‹ Traité de chirurgie d'armée (volume 2)Chapitre 13 sur 40 · BLESSURES DES ARTICULATIONS · texte numérisé non relu

BLESSURES DES ARTICULATIONS

Les blessures des articulations sont faites par des armes blanches, par ds’ corps contondants et par les projectiles lancés par la poudre à canon. ‘+

Les auteurs divisent les plaies des articulations cn plaies non et en plaies pénétrantes : ces dernières sont simples ou compliqués. plaies non pénétrantes ne sont pas, à proprement parler, des plaies des culations et méritent plutôt le nom de plaies péri-articulaires.

Plales péri-articulaires. — Par les armes blanches. — Les plaies articulaires par les armes blanches ne présentent pas de phénomènes ticllement différents de ceux que l'on observe dans les plaies des autres] ties du corps. Elles sont généralement peu étendues et affectent des di variables. Leur diagnostic est presque toujours facile : néanmoins, a des bourses muqueuses et tendineuses qui sont situées au voisinage de ticulations et dont s'échappe, en petite quantité, un liquide analogse synovie, peut en imposer ct faire croire à une plaie de l'articulation €” même.

j de ur nt pas graves. les ne contusion où d'une commotion

on et de pertes de substance : dans l'ai ecl'atre : l'appareil capsulaire est fréquente; dans le second,

lles amènent quelquefois des difformités, la gène ou is de l'articulation. A la suite de coups de fou ou e ojeetiles, il n'est pas rare de voir les parties molles xoisinage de la capsule articulaire, qui est mise à découtaine étendue : il survient alors des iaflammations plus del'article. Les projectiles, sans ouvrir immédiatement peuvent déterminer la gangrène des lissus frappés + l'ouarticulaire survient conséeutivement à la chute des Û

imunédiate ou consécutive de la capsule articulaire est à craindre des plaies péri-articulaires ; rare dans les plaies alle est assez fréquente dans les plaies contuses et dans os projectiles et les coups de feu. Lorsque les plaies, plaiès contuses, même légères, siégent du côté de l'ex- D c s, où elles sont exposées à des frottements et à ! , elles s’enflamment facilement et donnent lieu. 4 ns circonserits où à des phlegmons diffus plus où

mes blanches sont réunies immédiatement par des ban- 1 es : les plaies contuses, de quelque nature qu'elles soïent, par un pansement simple que l'on recouvre de compresses d'eau froide, Dans tous les cas, il est indispensable d'im— { tion soit par un bandage solidifiable, soit, lorsqu'on em ons froides, au moyen d’ane gouttière de Gil de fer où Les accidents, s'ils se développent, sont combattus plus loin, des artientations, — Les blessures qui intéreses sont infiniment plus graves que les précédentes. ats bornent leur action aux parties molles qui en on des articulations, tantôt ils l'étendent jusqu'aux 0$

blanches. — Les armes blanches peuvent faire une |

où double à l'articulation, où une coupure plus ou ÿ t pas rare de voir dés coups de sabre pénétrer pro- | ai concourent à former les articulations et même

soit que, frappant à son voisinage, ils donnent lieu prolongent jasque dans la cavité articulaire. Trè D eue: parfois de péter EE | sans déterminer d'éclats. Souvent aussi ils restent li . ou implantés dans les extrémités articalaires des os. =. | Nous donnons ici quelques exemples de l'action des proje

Pic. 59. Enr Eee Lui RT il par éclat d'obus. (Musée Dupuytren

extrémités articulaires des os, On voit dans la figure 59 minutive et comme par écrasement de l'extrémité in

par coups de feu de la partie supérieure du tibia droit : sur la

re, la balle à écorné le condyle interne et déterminé une fracture race articulaire en même temps que deux fentes ou félures sur la terne de l'os, l'une partant de la partie écornée, l'autre indépen- Ja seconde, le condyle a été écrasé et les fragments sont restés la surface articulaire est intacie; une fente se prolonge sur la

balles qui, sans fracturer en éclats les extrémités articulaires spon-

des os, s'y crensent un canal, déterminent souvent des fentes et des

qui s'étendent jusque dans l'articulation, comme on peut le voir sur

62 et 63, Une balle a perforé l'extrémité malléolaire du \ibia

deux travers de doigt de l'article ; la surface articulaire die l'os a

due transversalement : de nombreuses végétations osseuses se sont ‘s autour de la perforation,

du temps, les désordres sont beaucoup plus considérables.

