‹ Traité de chirurgie clinique v.2Chapitre 85 sur 156 · AFFECTIONS DES VÉSICULES SÉMINALES · texte numérisé non relu

AFFECTIONS DES VÉSICULES SÉMINALES

Les affections des vésicules séminales, auxquelles il faut joindre celles des canaux éjaculateurs, sont peu nombreuses et aussi peu connues, en raison, sans doute, de la difficulté que Ton rencontre dans l'examen de ces organes. Je ne connais pas, en efi'et, le moyen d'explorer les conduits éjaculateurs, si ce n'est peutêtre au niveau de leur orifice urétral, et le toucher des vésicules séminales ne fournit souvent que des résultats bien incomplets.

Chez l'enfant, le doigt introduit dans le rectum arrive facilement à la base de la prostate et jusqu'aux vésicules, mais il est bien rare que ce soit utile à cet âge de la vie. Chez l'adulte, c'est déjà plus difficile, et je l'ai tenté bien des fois en vain chez le vieillard. Lorsque la prostate est augmentée de volume, c'est à peine si l'on peut arriver à la base de cet organe. Le toucher des vésicules séminales est facilité par l'amaigrissement du malade, mais, si la couche sous-cutanée et les creux ischio-rectaux sont chargés de graisse, le doigt ne saurait les atteindre. En tout cas, il est préférable de toucher lorsque la vessie est remplie d'urine, afin d'avoir un point d'appui.

lifi AKKECTIONS i»E& ORfiANEri GÉNITAUX DE L-flOMME.

Le rc{>ôre est le sillon très net que forme la h&se de la prostate, au-dessus de laquelle se trouvant intiiiédiatement les vésicules séparées l'une de l'autre par l'extrémité terminale des canaux déférents.

Je ne sache pas qu'on ait obsenù de blessure limitée aux véi cules séminales, et, d'ailleurs, on en comprendrait difflcilem< le mêcunisme.

Il est vraisemblable, au contraire, que les inflammations s frf^quentes et qu'elles existent â un degré variable dans tous presque tous les cas d'épididymite blennorrogique, mais, jo le' répète, il me paraît presque impossible, dans la plupart des cas, d'en affirmer l'existence à t'aide de signes cliniques bien manifestes. Un sentiment de pesiinleur dans le bassin, une douleur spontanée plus ou moins vive, exagérée par ]»' passage des matières fécales, par le toucher rectal, seraient susceptibles de faire soupçonner une vésiculite. mais il n'y a là rien de bien caractéristique, car il pourrait s'agir d'une prostfitit* et aussi d^une cystite du col. Un symptôme plus imporlant est tiré des caractères de l'éjaculation : non seulement celle-ci est douloureuse, ce qui a lieu dans l'inllammation des divers organes du voisinage, mais le sperme peut (tre mélangé de sang, ce qui ne saurait se rencontrer que dans la vésiculit*. étant donnée l'intégrité du testicule et de l'épidîdyme.

Si vous soupçonne/ l'existence de cette înllammation, recom-' mandez au malade un repos complet ot 1» privation de toute excitation génésique. Un abcès peut, à la rigueur, se produire, et le traitement sera le mdme que pourles al]cè.>i de la prostate, étudiés précédemment.

Le contact immédiat du péritoine avec les vésiL-uIes séminali (Voy. Anal, topofjr., fig. 252, p. 860, 9" édition) explique commenf une péritonite a pu réf^uUer d'une inllammation de ces vésicules.

Reliquel a décrit. Il y a quelques années, sous le nom de coliques spennutiç lies, une affection caractérisée analomiquement par l'obstruction de l'un des canaux éjaeulateurs. Elle se traduit par des envies fréquentes d'uriner, de la douleur à la fm do la miction, des élancements allant de l'anus à l'extrémité de la verge, «t^ une éjacutation douloureuse. Dans un cas, notre confrère consi par le toucher rectal une bosselure très nette du lobe droit la prostate, bosselure se continuant avec la vésicule sémil

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correspondante, et qui avait été considérée comme un tubercule- Une sonde ayant été introduite dans Turètre, il pressa sur la tumeur à travers la paroi rectale et fit sortir du canal éjaculateur une matière grise affectant l'aspect de brins de vermicelle disposés en réseau autour de la sonde. Le malade guérit.

