TUMEURS DE L'ORBITE
dans 1 orbite. Son existence n'est cependant pas une preuve absolue, parce qu'une périostite, un phlegmon, peuvent lui donner naissance ; mais alors les phénomènes inflammatoires, la marche de Taffection, ne permettront guère de se tromper, ou du moins Terreur sera de courte durée, ainsi que je le montrerai plus loin. J'en dirai autant de Texophthalmie qui accompagne le goitre exophlhalmique, exophthalmie double et dont la coexistence avec les palpitations et le goitre fera reconnaître le caractère. L' exophthalmie sera quelquefois directe ; elle pourra être latérale suivant le siège de la tumeur.
La douleur est loin d'être par elle-même un symptôme de tumeur orbitaire, mais elle a son importance diagnostique suivant qu'elle accompagne Texophthalmie, qu'elle siège sur le trajet de tel ou tel nerf, et suivant la période où elle est apparue. La douleur provoquée sur l'œil malade atteint de cécité complète par l'action de la lumière sur l'œil sain me parait plaider fortement en faveur d'une tumeur primitive du nerf optique.
La diplopie, la paralysie de l'un des muscles, l'apparition de la myopie, de l'hypermétropie, etc., seront des symptômes qui non seulement prouveront la présence d'une tumeur dans l'orbite, mais encore renseigneront sur le siège qu'elle occupe ; c'est ainsi, par exemple, que la myopie indiquera une compression latérale et que l'hypermétropie fera supposer une compression du globe dans le sens antéro-postérieur. Une cécité complète et survenue nipidement portera à penser que le nerf optique est le siège de la tumeur. Il faut savoir que ce nerf est susceptible d'éprouver un allongement considérable sans perdre ses propriétés ; on le constate dans certains traumatismes et dans quelques cas d'exophthalmie assez prononcée pour que le globe de l'œil, chassé en 1 quelque sorte de l'orbite, ne soit plus recouvert par les paupières.
Faisons maintenant l'application de ces données cliniques générales aux cas particuliers.
11 y a toutefois lieu d'établir une catégorie à part pour les fumeurs de la glande lacrymale. En raison du siège anatomique *'e la glande, les tumeurs qui s'y développent, à moins d'acquérir un très gros volume, ce qui est rare, occupent à peine la cavité orbitaire. Elles se portent de préférence en avant, et soulèvent la paupière supérieure au niveau de l'angle externe de l'œil : aussi '® siège même de la tumeur est-il un signe de présomption d'une
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réelle valeur. C'est à peine si ces tumeurs exercent une action sur le globe lui-même qui peut, à la rigueur, être reporté plus ou moins en dedans, mais non en avant. On ne constate donc pas d'exophthalmie. Les mouvements du globe sont parfois légèrement entravés, mais il n'existe pas de troubles de la vision. En général les malades ne souffrent pas.
Ces phénomènes sont ceux du début ; on conçoit en effet que. si la glande acquiert un volume considérable, elle finisse par provoquer des troubles sérieux du côté du globe.
La tumeur peut être liquide ou solide. Lorsqu'elle est ferme au toucher, inégale, irrégulière, le diagnostic est facile, cesen sans doute un sarcome (le sarcome mélanique est plus sp^ial à cette région), un cliondrome, et on se rappellera toutefois que la glande lacrymale est susceptible de contenir des calculs oa ilacryolilhf's. Mais si la tumeur est lisse, régulière, rénitente, indolente, il sera le plus souvent difficile, je dirai presque impos* sible, d'affirmer qu'il s'agit d'un adénome ou d'un kyste. En eBH la région se prête très peu à l'exploration nécessaire pour établir ce diagnostic; la tumeur manque de point d'appui en arrière el fuit sous les doigts. J'ai enlevé récemment un adénome de la glande lacrymale et j'étais convaincu qu'il s'agissait d'un kyste.
On pourrait alors, en raison du siège de la tumeur, songeri m de ces kystes dermoïdes, relativement si fréquents, qui occupenl la queue du sourcil ; on y songerait d autant mieux que quelquesuns de ces kystes s'enfoncent dans l'orbite, au lieu de faire, comme k l'ordinaire, un simple relief sur l'apophyse orbitaire externe. Vous distinguerez ces derniers d'une tumeur de la glande lacrymale, en ce que celle-ci est toujours mobile da«$ tous les sens, tandis que le kyste adhère invariablement ai squelette par un point de sa surface.
L'extirpation de ces tumeurs doit être pratiquée à l'aide d'ttoe incision parallèle au grand axo de la paupière supérieure, et Xo^ ration ne présente d'ailleurs aucune difficulté. Je dirai plusloii comment il convient d'enlever la glande lacrymale saine.
Les exos(osrs (b* F orbite se reconnaissent de prime abord d^ qu'on applique le doigt sur la tumeur; celle-ci présente enefW une consistance éburnée. Les exostoses de l'orbite ressemblent à cellesqui se développent aux voisinage des fosses nasales, dans le» sinus frontaux et maxillaires. Ayant pris naissance dans la paroi