Lellets d'un coup de feu au milieu des condyles du fémur sont représen-

60 — Fractures de ln téte de dhumèrus F6. 67. — Fracture di col et de

F | . par coups de fev. la el du fénus par en coup

D reins La balle est restée implantée #,b,e, dete, dans l'os.

di Val-dé-Crice.) (Musée du Val-de-Grice, } la partie postérieure de la tête de l'humérus, où elle à déutivement une cavité, au centre de laquelle elle est mobile sans avoir laissé trace d'aucune autre lésion. Blessé à ü Rhin (1801), le soldat sur lequel cette pièce a été recueillie: une prompte guérison : wente-six ans après il fit, dans Paris, violente sur l'épaule; des accidents survinrent et obligérent à pratiquer l'amputation scapulo-humérale : l’amputé guérit et aglemps aux Invalides (1).

‘les autres figures on voit des balles qui ont provoqué des fentes et des têtes articulaires ou la séparation complète des extrémités du

b, est une fracture de l'humérus au-dessous du col chirut- Bulietin de L'Académie tmpériale de médecine, séances des 1,

] Rération ou à s'en abstenir.

‘avons dit, des fractures variées. Lorsqu'un gros projectile

de félures étendues, de contusions ou de pertes de sub bles, et sans léser les vaisseaux et les nerfs, on peut se qu'une résection où même à extraire les esquilles.

traversent quelquefois les extrémités articulaires en creusant et fait comme à l'emporte-pièce dans le tissu spongieux de l'os. er dans ces cas de conserver l'articulation. Mais il est toujours né fente ne se prolonge sur la tête articulaire et n'ajoute à la

ball, en pénétrant dans l'article, n'a fait que fracturer une des surfaces articulaires, la guérison peut encore être ob git d'une articulation de médiocre importance : la plaie est incisée, les esquilles enlevées et les accidents inflamma= us où combattus par les antiphlogistiques. Mais si le projectile geinent les ligaments, labouré où brisé en fragments multiples ii les extrémités articulaires, la résection ou l'amputation, dans jorité des cas, sont l'unique moyen de salut. e balle n’est pas sortie de l'articulation où elle a pénétré, l'utiche et son extraction dépendent de l'étendue des désordres és, Si ces désordres sont considérables et nécessitent une laquelle le projectile pourra être trouvé et enlevé, il est soufrir le malade et de tourmenter l'articulation par des Si au contraire l'état des parties permet d'espérer de l'article sans opération, il est indispensable d'enlever . Plus que partout ailleurs, l'extraction doit être faite ici

les sur les articulations détermine presque toujours,

Le e une articulation, l’amputation du membre est indispen ses effets à produire des fractures partielles et localisées,

Re ain Indications Béessunes avec lésion des os dans la conitaill

blanches, — Blessures par Lo pres de cet Lion suppuralive des os, — Fructures; leurs variétés compliquées. Fractures des extrémités des corps étrangers. — Trailement. Premiers soins étrangers. Appareils, Marche des fractures par coups de feu, Trois périodes : réparation; accidents des diverses phases : traitement,

MLESSUNES DES ANTICULATIONS,

Les blessures des articulations sont faîtes par des corps contondants et par les projectiles lancés par la p Les auteurs divisent les plaies des articulations en pl et en phies pénétrantes : ces dernières sont simples où plaies non pénétrantes ne sont pas, à proprement parler, culations et méritent plutôt le nom de plaies p Piaies péri-articalaires, — Par les armes blanches. articulaires par es armes blanches ne présentent pas de tiellement différents de ceux que l'on observe duns les ties du corps. Elles sont généralement peu étendues et al variables. Leur diagnostic est presque toujours facile : néanm des bourses muqueuses et tendineuses qui sont situées au voi ticulations et dont s'échappe, en petite quantité, un synovie, peut en imposer ct faire croire à une plaie même,