Dans la tuberculose génitale, les vésicules séminales sont fréquemment atteintes, mais il est exceptionnel que Taffection débute en ce point. J'en ai, cependant, observé un exemple trèsnet sur un jeune homme qui portait dans la vésicule droite un noyau tuberculeux du volume d'une noisette, sans qu'aucun autre organe fût envahi. ^

Spermatorrhée, — Bien que la spermatorrhée ne soit pas nécessairement liée à une affection des vésicules séminales, il m'a semblé rationnel d'en placer ici l'étude.

Lorsqu'un sujet se plaint de spermatorrhée ou pertes sémitialeSy il faut d'abord s'assurer qu'il s'agit bien de sperme et non de liquide prostatique, et rechercher, par conséquent, au microscope la présence des spermatozoïdes.

Renseignez-vous ensuite sur les points suivants :

Les pertes sont-elles nocturnes ou diurnes 'i En général, la spermatorrhée commence par être nocturne, et ce n'est que plus tard, par suite des progrès de l'affection, que l'écoulement du sperme se produit aussi pendant le jour, le plus souvent après la défécation.

Les pertes surviennent-elles à la suite d'un rêve erotique ? Dans ce cas, le malade en a conscience, éprouve la sensation particulière que donne Téjaculation et se réveille au moment de l'émission du sperme. Il est évident que cet état est physiologique, s'il survient sur un sujet continent et seulement de temps en temps, mais il cesse de l'être lorsque les pertes se reproduisent fréquemment, toutes les nuits, par exemple, et même plusieurs fois dans une nuit.

Les pertes peuvent, au contraire, survenir sans rêve, sans érection, sans que le malade en ait conscience, autrement que par des traces de sperme et la fatigue extrême qu'il ressent. Celte forme est infiniment plus grave que la précédente, car elle est à peu près incurable.

Essayez ensuite de rattacher la spermatorrhée à sa véritable

tl8 AKPECTIONS DES ORGANES GÉNITAUX DE L'HOMME.

cause : ellu succède souvent aux fxct's de muslurbatioii de l'ado-

lescence ; elle peut reconnaître pour origine une irrîtalion locale {lorlant sur les canaux éjacukleurs ou sur les vi^sicules; le pli souvent, elle est liée à un état spécial, à une lésion inconnue centre génilo-spinal de la moelle.

Les sujets atteints de spcrmatorrlH-e sont, eu général, di^ pourvu» d'énergie physique et morale, éprouvriii un anéantissement profond, en arrivent à l'impuissance, et sont très hypoc< driaques.

Le traitement peut avoir une grande eriicacité sur la spermi torrhâe, mais seulement dans certains cas. Si les pertes, nocturnes ou diurnes, sont inconscientes, ne complen pas sur la guérison. Recourez alors surtout au traitement tonique par les touches froides, les bains de mer, etc. Appliquez des pointes de feu répétées sur la région lombaire. Il n'y a, toutefois, pas d'inconvénients & pratiquer une cautérisation de la partie profonde de l'urètre au niveau des canaux éjaculateurs. Dans les cas curables de spermatorrbée, lorsque la maladie n'est pas trop invétérée et ne reconnaît pas pour cause une afTection de la moelle, cette petite opération produit parfois un résultat merveilleux. J'ai vu des pertes séminales, déjà de date ancienne, céder à la première séance. La manœuvre est celle que j'ai décrite pour cautériser le ool de la vessie. Uiippelez-vous seulement que le rerumontanum siège à 3 centimètres environ en avant du col, et que l'instrument, ayant été d'abord introduit dans la vessie comme point de repère, doit être attiré doucement au deburs jusqu'à ce que la cuvette cliargée de nitrate d'argent corresponde exactement aux canaux éjaculateurs.

Il y a quelques années, un étudiant en médecine, atteint pertes séminales nocturnes, conscientes, imagina un trailem< très ingénieux à l'aide duquel il parvînt h, se guérir. Il sur ce fait que, s\ le sujet se réveille à temps, l'éjaculation n'a lieu. II fit donc construire par M. Collîn un avertisseur.

Cet instrument consiste eu un anneau métallique passé autour de la verge et relié à une sonnerie électrique. Aussitôt que survient l'érection, le malade est réveillé par la sonnerie, et la perte ne BO produit pas. J'ai obtenu plusieurs guérisons par ce moyen, qui ne convient malheureusement qu'aux degrés les moîu» avancés du la »purniatorrbéo.

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