C. Affections organiques des parois du bassin. — Les
tumeurs développées aux dépens des parois pelviennes, qu'elles proviennent des parties molles ou du squelette, ne diffèrent pas, pour la plupart, de celles que l'on rencontre dans les autres points de l'économie et ne méritent, par conséquent, pas de description particulière. Il faut toutefois faire une exception pour celles qui naissent au niveau de la région sacro-coccygienne.
Les tumeurs sacro-coccygiennes présentent deux variétés : les unes sont acquises, font saillie^dans le bassin, et remplissent plus ou moins la cavité pelvienne ; les autres sont congénitales et, le
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plus souvent, sous-cutauées. Il est possible que quelques tumeurs fassent à la fois relief en dedans et en dehors du bassin, mais c'est exceptionnel.
Gomme exemple de tumeur in tra pelvienne sacro-coccygienne, je rappellerai le cas que j'ai publié, en 1875, à la Société de chirurgie. Il s'agissait d'un homme atteint de iibro-myome énorme remplissant l'excavation pelvienne à ce point que les fonctions de la vessie et du rectum étaient gravement compromises. Il est aisé, d'ailleurs, de se rendre compte des phénomènes de compression exercée par ces tumeurs sur les viscères et sur les troncs nerveux. La tumeur était implantée par un pédicule du volume du doigt au voisinage de l'articulation sacro-coccygienne, et ne put être enlevée qu'au prix d'assez grands efforts. Si, au lieu d'une tumeur molle, il s'agissait d'un chondrome (genre de tumeur relativement fréquent dans cette région), les difficultés d'extraction seraient presque insurmontables, et il faudrait recourir au morcellement de la masse, aûn de dégager les viscères.
On devra pratiquer une incision parallèle à la branohe ischiopabienne, qui permettra d'arriver sur la tumeur. sans intéresser les organes pelviens.
Une affection tout à fait spéciale à la région qui nous occupe est la tumeur sacro-coccygienne congénitale. Malgré des recherches récentes, il est bien difficile de se rendre encore un compte exact de la pathogénie de cette tumeur. On a établi une classification basée sur son contenu : quand on trouve des débris de fœtus, c'est une inclusion fœtale ; s'il n'y a que du liquide, c'est un kyste ; si le contenu est principalement du tissu fibreux, de la graisse, du tissu embryonnaire, on mettra l'étiquette fibrome, lipome, ou sarcome. Est-ce à dire que la tumeur sacro-coccygienne congénitale présente réellement ces diverses variétés de néoplasme? Je ne le crois pas. A part les caractères tirés du volume et de la consistance, qui sont essentiellement variables, ces tumeurs se ressemblent tellement entre elles par leur siège, qu'elles doivent reconnaître la même origine et être rattachées à un même processus d'évolution présentantdivers degrés. L'hypothèse quime paraîtla plus satisfaisante est celle d'un second germe plus ou moins développé, depuis un simple kyste jusqu'à la production de masses fœtales. On ne peut guère, ce me semble, comprendre autrement l'assemblage si complexe des éléments qui ont été parfois trouvés
TUHBURS SAGRO-COCCYGIBNNES. 2t3
dans ces tumeurs. Si le canal ractiidian est quelquefois ouvert, ce n'est pas qu'il s'agisse d'un spina-bifida analogue à ce que nous avons décrit plus haut, cela résulte de ce que ta tumeur, en s'iaterposant entre lés lames vertébrales, s'est opposée à leur réunion.
Il faut toutefois se rappeler, avant de songer au traitement, ■que des hernies congénitales de la vessie et de l'intestin ont été constatées dans la région sacro-coccygienne.
Que faire en présence de ces tumeurs ?Doit-on les enlever? On a bien signalé quelques exemples de survie ; toutefois presque
Kig. lis. — Tumeur Bacro-'CoccygienDe.
tous les enfants meurent, si on les abandonne à eux-mêmes ; c'est ■donc une raison pour tenter une opération. Mais, d'autre part, il faut que l'opération présente des chances de succès, et parfois elle ■est si grave que le chirurgien hésite, avec raison, à l'entreprendre. Voici, par exemple, la tumeur que je représente figure 113; mon ami le D' Notta (de Lisieux) me pria d'examiner avec lui cette enfantdans son service, et nous fûmes d'avis qu'il n'y avait qu'à la laisser mourir.
Le volume de la tumeur, ses prolongements pelviens, la largeur de son point d'implantation, le degré de vitalité de l'enfant seront les principaux éléments sur lesquels le praticien basera sa décision; mais ici, comme dans beaucoup d'autres cas d'ailleurs, on ne saurait donner de règles précises; c'est au tact
et à la prudence du chirurgien qu'il convient de faire appeL Une fois Topération décidée, qu'elle soit radicale : ne faites nv ponction, ni incision, mais Tablation totale. Le thermocautère me parait être, dans le cas'particulier, le meilleur agent de diérèse^ afin d'éviter le plus possible la perte de sang.