissement) : la méthode française ou de Baviel, incision à lambeau, et la méthode allemande ou de de Graefe, incision linéaire. Presque tous les temps opératoires différent dans ces deux méthodes, mais ce qui les distinguo surtout, c'est le mode d'incision de la cornée. L'incision do Daviel suit l'un des petits cercles de la sphère que représente lo globe de l'œil, tandis que l'incision de de Graefe passe par l'un Jes grands cercles : la première est donc toujours oblique par ^^pport à la surface du globe de l'œil, et la seconde perpendiculaire à cette surface (Voy. fig. 12).
L'incisîoD de Davie! formfi lambeau, une sorte de soupape qui s'écarte et se rapproche très facilemeut du globe, de telle façim que le cristallin peut sortir avec la plus grande facilité; c'est là son avantage. L'incision linéaire, au contraire, est une siin[4< feote, une espèce de boutonnière dont les bords n'ont aucune t«idance à s'écarter, et qui, par conséquent, laisse moins facilemeot sortir le cristallin ; c'est là son inconvénient. Par contre, et comme conséquence, l'incision linéaire guérit beaucoup pins rapidement par réunion immédiate que l'incision à lambean. rt c'est ce qui constitue sa supériorité incontestable. De plus, l'incision Ji lambeau expose davantage à la sortie en masse du corpt vitré ; le lambeau vil plus difficilement ; aussi l'incision linéaire est-elle universellement, et aT« raison,- selon moi, adoptée de nu jours.
Au début de son importante
découverte, de Graefe recula cision aux limites extrêmes de 11 cornée, empiétant même sur k limbe sclérotical, et g'attacbi i ne sectionner que le quart sopi- P,„ ,j rieur de la circonférence de celte
membrane en donnant au coitcau, au moment de son entrée et de sa sortie dans la scVrotique, une direction telle qu'aucun terrain n'était perdu an extrémités de la plaie. David avait fait trop grand, de Giaefc faisait évidemment trop petit. Le cristallin sortait péniblement par le fait de l'incision et aussi du fait de l'iris, qui, se troaml cliussé vers la plaie, coiffait le cristallin et faisait obstacle i M sortie. C/cst pourquoi de (iraefc pratiqua la section de l'iriili'iridcctomie fut une opération de nécessité.
En Kommc, la méthode française, si facile, si brillante, amtt^ remplacée par une méthode difficile, compliquée et d'une eiécr lion pOnible, mais cette dernière offrait plus de sécurité : »v^ fut-elle exclusivement adoptée.
t'ependant l'auteur lui-mi^mc et ses élèves, frappés de ses no»'' breux inconvénients, lui firent subir d'importantes modificatioD!< ainsi que M. Noila en France. L'incision fut rapprocha ^^ centre de la cornée, fut agrimitie d môme portée tout au cen'f
par Kuchler. L'iris ne gônait plus dès lors pour la sortie du cristallin, et on le respecta. On a beaucoup discuté et on discute encore la valeur de l'iridectomie dans l'opération de la cataracte; voici ce que je crois être la vérité.
C'est après coup que l'on a imaginé que l'iridectomie jouait un râle oatiphlogistique dans l'opération de la cataracte, opinion qui ne me parait pas soutenable. De Graefe coupa l'iris pour faire place au cristallin, de telle sorte que, si la méthode employée permet la sortie facile de la lentille, l'iridectomie devient une opération inutile, et, partant, nuisible. Je conçois encore que l'on pratique la section de l'iris pour s'opposer à l'enclavement de cette membrane dans les lèvres de la plaie, mais c'est toujours dans un but mécanique. Eu un mot, l'iridectomie peut devenir une nécessité au cours d'une opération de cataracte, mais on doit la considérer comme une complication et s'en dispenser s'il est possible.
Dans une section purement linéaire de la cornée, les angles de l'incision sont très aigus et ressemblent & ceux d'une boutonnière neuve : aussi les bords s'écartent-ils difficilement, même quand l'incision serait sufiisamment large ; le cristallin, pour sortir, entr'ouvre les lèvres de cette boutonnière, sort à frottement et s'essuie en quelque sorte sur ,-— ■— nrr>..
les rebords : il en résulte que ^ % f! ih les couches corticales molles les plus superficielles peuvent ainsi rester dans la chambre antérieure, d'où la nécessité de les aller cherchcravec une curette : c'est pourquoi il est préférable, après avoir fait la ponction et ta contre-ponction avec le couteau de de Graefe, de cheminer parallèlement à la surface de l'œil, dans la hauteur d'environ 2 millimètres, avant de retourner le tranchant vers la cornée (tig. 13) pour en faire la section. Un débride ainsi les angles de la boutonnière pour lui permettre de s'ouvrir plus facilement, et l'on obtient une sorte de petit lambeau quadrilatère. Mais on aurait tort de dire que c'est là un retour complet il la méthode de Daviel, car, je le répète, la section de la cornée reste toujours linéaire, ce qui est, à mon avis, la caractéristique de la méthode de de Graefe.
Le procédé que je conseille est, en définitive, le suivant (fig. 13):
Le malade étant couché, placez-vous devant lui pour opérer Tœil gauche et derrière pour opérer Tœil droit, à moins que vous ne soyez assez certain de votre main gauche. Appliquez un blépharostat, fixez Tœil avec une pince à griffes, ou bien avec la pique de Pamard, et exécutez successivement les divers temps suivants:
l"" Faire la ponction h Tunion de la cornée et de la sclérotique* à 2 millimètres environ au-dessus du diamètre transversal de U cornée, et la contre-ponction dans le point diamétralement opposé, avec le couteau de de Gracfe ;
2" Cheminer parallèlement à la face antérieure à Tiris dans la hauteur de 2 millimètres, le tranchant du couteau dirigé en haut ;
3** Tourner l'instrument de façon que la lame regarde la cornée» et couper celle-ci perpendiculairement à sa surface par de légers mouvements de scie ;
4" Diviser la capsule avec le kystitome et retirer le bléphirostat ;
5° Soulever la paupière supérieure avec les doigts, ordonnerio malade de regarder en bas, et exercer une légère pression sur le segment inférieur du globe pour favoriser la sortie du cristallin:
6* Nettoyer la chambre antérieure, s*il y reste du sangoudefi débris de cristallin, et faire le pansement ainsi qu'il est ditpln^ haut.
La fliseision de la capsule applicable à la cure des cataracte$ congénitales laiteuses se fait à Taide d'une aiguille fine que Ton introduit k travers la cornée en dehors de son centre.
H. Affections consistant en une lésion profonde, visible seulement à rophthalmoscope (maladies du fond de rœil). — L'aspect extérieur de Tœil est sensiblement normal, les milieux sont transparents, et néanmoins la vision est profondément altérée ou abolie : nous avons affaire à Tune des afreclion> désignées, il n'y a pas longtemps encore, avant la découverte d* rophthalmoscope, sous le nom générique d'amaurose {i\i,xj^r obscurcissement).
Le diagnostic des maladies du fond de Tœil a fait depuis cette opoque des progrès immenses, ou plutôt tout a été créé sous ce rapport ; mais il faut bien reconnaître que la thérapeutique n'en