‹ Traité de chirurgie clinique v.2 (volume 3)Chapitre 27 sur 107 · CATARACTE · texte numérisé non relu

CATARACTE

corticale. Il en résulte que la cataracte demi-molle présente une coloration blanc nacré avec un reflet jaunâtre, appréciable surtout à l'éclairage oblique. Ce reflet jaune est plus apparent si les couches corticales sont moins épaisses ; il n'existe pas du tout, si la cataracte est molle, et, si la cataracte est dure, le noyau la constituant à lui seul, elle est de couleur jaune ambré. Très exceptionnellement on a signalé des cataractes vertes, des cataractes noires, dues à des dépôts de matière colorante dans le noyau.

Le volume de la cataracte varie légèrement suivant sa consistance : la cataracte demi-molle est un peu plus volumineuse que la cataracte dure. On le reconnaît, dit-on, & ce que dans la cataracte dure^ riris, n'étant plus en contact avec le cristallin qui s*est rétracté, porte ombre sur celui-ci quand on en examine obliquement la face antérieure. Je pense qu'il faut tenir peu de compte de ce signe, car il n'est pas probable que la rétraction soit suffisante pour que l'iris s'écarte du cristallin. Lorsque vous apercevrez une ligne noire entre l'iris et la partie opaque, concluez-en beaucoup plutôt qu'il existe encore à la surface du cristallin des couches corticales transparentes, et que, par conséquent, la cataracte est incomplète. 11 est d'ailleurs en général très facile de vérifier ce fait, en examinant surtout la périphérie de la lentille, qui est la dernière & se prendre.

Vous avez donc acquis les notions suivantes : le malade est affecté d'une cataracte ; elle est demi-molle, molle ou dure, complète ou incomplète.

La cataracte est-elle simple ou compliquée ? — Lorsque la pupille est normale, c'est-à-dire régulière et mobile ; lorsque le malade n'éprouve pas de douleurs dans l'œil ; lorsque les paupières et les voies lacrymales sont saines ; lorsqu'il n'existe pas d'états constitutionnels, tels qu'albuminurie ou diabète, la cataracte est dite simple. Le développement rapide de la cataracte ferait songer tout d'abord à l'existence de ces deux dernières affections, et l'aspect du cristallin serait celui des cataractes molles.

Quel est Fétat fonctiomiel de la rétine? — Un malade atteint de cataracte, même complète, doit distinguer le jour de la nuit. Placez-le dans une chambre obscure, promenez devant ses

yeux la flamme d*uDe bougie ou d*une lampe, il doit l^apercevoir sans hésitation, et la suivre dans tous ses mouvements i une distance de un mètre au moins. Cela vous suffit pour affirmer qu'il n'existe ni atrophie de la papille, ni glaucome, et que votre malade recouvrera la vision s'il ne survient aucune complication opératoire, fait capital à constater avant d'entreprendre l'extraction. Vous pourrez corroborer cette exploration k h bougie par la recherche des p/iosphpfips^ c'est-à-dire en constatanl que la rétine perçoit une impression lumineuse à la pression, dans le point opposé à cette pression ; mais cette constatatioB présente une bien moindre importance, car les malades ne se rendent pas un compte exact de ce que vous leur demandez.

Donc, si la pupille n'est pas mobile, si le champ pupillaire n'est pas très net, si l'iris est tremblotant (signe de ramollissement du corps vitré) ; si le globe de l'œil est dur et douloureux (signe de glaucome); si le malade ne voit pas franchem€nt\k flamme d'une bougie à un mètre au moins, n'opérez pas, vous n'obtiendriez aucun résultat.

Quant aux autres complications : mauvais état des voies lammales, de la paupière et de la conjonctive ; albuminurie; diabète, elles ne sont pas des contre-indications à l'opération, à conditioi do les traiter préalablement.

Quel traitement convient-il d'employer 7 — Avant de choisir le procédé opératoire, vous avez à résoudre plusienn (|uostions importantes.

Faut-il attendre, pour opérer, que la cataracte soit mûre, c'eslà-dire que les couches corticales soient complètement opaqaes? Oui, car dans le cas contraire les parties encore transparentes restent emprisonnées dans la capsule cristallinienne, qui se feme sur elles, à la manière d'une bourse, et c'est ainsi que se formeûl ; dans la très gran<le majorité des cas les cataractes dites secû^ daires, dont la guérison présente des diflicultés plus grandes qo^ celle des cataractes primitives.

Lorsqu'un seul œil est atteint, faut-il opérer? Non, en principe ; cependant certains malades dont la profession exige l'exercice de la vision binoculaire réclament l'opération, et Ton est autorisé à la pratiquer.

Faut-il opérer les deux yeux dans la même séance? Non. Opérez d'abord un uûl, et commencez par celui qui a été atteint It*

Page 1