BLESSURES DU RACHIS ET DELA MOELLE ÉPINIÈRE
Traitement. — La première indication à remplir dans tous les cas de lésions traumatiques du rachis et de la moelle épinière, est de placer le sujet sur le côté, dans la position horizontale, et d'examiner la colonne vertébrale. Quand on a affaire à une simple commotion du rachis, on doit chercher à prévenir la congestion inflammatoire de la moelle, en pratiquant une large saignée et en appliquant sur le trajet de la colonne vertébrale un assez grand nombre de sangsues ou de ventouses scarifiées. On cherche par quelques frictions sèches ou alcooliques à réveiller la sensibilité des téguments; par un lavement purgatif, à provoquer l'évacuation des intestins. Ces moyens sont continués jusqu'à ce que les accidents s'amendent : si la sensibilité et la myotilité restent encore imparfaites après quelques jours, on a recours à des frictions de pommade stibiée ou à l'application de vésicatoires volants sur les divers points de la région vertébrale qu'indiquent la nature et la persistance des symptômes.
Lorsqu'il n'existe pas de plaie et que l'on n'a à constater qu'une déformation consécutive à une luxation ou à une fracture, sans symptômes indiquant un danger de mort immédiate pour le blessé ou sans une paralysie grave, le sujet est enveloppé d'un bandage de corps convenablement serré, couché avec précaution sur un lit uni et résistant, ou déposé dans une gouttière semblable à la gouttière de Bonnet (de Lyon), pour le redressement des coxalgies.
Si l'exploration fait reconnaître la luxation d'une vertèbre cervicale, accompagnée de symptômes graves ou de symptômes paraissant rendre la mort inévitable, il faut tenter de rétablir les os dans leurs rapports normaux. Pratiquée avec succès pour quelques luxations de la colonne cervicale, ia réduction nous paraît impraticable pour les luxations dorsales et lombaires. Si l'on reconnaît une fracture, il faut aussi tenter d'en obtenir la réduction, quelle que soit la partie de la vertèbre fracturée. Enfin, si les tentatives de réduction restent infructueuses, on cherche, en inclinant le rachis de diverses manières, la situation dans laquelle les symptômes sont le moins marqués, et l'on y maintient le malade.
En cas de plaie, comme après les coups de feu, on pratique les incisions nécessaires pour extraire les corps étrangers ou les fragments d'os susceptibles d'être reconnus et saisis, et, après avoir appliqué un pansement convenable, on couche le malade horizontalement sur le dos, comme déjà nous l'avons indiqué. L'extraction des projectiles et des esquilles dans les blessures du rachis et de la moelle, n'est point une opération facile et sans danger : aussi avons-nous posé cette condition que les corps étrangers et les fragments d'os soient susceptibles d'être reconnus et saisis. Lorsque des symptômes généraux seuls peuvent faire croire à la présence