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SACRO-COXALGIE

c'est-à-dire lorsque la mort ne succède pas à cette affection, des trajets iistuleux s'établissent et durent pendant des mois ou des années, jusqu'à ce que les parties nécrosées aient été éliminées.

L'âge du sujet, le siège de la maladie, la rapidité et l'intensité des accidents rendent le diagnostic facile, pourvu que le praticien songe à la possibilité de cette affection, heureusement rare.

Le traitement doit consister dans une large ouverture du foyer aussitôt que la présence du pus est constatée. Plus tard, on facilitera la sortie des séquestres, s'il en existe.

De môme que l'affection précédente, la sacro^coxaigie est une maladie rare.

Elle peut constituer une manifestation rhumatismale; plusieurs fois elle m'a paru se rattacher à une blennorragie; elle peut être consécutive à l'accouchement, mais, ainsi que la fémoro-coxalgie, cette affection reconnaît, le plus souvent, pour cause la tuberculose.

On conçoit donc que, suivant la cause qui Ta produite, la maladie s'accompagne au début de symptômes d'une acuité variable. Le premier est, en général, une douleur plus ou moins vive occupant la région de l'articulation. Il présente une grande importance diagnostique lorsqu'il est bien constaté. Recherchez l'épine iliaque postéro-supérieure, pressez avec le doigt en suivant le trajet de l'interligne articulaire, et constatez si la douleur suit bien exactement cet interligne et ne siège à aucun degré dans les parties adjacentes. La douleur irradie parfois en suivant le trajet du nerf crural ou du nerf sciatique, en sorte qu'on pourrait croire à une névralgie de ces nerfs, du dernier en particulier, mais le siège précis du point douloureux supérieur vous fera éviter l'erreur. La même exploration vous permettra de conclure qu'il ne s'agit pas d'un simple lombago.

Vous déterminerez encore souvent de la douleur par une exploration indirecte : saisissez les parties latérales du bassin entre les mains et exercez une certaine pression ; le malade accusera une sensation plus ou moins pénible, qu'il rapportera à l'interligne articulaire sacro-iliaque, ce qu'on n'observera pas dans la sciatique, le lombago, la coxalgie, ou le mal de Pott.

Au lieu d'une douleur, le malade pourra n'éprouver au début qu'une grande lassitude, une extrême difficulté dans la marche.

En raison de la pression que la colonne vertébrale exerce sur le sacrum, c'est principalement dans l'attitude debout ou assise que le malade accusera cette fatigue ; la position horizontale, au contraire, amènera un grand soulagement et sera impérieusement réclamée.

Il survient rapidement de la claudication ; le membre inférieur semble raccourci, et Ton pourrait songer à une coxalgie ; toutefois, outre que la sacro-coxalgie n'existe guère chez les enfants, mais seulement sur les sujets âgés de vingt à trente-cinq ans, on pourra s'assurer que les mouvements de l'articulation coxofémorale sont libres dans tous les sens.

Lorsque l'affection est d'origine tuberculeuse, il se produit souvent des abcès qui siègent soit en avant, soit en arrière de la symphyse sacro-iliaque ou sur ces deux points à la fois Dans ce dernier cas, bien que les deux foyers communiquent évidemment entre eux, il est impossible de faire refluer le pus d'une poche dans l'autre, tant sont serrées entre elles les surfaces articulaires. L'abcès peut descendre dans le bassin, sortir par l'échancrure sciatique, envahir la fesse, ou même fuser dans la cuisse.

La sacro-coxalgie suppurée pourrait être confondue avec une psoïtis, mais, dans ce dernier cas, le membre est fléchi et porté dans la rotation en dedans, ce qui n'a pas lieu dans le premier.

11 serait beaucoup plus difficile, impossible même, si ce n'est en s'appuyant sur la marche de la maladie, de différencier ces abcès de ceux qui résultent d'un foyer de carie limité à la crête iliaque ou au sacrum.

Le pronostic de la sacro-coxalgie varie suivant la cause qui l'a produite. S'il s'agit d'une arthrite rhumatismale ou blennorragique, après un temps plus ou moins long, l'affection se terminera, en général, par ankylose. Mais, lorsqu'elle est d'origine tuberculeuse et qu'il se forme des abcès circonvoisins, le pronostic est celui de toutes les suppurations osseuses de cette nature, c'està-dire que si la guérison est possible, la mort en est souvent aussi la conséquence.

A la première période de la maladie, le traitement consiste dans le repos, l'immobilisation du bassin et l'emploi des révulsifs. A la période des abcès et des fistules, il sera nécessaire d'ouvrir le foyer, de gratter, d'enlever les parties fongueuses, les portions d'os nécrosées, etc., c'est-à-dire d'employer les méthodes que

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nous appliquons aujourd'hui à la cure des affections osseuses chroniques, surtout lorsque le siège du mal est facilement accessible.

Est-ce ici le lieu de signaler la singulière affection qui a reçu le nom de coccyodynie ou coccygodynie ? Cette expression, qui signifie douleur au niveau du coccyx^ prouve que les auteurs ne sont pas très avancés sur la pathogénie de la maladie, et j'avoue, pour mon compte, qu'après en avoir observé de très près, et pendant longtemps, un certain nombre de cas j'ignore absolument à quelle cause il convient de la rattacher. Ce que nous savons, c'est que les femmes y sont à peu près exclusivement sujettes et que l'accouchement parait en être la cause déterminante habituelle.

L'affection consiste en une douleur variable, mais dont l'intensité est parfois telle, que les malades ne goûtent plus aucun repos et sont incapables de se livrer à un travail quelconque. La douleur siège principalement au niveau de l'articulation sacrococcygienne et se fait surtout sentir dans la position assise, qui devient parfois intolérable. Elle est permanente, mais exagérée parla pression. Avec cela,aucun phénomène de réaction locale ou générale, ce qui porte à croire qu'il s'agit bien d'une névralgie.

Le massage de la région coccygienne, à l'aide du doigt introduit dans le rectum, a soulagé souvent les malades, mais ne les a pas guéries; les révulsifs, lebichlorure de méthyle, n'ont pas été plus heureux. J'ai employé la section des sphincters, la résection du coccyx (que j'ai trouvé sain), avec une amélioration momentanée, mais sans obtenir la guérison. Bref, dans la plupart des cas, j'ai, de guerre lasse, dû abandonner le traitement, quand les malades n'y renonçaient pas elles-mêmes, et attendre l'effet du temps.

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