‹ Traité de chirurgie d'arméeChapitre 156 sur 174 · PERSONNEL · texte numérisé non relu

PERSONNEL

Le personnel médical des hôpitaux temporaires et des ambulances sédentaires est composé comme en temps de paix, selon l'importance des établissements ; il admet des hommes plus âgés que le personnel des ambulances mobiles, un plus grand nombre de médecins et quelques chirurgiens, éclairés entre tous, qui ont à pratiquer la chirurgie consécutive, la plus difficile à bien faire.

Bien que le médecin le plus élevé en grade d'une ambulance prenne le titre de médecin en chef de l'ambulance, il n'est investi d'aucune autorité, de telle sorte que le médecin, le pharmacien, l'officier comptable, l'officier commandant le train, indépendants les uns des autres, ne reconnaissent d'antre autorité que celle de l'intendant militaire, seul chef effectif de l'ambulance. De cette situation naissent de nombreux tiraillements que l'intendant, généralement absorbé par d'autres soins, ne saurait conjurer, et qui compromettent également la bonne exécution du service, le bien-être des malades et la dignité des personnes.

Le personnel administratif de l'ambulance, fixé par le règlement du 1er avril 1831, se compose de : 5 officiers d'administration, 3 infirmiersmajors, 17 infirmiers-soldats. Les officiers d'administration sont chargés d'installer les malades et les blessés, de les nourrir, de constater leurs entrées et leurs sorties, leurs décès; ils sont responsables du matériel de l'ambulance.

Les infirmiers-soldats sont placés directement sous les ordres des offi ciers d'administration ; les infirmiers de visite ou de pansement sont aux ordres des médecins en ce qui concerne leur service spécial auprès des malades. Les infirmiers sont généralement en trop -petit nombre dans les ambulances pour subvenir aux nombreux travaux qui leur incombent après une journée de marche ou de combat, et qui consistent dans la préparation des abris et de la nourriture des malades, les corvées d'eau, de bois, de vivres, le transport des blessés qu'ils sont ensuite appelés à soigner, etc.

La plupart du temps, des hommes de bonne volonté, des infirmiers auxiliaires, pris dans les corps de troupes, viennent en aide ou sont adjoints aux infirmiers-soldats.

Le personnel tout entier des ambulances est un personnel précieux qu'il importe de conserver, non seulement en ne lui imposant pas un service trop considérable pour son effectif, mais encore en lui ménageant les fatigues et les difficultés de la vie en campagne. Les infirmiers- soldats marchent à pied ou montent fréquemment sur les voitures disponibles; il n'est guère possible qu'il en soit autrement : leur nourriture est assurée par les soins de l'administration. Les médecins, pharmaciens et officiers

d'administration vont à cheval. Cette condition entraîne de nombreux inconvénients : elle oblige chacun de ces officiers à avoir, non-seulement un cheval, qu'il se procure plus ou moins difficilement quand il ne le prend pas à la remonte, mais encore un soldat-ordonnance distrait d'un régiment, et qu'on ne lui accorde souvent qu'à grand'peine, pour prendre soin de sa monture : ces ordonnances et ces chevaux sont un embarras et une préoccupation incessante aussi bien dans les marches et dans les combats qu'en station. L'expérience de la dernière guerre a démontré qu'il y a tout avantage à transporterie personnel médical des ambulances en voiture : il est moins fatigué et plus apte à son service qu'après une marche faite à cheval, et, délivré des soins que réclame son propre équipage, il ne s'occupe plus que des malades. Spontanément et progressivement, la plupart des médecins des ambulances, dans la campagne de 1870-71, se sont procuré des voitures, notamment de petits omnibus de chemins de fer, pour transporter avec eux quelques vivres et quelques petits bagages, à leur grande commodité et. au grand avantage du service. Ce serait donc, à notre avis, une heureuse modification et une simplification que de substituer aux chevaux des médecins et des officiers d'administration eux-mêmes, une ou deux voitures couvertes, relevant du service du train des équipages attaché à l'ambulance.