l'une contusion ou d'une commotion profonde

l et de pertes de substance : dans l'un et l'autre V'appareil capsulaire est fréquente: dans le second, amènent quelquefois des difformités, la, gène où de l'articulation, A la suite de coups de feu où , il n'est pas rare de voir les parties molles qu'au voisinage de la capsule articulaire, qui est mise à découine étendue : il survient alors des inflammations plus l'article. Les projectiles, sans ouvrir immédiatement |

peuvent déterminer la gangrène des tissus frappés : l'oula cavité amticulaire survient cousécutivement à la chute des 1

lion. immédiate ou consécutive de la capsule articulaire est ctaindre.des plaies péri-articulaires; rare dans Les plaies elle.est assez fréquente dans les plaies contuses et dans os projectiles et les coups de feu, Lorsque les plaies, plaiès contuses, même légères, siégent du côté de l'exticulations, où elles sont exposées à des froltements et à eontinuels, elles s'enflamment facilement ct donnent lieu | egmons circonserits où à des phlegmons diffus plus où

es blanches sont réunies immédiatement par des bani les plaies contuses, de quelque nature qu'elles soient, parwn pansement simple que l'on recouvre de compresses d'eau froide. Dans tous les cas, il est indispensable d'imonsoit par un bandage solidifiable, soit, lorsqu'on em= itions froides, au moyen d'une gouttière de fil de fer où Les accidents, s'ils se développent, sont combalius | plus loin, es des artieulntions, — Les blessures qui intéressont infiniment plus graves que les précédentes. ts bornent leur action aux parties molles qui enon des articulations, tantôt ils l'étendent jusqu'aux os

blanches. — Les armes blanches peuvent faire une ou double à l'articulation, où une coupure plus où st pas rare de voir des coups de sabre pénétrer pro- LS qui concourent à former les articulations et même

] nn te top continues ne peuvent être employées sur des n du tronc sans danger d'inflammations viscérales, surtout à la main et au pied, ct qu'elles doivent céder ions, à l'aide de compresses mouillées, sur les artieuet du coude. Nous ne rappellerons pas la manière dont être employée, et nous dirons seulement qu'ici plus que 5, elle ne fait souvent que masquer les accidents, et quelorsà les prévenir, ceux-ci se montrent avec une inten- : que s'ils n'avaient pas été combats par ce moyen. Ce que l'eau froide s'applique, à plus forte raison, à l'eau glacée et e, que Baudens a voulu lui substituer.

i depuis ces derniers temps, à regarder les fomentations es comme le seul remède propre à prévenir l'inflamet, par une réaction intempestive contre la doc= ue, on néglige de recourir aux évacuations sanguines, La as et Les applications locales de sangsues faites préventivement | rsque la douleur et la chaleur de l'articulation persistent en. |

le pouls reste élevé, que le calme et le sommeil ne se mon- | des moyens dont la puissance à trop souvent êté constatée

dans l'arsenal hors de service de la thérapeutique. Nous ÿ | d'une fois recours avec succès dans des plaies du coude, du | l'articulation tbio-tarsienne, en y joignant des fomentations | de pavots appliquées autour de l'article avec une flanelle { gommé. | traumalique et l'inflammation des parties atteintes par le pro- | pas immédiatement après la blessure* deux, trois, ein | ntage se passent dans un calme trompeur. L'invasion

fait quelquefois peu à peu ; la plupart du temps elle est

le, Notamment à la suite des coups de feu, le malade est

lendemain, de douleurs assez vives pour lui arracher des | d'agitation et quelquefois même de délire. L'arlieu-

dés ment de solume, tant par l'infiltration du lisa | e, que par la supersécrétion de la synovie : la pean de couleur, et devient tendue, luisante et comme amineie. réunie, ses bords se décollent, se renversent en dehors,

