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Fractures de la tête de l'humérus par coups de feu

L'humérus a été réséqué dans les cas qui ont fourni les pièces a, 6, c, cl et e.

(Musée du Val-de-Grâce.)

Fig. 67. — Fracture du col et de la tête du fémur par un coup de feu.

La balle est restée implantée dans l'os.

(Musée du Val-de-Grâce.)

balle logée dans la partie postérieure de la tête de l'humérus, où elle a déterminé consécutivement une cavité, au centre de laquelle elle est mobile comme un grelot, sans avoir laissé trace d'aucune autre lésion. Blessé à l'armée du Rhin (1801), le soldat sur lequel cette pièce a été recueillie parvint à une prompte guérison : trente-six ans après il fit, dans Paris, une chute violente sur l'épaule; des accidents survinrent et obligèrent D. J. Larrey à pratiquer l'amputation scapulo-humérale : l'amputé guérit et vécut longtemps aux Invalides (1).

Dans les autres figures on voit des balles qui ont provoqué des fentes et des éclats des têtes articulaires ou la séparation complète des extrémités du corps de l'os.

La figure 66, b, est une fracture de l'humérus au-dessous du col chirur-

(1) H. Larrey, Bulletin de l'Académie impériale de médecine, séances des 1er, 8 et 15 mai 1860.

kkS BLESSURES DES MEMBRES PAR ARMES DE GUERRE.

gjcal par coup de feu : la balle, déformée, est restée logée dans le foyer de la fracture, qui envoie un prolongement en fente jusque sur le col anatomique de l'os.

Dans la figure 66, c, les phénomènes produits par le projectile sont inverses des précédents : la balle s'est logée au centre même de la tête de l'humérus, qu'elle a brisée en éclats multiples se prolongeant sur la diaphyse de l'os.

La balle dans la figure 66, d, s'est implantée dans la tête de l'os, en la fendant en deux et en la séparant de la partie diaphysaire fracturée. Dans la figure 66, e, la balle a détaché la plus grande partie du trochin, et a déterminé une fêlure de la tête de l'humérus, dans laquelle elle est restée superficiellement logée.

La figure 67 représente une fracture complète du col chirurgical du fémur par un coup de feu : la balle a frappé le col anatomique en avant, a fendu la tête de l'os et s'est implanîée dans la substance osseuse.

Un seul ou plusieurs des os qui entrent dans la composition d'une articulation peuvent être intéressés. Dans les articulations énarthrodiales, comme celles de la hanche ou de l'épaule, la cupule articulaire peut seule £tre fracturée dans une étendue plus ou moins considérable : ainsi, le sourcil colyloïdien est brisé ou emporté, la surface glénoïde, le col de l'omoplate, l'acromion, etc., sont fracassés, la tête de l'humérus et celle du fémur restent intactes ou participent aux désordres produits dans leur voisinage. Nous aurions pu multiplier les exemples de l'action des projectiles sur les articulations; mais nous pensons que ceux que nous avons représentés suffisent pour donner une idée de leurs nombreuses variétés.

Les effets des gros projectiles pleins et des gros éclats de projectiles creux consistent habituellement dans des désordres si étendus, qu'ils n'offrent aucune difficulté de diagnostic, et ne laissent aucun doute sur les indications qu'ils réclament. Des délabrements plus ou moins vastes des parties molles, des fractures comminutives, le broiement et la destruction des os, tels sont les résultats ordinaires de l'action des gros projectiles animés de toute leur vitesse. L'écrasement des os avec ou sans éclats et sans déplacement des fragments, des fêlures intra-articulaires, des pertes de substance des parties molles plus ou moins étendues, des gangrènes consécutives à la contusion et à la déchirure des tissus péri-arliculaires, se rencontrent à la suite de coups de boulets ou de gros éclats de projectiles creux, arrivés à la fin de leur course et frappant les articulations sous u-n angle plus ou moins oblique. Il arrive quelquefois que les gros projectiles déterminent des luxations, soit directement en agissant sur les extrémités articulaires des os, soit indirectement en agissant sur leur diaphyse qu'ils

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