‹ Traité de chirurgie d'arméeChapitre 58 sur 174 · TRAITEMENT · texte numérisé non relu

TRAITEMENT

d'esquilles ou de corps étrangers, toute opération doit être rejetée. La trépanation des lames des vertèbres, essayée par H. Cline, par Tyrrell, Rhéa- Barton et Laugier, dans l'intention d'extraire des esquilles ou du sang épanché, est une opération trop laborieuse et n'a pas eu des résultats assez satisfaisants pour être admise dans la pratique.

Le malade, une fois couché et réchauffé, doit garder la plus grande immobilité, et ne changer de position qu'avec l'aide du chirurgien, dont les manoeuvres doivent être aussi adroites que prudentes.

Après ces premiers soins, on se trouve généralement bien de procéder au traitement par quelques évacuations sanguines générales pour modérer l'inflammation locale dans son apparition : celle-ci une fois déclarée, est ' combattue par l'application réitérée de sangsues ou de ventouses scarifiées autour de la blessure. Quand une vive réaction se manifeste, on revient aux saignées du bras employées en plus ou moins grand nombre et aidées d'une diète sévère en même temps que de l'administration de boissons délayantes.

On sollicite de temps à autre les évacuations alvines, au moyen de lavements purgatifs; ou vide la vessie plusieurs fois dans les vingt-quatre heures, sans y laisser de sonde à demeure, pour éviter que cet instrument ne se recouvre d'incrustations et ne détermine de l'irritation.

La plus grande propreté est entretenue autour du malade : les lits mécaniques ou la gouttière de Bonnet (de Lyon) rendent, à ce point de vue, des services signalés.

Lorsque les accidents inflammatoires sont dissipés et que la paralysie persiste, on a recours aux rubéfiants et. aux frictions excitantes sur le rachis, à l'application répétée de vésicatoires, d'emplâtres stibiés, de cautères et de moxas. Enfin, à une période encore plus éloignée de l'accident, lorsque tous les symptômes inflammatoires ont disparu depuis assez longtemps pour que leur réveil ne soit plus à craindre, l'application de l'électricité, l'usage des eaux thermales, notamment de celles deBourbonne-les- Bains, peuvent offrir quelque utilité. Il est, du reste, impossible de poser des règles invariables de thérapeutique pour des lésions qui, tout eii présentant entre elles une grande analogie, sont, néanmoins, susceptibles de modifications très-diverses.

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