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COMPLICATIONS : LÉSION DES VAISSEAUX

Les divisions transversales incomplètes dés artères sont donc plus graves que les divisions transversales complètes, en raison de l'obstacle qu'oppose a la rétraction et à la contraction des vaisseaux, la portion intacte de leur calibre qui maintient la plaie toujours béante.

Les sections longitudinales des artères, lorsqu'elles ne sont pas trèsétendues, sont beaucoup moins graves que les sections transversales, et leur guérison spontanée peut survenir plus souvent, par le mécanisme que J. L. Petit et les chirurgiens qui ont continué ses recherches sur ce sujet, ont successivement mis en lumière et décrit comme celui de la guérison spontanée de toutes les plaies artérielles.

Le mécanisme de la guérison spontanée des plaies artérielles consiste dans l'infiltration graduelle du sang dans la gaine vasculaire et le tissu cellulaire ambiant, son adhérence aux parties voisines et sa formation en un caillot composé de deux portions, l'une extérieure au vaisseau, s'appuyant sur ces mêmes parties voisines, désignée sous le nom de couvercle; l'autre, appelée bouchon, se développant dans le vaisseau lui-même, sous la forme d'un cône dont la base repose sur le caillot externe et dont le sommet remonte plus ou moins haut vers le cœur dans la cavité artérielle. A mesure que le caillot est plus ancien, il acquiert plus de consistance et de fixité par la résorption de sa partie liquide et par l'exsudation de lymphe plastique dont la surface des parties avec lesquelles il est en contact devient le siège. Ce travail s'opère sur le caillot interne aussi bien que sur le caillot externe et donne lieu à la formation d'une tumeur mal circonscrite d'abord, devenant ensuite plus dure et plus solide à mesure qu'elle diminue de volume, se limite et obture complètement et définitivement le vaisseau. L'absorption s'exerce alors sur tous les produits nouveaux et sur le vaisseau lui-même dans l'étendue de son oblitération : les deux bouts oblitérés du vaisseau communiquent l'un avec l'autre par les vaisseaux de la gaîne celluleuse, tout en restant toujours plus ou moins effilés.

Il importe de savoir distinguer à quelle sorte d'hémorrhagie on a affaire. Les caractères que nous avons assignés à chacune d'elles ne sont pas telles ment tranchés qu'ils ne laissent quelquefois place au doute, lorsque les plaies sont profondes, anfractueuses, ou lorsque les hémorrhagies, au lieu de se faire à l'extérieur, se produisent dans les cavités.

On peut établir, en général, que le sang provenant d'une artère s'échappe avec plus de force et en quantité plus considérable que celui qui provient d'une veine. Le sang artériel est plus rouge que le sang veineux; ce dernier quelquefois, en raison de la rapidité de la circulation, parcourt les capillaires avec une vitesse si grande, qu'il revient par les veines sans avoir complètement dépouillé sa vive coloration artérielle. Le jet saccadé du

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sang artériel peut être simulé par le voisinage d'une artère communiquant à la veine blessée les battements dont elle est animée ; enfin une constriction exercée sur les parties entre le cœur et la plaie, faisant obstacle à la circulation veineuse, peut rendre l'écoulement du sang veineux plus abondant.

Lorsque les hémorrhagies, au lieu d'être extérieures, se font dans l'épaisseur des tissus ou dans des cavités, elles donnent lieu, d'un côté, à l'infiltration, de l'autre, à des épanchements de sang.

La diffusion abondante du sang dans les tissus s'observe quelquefois à la suite de plaies des veines, mais elle est infiniment plus commune dans les lésions artérielles : elle se révèle par l'augmentation rapide de volume des parties qui en sont le siège, par un sentiment de tension et de pesanteur assez incommode, par la coloration marbrée et noirâtre de la peau qui les recouvre ; par des battements expansifs plus ou moins profonds, isochrones aux battements du pouls et se montrant au voisinage de la plaie, les parties plus éloignées étant trop tendues pour les laisser percevoir. Tantôt l'hémorrhagie reparaît en nappe ou en bavant, tantôt elle est définitivement suspendue, et l'extravasation du sang constitue un anévrysme traumatique diffus.

Si l'épanchement du sang se fait dans quelque cavité, l'apparition plus ou moins rapide des signes des hémorrhagies internes, et les sensations des malades eux-mêmes mettent sur la voie du diagnostic.

Hémostase chirurgicale. — Le chirurgien appelé à donner ses soins à un blessé atteint d'hémorrhagie, doit appliquer tout d'abord ses doigts dans la plaie, afin d'arrêter immédiatement l'écoulement du sang; il cherche ensuite à reconnaître la source de l'hémorrhagie. Après avoir mis largement les parties à découvert, et les avoir débarrassées de tout vêtement pouvant apporter quelque obstacle au cours du sang, il exerce sur l'artère principale de la région blessée une compression entre le cœur et la plaie : s'il s'agit d'une lésion artérielle, l'écoulement du sang est suspendu ou modéré; dans le cas d'une lésion veineuse, l'écoulement du sang est au contraire augmenté. Mais le diagnostic de la source de l'hémorrhagie, pour être complet, et pour mettre à l'abri d'une erreur préjudiciable dans le choix des moyens curatifs, ne doit pas se borner à distinguer la lésion veineuse de la lésion artérielle; il doit encore indiquer d'une manière précise le vaisseau même qui a été lésé. Dans certaines régions abondamment pourvues de vaisseaux artériels dirigés dans des sens différents, et groupés dans un petit espace, comme le cou, l'aine, il est quelquefois difficile, pour ne pas dire impossible, de diagnostiquer celui des vaisseaux qui a été intéressé. La compression, portée successivement sur les points indiqués par les connaissances anatomiques les plus exactes, peut cependant, dans la grande majorité des cas, mettre sur la voie d'un diagnostic rigoureux.

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