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BLESSURES DU SCROTUM

blés, surtout à la suite de gangrène, que le testicule ne peut être recouvert : dans ces cas, le testicule doit être mollement relevé et les parties protégées avec des plumasseaux de charpie maintenus par un suspensoir. La marche et la terminaison de ces grandes destructions du scrotum sont souvent heureuses et quelquefois très-rapides (1). Les testicules et leur cordon adhèrent aux parties subjacentes, et la peau, attirée de la circonférence au centre, recouvre ces organes auxquels elle forme une nouvelle enveloppe. Il est malheureusement quelques cas rares où la cicatrice, au lieu de recouvrir les testicules, s'organise derrière eux et les laisse exposés sans protection aux injures des corps extérieurs : l'autoplaslie est le seul remède à opposer à un pareil accident.

Les coups de feu du scrotum se compliquent quelquefois d'une inflammation vive qui prend tous les caractères du phlegmon et se termine par suppuration. Les projectiles ou des corps étrangers entraînés par eux peuvent rester dans le scrotum. Guillon (2) rapporte qu'un militaire fut blessé, en Espagne, d'un coup de feu à gauche de la marge de l'anus : aucune recherche ne put faire découvrir la balle; vingt-quatre heures après la blessure, les bourses s'enflammèrent, tombèrent en gangrène, et la balle sortit avec les eschares, qui laissèrent une plaie énorme et les deux testicules à découvert. Le malade, néanmoins, guérit heureusement. D. J. Larrey (3) a retiré du scrotum une balle qui pénétra un peu au-dessus des vaisseaux spermatiques du côté droit, chemina sous la peau et sur le trajet du cordon et vint, coiffée par la chemise formant un véritable doigt de gant, se loger dans les bourses au côté externe du testicule.

Blessures du cordon spermatique. — Le cordon spermatique et les testicules peuvent être atteints par les armes blanches, par les projectiles et les corps contondants. Cependant les blessures directes du testicule sont assez rares, en raison de la mobilité de cet organe, laquelle lui permet d'échapper souvent à l'action des corps vulnérants qui atteignent les bourses.

Les contusions du cordon spermatique donnent lieu quelquefois à une tumeur sanguine qui a reçu le nom d'hématocèle funiculaire. Comme l'hématocèle du scrotum, celle-ci se présente sous deux états : tantôt le sang est infiltré dans le tissu connectif des éléments du cordon, tantôt il est réuni en collection ; elle suit la même marche et affecte les mêmes termi-

(1) Chopart, Traité des maladies des voies urinaires, t. II, p. 252.

(2) Guillon, Journal de médecine. Paris, 1812, t. XLIV, p. 159.

(3) D. J. Larrey, Clinique chirurgicale. Paris, 1829, t. ï, p. 49. Mémoire sur les plaies de la vessie, p. 297.

llkO BLESSURES DU BASSIN PAR ARMES DE GUERRE.

naisons que les épanchements sanguins en général, sur lesquels nous n'avons pas à revenir.

Les plaies par armes blanches n'ont rien de particulier qui doive être signalé, quand elles n'intéressent pas les éléments importants du cordon. Les plaies par projectiles de guerre sont dans le même cas. Si le canal déférent a été inléressé, si les nerfs et les vaisseaux ont été divisés, il peut en résulter une atrophie du testicule. Lorsqu'une balle a complètement coupé le cordon spermatique, la glande séminale, ne recevant plus de matériaux de nutrition, doit nécessairement s'atrophier. D. J. Larrey (1), dans un cas très-compliqué, extirpa le testicule séparé du cordon par un coup de feu. Cette opération nous semble inutile lorsque la glande séminale n'a pas été atteinte, et nous pensons qu'il y a moins d'inconvénients, au point de vue de la blessure elle-même et au point de vue de l'influence morale que cette mutilation peut avoir sur le blessé, à laisser le testicule s'atrophier au milieu des bourses qu'à l'enlever.

Blessures du testicule. — Toutes les blessures du testicule déterminent une douleur extrêmement vive qui s'irradie dans la région lombaire et s'accompagne souvent de syncope et de vomissements.

Les plaies du testicule par armes piquantes ou tranchantes sont habituellement sans gravité et guérissent, en général, rapidement et sans laisser de traces.

Les contusions du testicule sont souvent suivies d'accidents inflammatoires : elles peuvent donner lieu à un épanchement de sang dans l'organe lui-même. Cet accident, peu observé jusqu'ici, est difficile à reconnaître : Béraud (2) en a établi les signes d'une manière aussi complète que l'a permis le petit nombre de faits rencontrés. Quand il y a possibilité d'explorer convenablement le testicule, au milieu de. la tumeur sanguine constituée par l'infiltration ou l'épanchement de sang dans la tunique vaginale ou dans les bourses, on trouve la glande plus volumineuse, plus dure et plus résistante que celle du côté opposé, et l'on rencontre à sa surface des bosselures plus ou moins considérables, résultant du défaut de résistance dans les points les plus minces de la tunique albuginée.

Le traitement de cette affection consiste dans les antiphlogistiques locaux et généraux, dans les applications émollientes et résolutives. Quand la tu~ nique albuginée a été divisée, cette affection doit être traitée comme les plaies contuses du testicule. Les plaies contuses et les coups de feu du tes-

(1) D. J. Larrey., Mémoires et campagnes, t. IV.

(2) Béraud, Considérations sur l'hématocèle ou épanchements sanguins du scrotum {Archives générales de médecine, mars 1851, 4e série, t. XXV, p. 281).

BLESSURES DU TESTICULE. fyk\

ticule donnent souvent lieu à des phénomènes inflammatoires. Quand la plaie est peu considérable et l'inflammation peu intense et superficielle, l'accident est suivi seulement de l'atrophie plus ou moins marquée de la glande qui conserve encore en partie ses fonctions : la phlogose est combattue par les antiphlogistiques locaux et généraux, par des débridements des tissus environnants et de la tunique albuginée, et par des pansements appropriés. Si la perte de substance subie par le testicule est considérable et l'inflammation plus vive, le plus souvent la suppuration s'empare de ce qui reste de la glande et le détruit. Il faut faire néanmoins tous ses efforts pour conserver un organe aussi important, et bien se garder, comme le fit J. L. Petit (1), d'enlever la substance propre du testicule qui se présente en petits filaments d'un blanc jaunâtre dans le fond de la plaie.

Les blessures du testicule peuvent y amener des désordres tellement graves, soit que l'organe ait été complètement écrasé ou réduit en bouillie par un projectile, soit qu'il ait été envahi par l'inflammation à la suite de contusions ou de plaies par armes blanches, qu'il peut être indiqué d'en faire l'extirpation. Néanmoins les exemples assez fréquents de conservation inespérée du testicule doivent rendre très-réservé à cet égard.

(1) J. L. Petit, Traité des maladies chirurgicales, t. II, p. 517.

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