TUMEURS DE L'ORBITE
de l'un ou de l'autre système vasculaire, — ou encore une dilatation de la veiùe ophthalmique due à une communication du sinus caverneux avec la carotide interne ? — La dilatation veineuse est-elle simplement le résultat d'une compression exercée sur la veine ophthalmique au sommet de Torbite ou dans le sinus caverneux ?
Ces diverses hypothèses sont admissibles ; je ne puis cependant m'empôcher de faire des réserves à propos de la dernière, à savoir : la simple dilatation veineuse due à la compression de la veine ophthalmique au sommet de Torbite, sans aucune communication avec le système artériel. Que cette compression produise une tumeur avec battements et bruits de souffle, cela est difficile à accepter, malgré le voisinage de l'artère carotide interne.
Sans doute les faits de Nunneley, reproduits par M. Dumée dans sa thèse inaugurale en 1870, ceux de Bowman, de Hulke, l'observation de M. Aubry, donnent à cette théorie une base importante. Cependant il est si anormal de voir une simple dilatation veineuse produire des battements et du bruit de souffle, et, d'autre part, le fait s'expliquerait si aisément par une communication, si étroite qu'elle fût, entre la carotide interne et le sinus caverneux, que nous en appelons encore à de nouveaux faits tvant d'accepter définitivement cette variété de tumeur vasculaire de Torbite.
M. Delens aurait tendance à faire jouer un rôle prépondérant à Tanévrysme artérioso-veineux dans la production des tumeurs orbitaires, mais ce n'est aussi qu'une hypothèse, assez vraisemblable, il est vrai, qu'il appartient aux faits de confirmer ou d'infirmer. Dans tous les cas, les observateurs devront, à l'avenir, noter avec grand soin si le bruit de souflle est intermittent, ou bien s'il est continu avec redoublement, ce qui a été presque toujours négligé jusqu'ici.
Le mode de production de ces tumeurs viendrait à l'appui de l'hypothèse de M. Delens. En effet, souvent leur début a été brusque, et elles ont succédé à un traumatisme : ainsi, dans une observation de Velpeau, il s'agit d'un homme qui avait reçu un violent coup de poing sur la nuque. Dans la remarquable observation de M. Desormeaux, il s'agit également d'un homme qui, dans une chute, eut la tête fortement serrée entre une caisse ^l une grue.
Quoi qu'il en soit, les diverses tumeurs vasculaires de l'orbite
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donnent lieu à des symptômes à peu près identiques, et la distinction des variétés n'a qu'une importance clinique secondaire, car un même traitement leur est applicable.
C'est à la ligature de la carotide primitive qu'on devra le plus souvent recourir, si toutefois Taffection provoque des accidents graves. En 1870, M. Delens avait réuni 33 cas de ligature de la carotide primitive pratiquée pour des tumeurs vasculaires de Torbite. Sur ces 33 cas, il y eut 22 succès, 5 succès partiels. 1 insuccès et 5 morts, statistique assurément encourageante. Depuis cette époque, M. Chauvel a fourni une statistique également favorable et dans des proportions sensiblement égales : 56 cas, 37 guérisons, H insuccès, 8 morts. La ligature de la carotide primitive, qui donne en général une moyenne de 41 à 43 p. 100 de mortalité, est donc moins grave ici, puisqu'elle ne parait donner que 14 à 16 p. 100, ce qu'il n'est pas bien facile d'expliquer.
Toutefois, avant de se décider à cette grave intervention, on pourrait essayer la compression digitale sur la carotide primiti^'e. M. Yanzetti (de Padoue) en a obtenu de bons résultats ; on y joindrait les applications locales de glace. Ces deux moyens combinés m'ont donné, si ce n'est la guérison, au moins une amélioration très grande dans un cas d'anévrysme cirsoïde extrè* mement étendu, non do Torbite, il est vrai, mais le mode d'action est le même, quelle que soit la région.
On a employé les injections de perchlorure de fer et M. Desormeaux a dû à cette méthode un succès : mais je n*ose. trop conseiller ce moyen, par crainte de la thrombose des sinus. Si on y avait recours, il serait bon de comprimer au cou la veine jugulaire interne, pendant quelques minutes, pour diminuer le cours do sang. 4e répète que, si le malade n'éprouve que de la gène, moa avis est qu'il faut s'abstenir de tout traitement actif, d'autant plus que les tumeurs pulsatiles de Torbite n'abolissent généralement pas la vision. On lui conseillera d'éviter les causes qui activentU circulation et on prescrira la digitale.
U. Affections consistant en un simple trouble de to vision avec intégrité des membranes et des milieu^ (maladies de la réfraction et de l'acconmiodation). "^
Les affections de \\v'\\ qui répondent à ce titre sont produites par des anomalies de la réfraction ou de Taccommodation. J'y joio' drai le strabisme.