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COMPLICATIONS : LÉSION DES NERFS

la douleur, la paralysie, le tétanos, la pourriture d'hôpital, l'infection purulente, l'hémorrhagie. Nous ne parlerons ici que des complications les plus fréquentes des plaies par instruments tranchants, c'est-à-dire des accidents immédiats déterminés par la lésion des nerfs et des vaisseaux, accidents que leur apparition soudaine rapproche des phénomènes primitifs des plaies, mais qui, par leur importance, doivent en être distingués.

Lésion des nerfs. — La division des filaments nerveux qui se rendent à la peau ne détermine en général que des douleurs locales médiocues et de peu de durée; lorsque les douleurs dépassent leur limite ordinaire de durée et d'intensité, elles résultent de l'inflammation des bords de la plaie, quand elles sont superficielles, et de l'inflammation des tissus sous-aponévrotique, quand elles siègent plus profondément. Les antiphlogistiques locaux et généraux, le débridement des aponévroses, moyens sur lesquels nous reviendrons à propos des accidents des plaies d'armes à feu, sont le traitement le plus convenable à leur opposer.

La section des cordons nerveux plus considérables détermine l'abolition de la sensibilité et du mouvement, soit isolément soit simultanément, dans les parties innervées par les nerfs divisés. Il s'en faut de beaucoup cependant que cette proposition soit absolue : dans un assez grand nombre de cas, la section des nerfs n'entraîne pas plus immédiatement que médiatement la paralysie, et leur résection même, pratiquée dans le but de remédier aux névralgies, reste sans résultat ou n'a qu'un résultat passager. Que les nerfs sectionnés recouvrent leur continuité et leur structure normales; que le tissu de cicatrice interposé au bout du nerf divisé soit apte à transmettre les impressions sensitives et le principe du mouvement volontaire ; que le maintien ou le rétablissement des fonctions se fasse par les anastomoses des branches périphériques du nerf lésé avec les nerfs du voisinage, ou que les nerfs jouissent d'une propriété autogénique qui les fait se régénérer bien que séparés de leur centre trophique, la persistance ou la restauration physiologique de l'action nerveuse n'en existe pas moins, si obscures que soient encore les explications qui en ont été données.

La perte de la sensibilité est, en général, moins complète que celle du mouvement; elle peut disparaître dans un laps de temps peu considérable, et ne laisser après elle qu'un peu d'affaiblissement dans les perceptions. La perle du mouvement, lorsque les nerfs qui se rendent aux muscles ont été divisés, est plus complète, plus durable, et persiste quelquefois à jamais. La profondeur et la direction des plaies jointes aux connaissances anatomiques précises, en même temps que la constatation des phénomènes que nous venons d'indiquer, servent à établir le diagnostic de la section des nerfs. Lorsque le chirurgien a reconnu la nature de l'accident, il doit

chercher, par la réunion des parois delà plaie, à rapprocher aussi exactement que possible les parties de môme nature, dans l'espoir que les bouts du cordon nerveux divisé seront mis en contact, se souderont l'un à l'autre, soit par l'interposition d'un tissu nouveau, soit par la cicatrisation du névrilème, et rétabliront ultérieurement la sensibilité et le mouvement. La suture du nerf lui-même peut être pratiquée.

Il importe de distinguer la paralysie proprement dite de la perte du mouvement due à la division des muscles ou des tendons qui les terminent. Le rétablissement de l'action des muscles et des tendons suit d'assez près "celui de leur continuité et de leur liberté dans les gaines qui les enveloppent. La réunion des tendons et des muscles, lorsqu'elle se fait par l'interposition d'un tissu cicatriciel entre leurs extrémités divisées, laisse toujours après elle un allongement qui nuit à la précision et à l'assurance des mouvements ; aussi faut-il mettre tous ses soins à obtenir le contact le plus parfait des parties divisées, afin que le tissu cicatriciel ait aussi peu de longueur que possible, ou même essayer de réunir les tendons par la suture, le succès ayant déjà couronné de semblables tentatives.

Lésion des vaisseaux. Hémorrhagie traumatique. — La lésion des vaisseaux peut donner lieu à l'hémorrhagie. L'hémorrhagie diffère de l'effusion du sang qui a lieu dans toutes les plaies, par l'abondance de l'écoulement sanguin, qui peut mettre en danger la vie du blessé ou porter une grave atteinte à l'économie. Elle se produit presque toujours au moment même de la blessure ; d'autres fois, elle apparaît à une époque plus ou moins éloignée de l'accident. Cette différence de temps dans l'apparition de l'hémorrhagie la fait distinguer en hémorrhagie primitive et en hémorrhagie consécutive. Nous ne parlerons ici que de la première.

L'hémorrhagie est plus fréquente dans les plaies par instruments tranchants que dans les autres espèces de blessures, et résulte de la division plus nette de vaisseaux nombreux ou considérables : elle peut être capillaire, veineuse ou artérielle ; interne ou externe ; incarcérée dans les mailles du tissu cellulaire ou réunie en collection.

Hémorrhagie capillaire. ■ — La perle du sang provenant de la division des vaisseaux capillaires mérite rarement le nom d'hémorrhagie. Cet accident se rencontre cependant quelquefois chez certains sujets présentant une disposition particulière aux extravasalions sanguines, chez ceux dont la constitution est appauvrie par les privations et les fatigues; il se montre plus fréquemment chez les militaires à la fin qu'au début d'une campagne. Le sang qui s'échappe des capillaires divisés s'écoule en nappe sur la plaie dont quelques points saignent plus abondamment que d'autres; à peine «st-il abstergé, qu'il reparaît sans qu'on puisse déterminer le lieu précis de

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