CHAPITRE III
Les calculs de la vessie chez la femme sont beaucoup moins fréquents que chez l'homme, ce qui tient, sans doute, en grande partie à ce que la femme expulse plus facilement les petites pierres
tombées du rein et qui servent de noyau à la formation de calculs plus volumineux.
La symptomatologie des calculs vésicaux est sensiblement la même dans les deux sexes, aussi n'ai- je pas à y revenir ici. Il n'en est pas de même du traitement.
La vessie de la femme est accessible par Thypogastre, le vestibule, Turètre, et le vagin, d'où les quatre espèces de tailles : hypogastrique, vestibulaire, urétrale, et vaginale. Toutefois, les deux dernières seules méritent d'être étudiées et comparées entre elles.
Nous avons vu que la lithotritie, pratiquée d'après les méthodes nouvelles, remplace avantageusement la taille chez l'homme dans beaucoup de circonstances. En est-il de même chez la femme ?
A priori^ il semblerait que la lithotritie devrait être, en raison de la brièveté du canal, de sa dilatabilité, de l'accès facile de la vessie, la méthode par excellence chez la femme, mais il y a un inconvénient qui annule presque ces avantages : c^est l'impossibilité à peu près absolue de conserver du liquide dans la vessie pendant la manœuvre du broiement, de sorte que les parois de l'organe sont exposées à une violente contusion. De plus, la présence des graviers dans le réservoir déterminait jadis une cystite intense. Si l'on songe qu'il fallait, pour atteindre le but, pratiquer un certain nombre de séances, on conçoit pourquoi la lithotritie chez la femme, malgré sa facilité apparente, ne jouissait que de très peu de faveur. Ajoutons que si cette dernière opération est plus facile que chez l'homme, la taille est également plus facile : aussi, avait-on recours de préférence à lacystotomie.
Une partie des inconvénients, c'est-à-dire le séjour prolongé des graviers dans la vessie et leur expulsion spontanée, est supprimée par l'usage de la méthode rapide, mais il reste toujours la manœuvre avide et la contusion des parois de l'organe, qui en est la conséquence presque forcée : aussi, ne m'est-il pas démontré que la lithotritie soit préférable à la taille. Je serais, toutefois, disposé à faire une exception en faveur des pierres d'un petit volume, comme celui d'une noisette, par exemple, qui peuvent être broyées en quelques minutes. Mais s'il s'agit d'un calcul de 2 à 4 centimètres, si le broiement exige des prises multipliées, si la séance doit durer une demi-heure ou une