PERSONNEL
Le service de santé en campagne comprend : 1° le personnel et 2° le matériel nécessaire à son exécution ; 3° l'installation des ambulances et des hôpitaux; enfin U° les ressources que les Sociétés d'assistance civiles peuvent fournir à l'armée.
1° Personnel. — Il se compose de médecins, d'officiers d'administration et d'infirmiers militaires.
Le personnel médical a jusqu'à présent toujours été insuffisant, par la double raison que le recrutement de !a médecine militaire a toujours été insuffisant lui-même, et que la répartition défectueuse de ses membres a toujours annihilé la pluç grande partie des ressources qu'il présente.
Le personnel médical d'une armée est constitué de la manière suivante :
1° Un médecin en chef de l'armée; 2° des médecins en chef de corps d'armée; 3° des médecins attachés aux ambulances et aux hôpitaux ; U° des médecins attachés aux corps de troupes.
Les fonctions de médecin en chef d'armée sont dévolues à un médecin inspecteur, lorsque l'importance numérique de l'armée le comporte; dans le cas contraire, elles sont remplies par un médecin principal. L'article 17 du décret du 23 mars 1852 énonce que les médecins inspecteurs peuvent être employés h la direction du service médical des armées : il a été mis à exécution à l'armée d'Orient en 1854. Une armée considérable compte toujours un certain nombre de corps d'armée ; les fonctions de médecin en chef de corps d'armée sont dévolues à des médecins principaux.
Les attributions des médecins en chef d'armée et des médecins en chef de corps d'armée sont encore aujourd'hui purement consultatives. Ces officiers donnent leur avis sur la répartition et sur la destination du personnel médical, suivant les besoins du service ; sur la composition du matériel et des approvisionnements des hôpitaux et ambulances; sur la création, le nombre et la contenance des établissements hospitaliers ; sur les mesures d'hygiène générale; sur l'alimentation et sur l'état sanitaire de l'armée; sur le service général des hôpitaux, ambulances et infirmeries ; sur l'installation des ambulances et les dispositions à prendre pour le service des blessés pendant les combats; sur l'évacuation des malades et blessés. Ils adressent à qui de droit les rapports qui leur sont demandés sur les différentes parties du service de santé, rapports dont les éléments sont fournis au médecin en chef d'armée par son inspection directe et par les médecins en chef de corps d'armée, et à ceux-ci par leur inspection directe et par les médecins des hôpitaux et ambulances.
Nulle autorité effective, nulle action directe sur les hommes ou sur les
choses du service'médical ne sont conférées aux médecins en chef d'armée ou de corps d'armée; leurs propositions ne sont accueillies, leurs avis ne sont exécutoires qu'autant que les intendants le jugent convenable.
Dans leur propre hiérarchie même, les médecins en chef n'ont qu'une autorité énervée par des influences collatérales : par l'intendance, dans les ambulances et hôpitaux; par le commandement, dans les corps de troupes dont le personnel médical leur échappe complètement.
Nous ne parlons pas des rapports entre les médecins en chef et les généraux commandants; ils n'existent pas officiellement, tout ce qui touche au service de santé devant être traité par l'intendance ou par son intermédiaire. .
Un pharmacien principal remplit à l'armée les fonctions de pharmacien en chef. Cet officier a sous ses ordres un personnel toujours surabondant, qu'il convient de supprimer complètement dans les ambulances où il est inutile, s'il reste dans ses attributions, et de restreindre dans les hôpitaux où son service est infiniment moins important que par le passé.
Le personnel médical des ambulances se compose de médecins principaux, de médecins majors et de médecins aides-majors. L'ambulance du quartier général de l'armée et les ambulances des quartiers généraux de corps d'armée servent habituellement de réserves pour le personnel médical: les médecins en sont détachés pour être employés, suivant les besoins du service, soit à des ambulances divisionnaires, soit auprès de, corps de troupes. Un médecin principal est ordinairement le médecin en chef de l'ambulance du grand quartier général, et un médecin-major de lre classe, le médecin en chef de l'ambulance du quartier général d'un corps d'armée.
Une ambulance divisionnaire d'infanterie comporte, d'après les prescriptions réglementaires :
1 médecin -major de lre classe.
fr ou 6 médecins aides-majors.
Une ambulance divisionnaire de cavalerie :
1 médecin-major de lre ou de 2e classe ;
3 ou k médecins aides-majors.
Ces fixations sont manifestement insuffisantes : elles sont d'ailleurs modifiées par le ministre de la guerre ou par l'intendant en chef, moins suivant les besoins du service que suivant la plus ou moins grande pénurie du personnel médical.
Les médecins d'ambulances doivent être pris parmi les plus jeunes et les plus robustes ; leur chef doit être spécialement chirurgien, car c'est de chirurgie immédiate et rapide qu'il s'agit dans les ambulances de champ de bataille.