‹ Traité de chirurgie clinique v.2 (volume 3)Chapitre 32 sur 107 · TUMEURS DR L'ORBITE · texte numérisé non relu

TUMEURS DR L'ORBITE

commune à l*orbiteet à ces diverses cavités, elles se sont portées plutôt du côté de Torbite. Il est aisé de comprendre les modifications physiques et physiologiques que ces tumeurs apportent dans le globe de Tœil en raison de leur volume et de leur siège. L'extirpation des exostoses orbitaires présente de réelles difficultés; les instruments les plus puissants ne peuvent arriver k les entamer : c'est par des mouvements de bascule à Taide d'un levier, en se servant au besoin de la gouge et du maillet qu'on en vient le plus facilement à bout.

Jen*ai rien à dire de spécial sur le lipome de Torbite.

Quant au sarcome, quel qu'en soit le point de départ (et il est probable que c'est la couche cellulo-graisseuse post- oculaire) il faut savoir qu'il peut marcher avec une rapidité si extraordinaire, si foudroyante, que l'on hésite à porter le diagnostic. En voici un exemple : Un jeune garçon de dix-sept ans, jusque-là très bien portant, commence à ressentir un peu de gêne dans l'œil droit le 2 janvier 4887. La conjonctive est légèrement injectée, mais la vision est intacte. M. Galezowski trouve le fond de l'œil sain. La paupière supérieure se tuméfie, l'œil est projeté en avant elle jeune homme entre dans mon service le 18 janvier. L'aspect 6sl absolument celui d'un phlegmon de l'orbite ; en tout cas, je repousse l'idée d'un néoplasme, lequel, brusquement, en quelques jours, aurait acquis déjà un volume considérable, et je me rattache à celle d'une affection inflammatoire. Le 20 janvier, je praftjue donc une large et profonde incision au-dessous de l'arcade «ourciiière, mais il ne s'écoule que du sang. La tuméfaction Wgmente et une véritable tumeur apparaît au-dessous de l'œil, 'orce est bien d'accepter qu'il s'agit d'une lésion organique, et, ^ 9 février, je pratique l'énucléation du globe et le curage de ^orbite.

Le jeune garçon sort de l'hôpital le 19 mars. Mais la récidive •Pparalt tout de suite, et il rentre dans mon service le 2 mai. ^onde opération. Presque aussitôt, nouvelle récidive dans des auditions telles que toute intervention est impossible et la mort ^fvient peu de temps après.

Le sarcome encéphaloïde est une affection que nous observons **^ fréquemment sur les jeunes sujets, et en particulier au *^veau des membres, mais je n'ai pas souvenir d'avoir jamais ^ une marche analogue à celle de ce sarcopte galopant de l'orbite.

Kystes de rorbite. — Les kystes de Torbite constituent une aiTection intéressante dont la pathogénie n'est pas encore bien établie. Que des kystes séreux se développent aux dépens des coulisses tendineuses des muscles, comme dans d*autres parties de Téconomie, cela est possible. Que Torbite renferme des kystes hydatiques, rien non plus d'extraordinaire. Mais il existe une variété de kystes, spéciale à Torbite : ce sont les kystes congénitaux qui occupent, en général, la partie inférieure et interne de li cavité orbitaire, et parmi ces kystes je signalerai en particulier ceux qui coexistent avec la microphthalmie ou avec Vanoplithaliuif.

Voici les caractères cliniques généraux de ces tumeurs : Dans Tangle interne de Torbite et sur la paroi inférieure, en arrière Ju sac lacrymal, on constate Texistence d'une tumeur lisse, arrondie, régulière, ferme au toucher, et cependant rénitente, immobile, absolument irréductible et le plus souvent indolente. Il faut toujours, il est vrai, songer à la possibilité d'une méningo-encéphalocMe, mais alors la tumeur est quelquefois réductible, siège très en avant, au niveau de la suture fronto-nasale et ne s'enfonce pas dans la cavité de l'orbite ; toutefois il est bon de savoir que Terreur est possible, ainsi que je l'ai déjà fait remarquer au chapitre : Tumeurs du crtine. En présence des signes cliniques précédents, il n'y a guère de doute possible : il s'agit d'un kyste.

Or ces kystes peuvent (Hre d'origine deitnoïde^ comme ceux <k la queue du sourcil, et il me parait très rationnel de rattacher i cette origine les kystes à contenu huileux de cette région.

Au lieu que la surface interne du kyste soit constituée parun^ membrane analogue à la peau, il se peut, d'après un cas de M. Panas, que ce soit une muqueuse : c'est alors un kyste nutroïde. On peut l'expliquer aussi par la théorie de l'enclavement non plus de Tenclavementde la peau, mais d'une muqueuse, etici de la muqueuse pituitaire, au niveau de la paroi interne de l'orbite.

Voilà donc deux variétés de kystes congénitaux de l'orbite qui paraissent bien établies : kyste dermoïde et kyste mucoîde. Ce* kystes n'affectent aucun rapport avec le globe de l'œil et ne diffèrent pas en réalité de ceux de même nature observés dans d'autres régions, au sourcil, au cou, par exemple.

11 existe une troisième variété de kyste orbitaire congénital «»n rapport intime avec le développement du globe de l'œil, coïncidant en général avec la microphthalmie, et dont l'histoire est

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