deviennent grisâtres et laissent échapper une certaine quantité de liquide synovial, à l'écoulement duquel ils s’opposent bientôt par leur tuméfaction C’est alors qu’il faut s'efforcer d'empêcher la suppuration de la cavité art culaire par des applications nombreuses et réitérées de sangsues, par ls saignées générales, par des fomentations tièdes et narcotiques comme now l'indiquions tout à l'heure. D. J. Larrey, dans ces circonstances, dit avoir obtenu des avantages marqués de ventouses scarifiées mises en grand nombre autour de l’article : mais il est peu d'articulations qui se prêtent à l'application de nombreuses ventouses. En même temps que les moyes précédents, on emploie à plusieurs reprises les larges vésicatoires environnant toute l'articulation, comme Fleury (de Clermont-Ferrand) (1), Dupuytren et Velpeau les ont conseillés.

Suppuration. — Lorsque les accidents n’ont pas été très-intenses, ils se calment quelquefois; mais la plupart du temps ils se terminent par une sup- . puration qui envahit tout l’article.

On voit alors la plaie donner passage à un liquide séreux, trouble et dass À lequel nagent quelques grumeaux de sang et de pus : peu à peu do pus md: lié remplace ce liquide et sort en plus ou moins grande abondance, La. lèvres de la solution de continuité se renversent de plus en plus en dehors, et forment des végétations d’un rouge blafard, facilement saignantes et dont . le volume et la disposition entravent la libre issue des liquides. Queiges <esquilles viennent se présenter à l'ouverture de la plaie. L'œdème qui vironnait l'articulation s'étend à lout le membre, et surtout à la portion ds‘ membre située au-dessous du mal. L'inflammation purulente nes nl pas à la Jointure; on voit survenir des abcès périarticulaires, de tab! | purulentes qui décollent la peau et les muscles dans une très-grande étesdst Le membre reste päle, se tuméfie de plus en plus, conserve, comme & pâte, l'impression du doigt et représente une sorte d'éponge imbibée sérosité louche, dans laquelle se rencontrent quelques flocons de pus 14 ligaments articulaires se ramollissent, se relâchent et se détruisent; £ cartilages disparaissent et les extrémités articulaires, devenues ti donnent lieu dans leurs mouvements les unes contre les autres à un ment que la main et quelquefois l'oreille peuvent percevoir : les os se ou se nécrosent.

Les accidents généraux sont en rapport avec les accidents loças fièvre continue avec redoublements le soir et un peu de subdeliriam malade maigrit beaucoup et rapidement; ses traits s'altèrent ment ; il est pris de diarrhée ; il s'épuise par l'abondance de la su

(1) JB. U. Fleury, Dissertation sur les plaies pénétrantes des articuleis Thèse inaugurale. Paris, 1836.

De Le up chant 08 sont plus fréquents : le même auteur létachée par un coup de sabre sur un soldat du il donne l'observation d'un soldat du régiment

ai tan pied, nt ar bles 0 üres; elles sont très-rares, au contraire, dans la diaphyse Edo “Mine re

de parties molles épaisses sur lesquelles s'épuiso l'ac

qu Se A fu eut LEE donnons ici | gr. 68) d'un avant-bras a à

“Pic. 68. — Coup de sabre ayant divisé les dewx os de F'arant-bras. « Absence de cal osseux. (Collection de M, Hutin.)

ieht divisés par nn coup de sabre appliqué sur là face dorsale du ce. Le sujet sur lequel cette pièce à été recueillie avait ir culté d'étendre les doigts; il avait conservé celle de les fléchir. on des os ne s'était pas faite; et les extrémités des fragments les unes sur les autres, de façon à donner à l'avant-bras vie x prononcée à concavité antérieure, étaient réunies par une

go, La chirurgie d'armée, p. 520, , idem, p. 619 et 630.

&té suivie. Lorsque la suppuration a envahi l° de la hanche ou celle du genou, et souvent

période d'acuité enlèvent souvent le malade, et q calmer, les désordres qu'ils ont produits ne font davantage et amènent fatalement la même |

peut être différée et pratiquée seulement äu moment où suppuration, les fusées purulentes, l'altération des os, toires et leurs suites, l'état général du midade, lieu dans lequel il se Louve; ne PRE du membre ou de l'articulation.

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