Les médecins et les officiers d'administration vivent quelquefois à une table commune, quelquefois séparément. Dans un cas comme dans l'autre, le bien-être du médecin dépend toujours plus ou moins de la complaisance de l'officier comptable de l'ambulance, disposant de cuisiniers, de pourvoyeurs, de moyens de transport pour les provisions de bouche. Des abus peuvent en résulter, au-devant desquels irait la réunion à une table commune de tout le personnel des officiers de l'ambulance, sous la présidence naturelle du médecin en chef, investi de l'autorité qui lui manque aujourd'hui.

Ces diverses considérations ont leur portée pour quiconque a fait partie des ambulances, non-seulement dans la dernière guerre, mais encore dans les guerres précédentes.

Le personnel médical des corps de troupes en campagne doit être constitué de la manière suivante. Pour un régiment d'infanterie : un médecin-major de lre classe et un aide-major; pour un bataillon de chasseurs à pied : un médecin-major de 2e classe; pour un régiment de cavalerie : un médecin-major de 2e classe et un aide-major.

Le personnel médical des batteries d'artillerie attachées h chaque division, celui de la réserve et du parc d'artillerie, celui des équipages de ponts, devraient être fournis par chacun de ces corps en particulier : mais

ces troupes ne marchant que par fractions, et leurs médecins ne pouvant se multiplier, il en résulte que les ambulances sont la plupart du temps obligées de détacher auprès de ces fractions de corps une partie de leur personnel, et se trouvent affaiblies d'autant.

Tout le personnel médical attaché aux corps de troupes, qui comprend la majeure partie de l'effectif général des médecins de l'armée, ne relève que du commandement, échappe à la direction de l'intendance, plus encore à l'action du médecin en chef. Si restreint qu'il soit, il est plus que suffisant, et, pour dire toute notre pensée, il est généralement d'une utilité plus morale qu'effective lorsqu'il est exclusivement appliqué au service régimen taire.

Parfois néanmoins il prête son concours aux médecins des ambulances, après une entente préalable entre le commandement et l'intendance, et sur la demande du médecin en chef, qui peut être agréée ou rejetée selon que l'une des autorités précédemment nommées la juge motivée ou sans fondement.

Des médecins des localités parcourues par l'armée peuvent être requis pour venir en aide au personnel médical militaire. Dans les dernières années, de nombreux médecins et chirurgiens libres ou appartenant à des comités de secours ont spontanément offert leurs services qui, largement acceptés, ont pu faire croire à la possibilité de supprimer le personnel médical militaire. Le dévouement des uns a été aussi modeste et complet que durable, celui des autres aussi peu désintéressé que bruyant et éphémère. Précieuse ressource, le personnel médical civil ne peut présenter de garanties, même pour un service temporaire, qu'autant qu'il est soumis aux ordres et à l'action du commandant ou de ses délégués; autrement son concours est souvent mal ou incomplètement utilisé, si parfois même il ne reste tout à fait stérile.

Matériel. — Les ressources matérielles nécessaires au service des malades et blessés sont : d'une part, des médicaments, des objets de pansement, des instruments, de chirurgie, des ustensiles et objets mobiliers; de l'autre, des moyens de transport.

Matériel des ambulances. — Dans les ambulances, les ressources matérielles sont réunies dans des caisses dites cantines, ou dans un fourgon dit caisson, adopté par décision ministérielle du 20 août 1854.

A. — Caisson. — Les figures 120, 121, 122, 123 et 124 représentent, à l'échelle de 0m,04 pour 1 mètre, le plan figuratif des faces latérales de droite et de gauche, des plans inférieur, intermédiaire et supérieur du devant et du derrière du caisson.

Fig. 120. — Plan figuratif du caisson d'ambulance. (Modèle du 20 août 1854.

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FiG. 121. — Pian figuratif du caisson d'ambulance. (Modèle du 20 août 1854.)

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Fig. 122. — Plan figuratif du caisson d'ambulance, (Modèle du 20 août 1854.)

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